Anjou, un arrondissement méconnu

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
«Nous avons ici un beau
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «Nous avons ici un beau "melting pot" social et nous voulons que tous s’intègrent bien», explique le maire Miranda.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Surtout connu pour son fameux centre commercial, l’arrondissement d’Anjou est un coin de l’île qui gagne à être exploré davantage. Le maire, Luis Miranda, en dévoile les trésors cachés et discute des projets en cours pour améliorer la qualité de vie des Angevins.

Quand on évoque Anjou, on pense automatiquement aux Galeries du même nom, ainsi qu’à l’immense intersection des autoroutes 40 et 25, qui scinde le territoire en quatre. Cela dit, quand on y regarde de plus près, on découvre un arrondissement dont la vitalité n’est pas qu’industrielle et commerciale. « Nous investissons beaucoup pour améliorer la qualité de vie de nos citoyens, que ce soit dans les parcs, les loisirs et les infrastructures, déclare le maire Luis Miranda. Nos citoyens sont très attachés à Anjou. » Si bien qu’ils seraient peu nombreux à le quitter. « Nous sommes l’arrondissement avec la plus forte concentration de personnes âgées et le plus faible taux de déménagement, affirme-t-il. Quand les maisons de nos aînés sont mises en vente, c’est parce qu’ils vont vivre en résidence ou parce qu’ils sont décédés. » Ce qui laisse dire au maire qu’essayer Anjou, c’est l’adopter… pour la vie !

Luis Miranda prêche par l’exemple : il s’est établi dans l’arrondissement il y a 40 ans alors qu’il était jeune marié. Élu à la mairie en 1997, il dit avoir toujours travaillé à répondre aux besoins des Angevins de tous les âges et de toutes les communautés culturelles. « Nous avons ici un beau melting pot social et nous voulons que tous s’intègrent bien », explique-t-il.

Ainsi, l’arrondissement injecte de l’argent autant dans les structures de jeux pour enfants que dans les équipements de loisirs pour les adultes. Il fait de la place aux installations de pétanque, mais aussi aux terrains de soccer synthétiques. Il investit une partie de son budget tant pour payer des gardiens de parc à temps plein que pour réduire les tarifs du camp de jour municipal. « On fait des choses pour la masse et non pour l’élite », signale le maire.

Néanmoins, Luis Miranda se fait réaliste. Tout n’est pas rose à Anjou. La canopée est la plus faible de l’île — l’arrondissement fait d’ailleurs des efforts pour combattre l’agrile du frêne et planter plus d’arbres. Les taxes municipales ont grimpé en flèche. « Mes propres enfants ne peuvent acheter dans le coin. Ils ont déménagé à Pointe-aux-Trembles », confie le maire. Et le prolongement de la ligne bleue se fait toujours attendre, le projet du train électrique de la Caisse de dépôt et placement l’ayant coiffé sur le poteau. « Ce sera un peu trop retardé à mon goût : on parle maintenant d’une ouverture de métro dans 7 à 10 ans », laisse tomber M. Miranda avec une pointe d’amertume.

Anjou en six temps

Questionné sur ses lieux préférés, Luis Miranda cite des endroits qui ont fait la réputation de son arrondissement et d’autres moins connus, mais non moins populaires.

Le quadrilatère des Galeries d’Anjou

Impossible de parler d’Anjou sans mentionner son centre commercial et tous les commerces qui ont poussé comme des champignons tout autour. « Pas loin de huit millions de personnes fréquentent ce quadrilatère chaque année », affirme le maire. À elles seules, les Galeries d’Anjou comptent 175 boutiques, restaurants et services, dont de grandes bannières comme Sears, La Baie et Simons.

Les Halles d’Anjou

Situées en face des Galeries d’Anjou, les tout aussi courues Halles d’Anjou ont de quoi satisfaire tous les épicuriens. Plus de 40 marchands spécialisés en alimentation s’y trouvent. D’avril à octobre, les maraîchers s’installent à l’extérieur. Luis Miranda se dit plus amateur de restaurants que fin cuisinier, mais lorsqu’il concocte un plat maison, il achète sa viande, son poisson et ses fruits aux Halles.

Le parc Lucie-Bruneau

« C’est notre parc le plus grand et le plus complet », estime M. Miranda. D’une superficie de plus de 81 000 mètres carrés, le parc Lucie-Bruneau comprend entre autres un jardin communautaire, des terrains de baseball, de tennis, de volleyball et de basketball, une pataugeoire et une piscine avec accès pour personnes à mobilité réduite. « Nous y avons installé l’un des trois terrains de soccer synthétiques de l’arrondissement. Nous en permettons l’accès libre selon des plages horaires déterminées », indique-t-il.

Le centre communautaire d’Anjou

Aux dires du maire, le nouveau centre communautaire d’Anjou est l’une des réalisations récentes dont il est le plus fier. « Il y a près de trois ans, nous avons dû déplacer les activités du centre, qui était auparavant situé dans une école appartenant à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, raconte-t-il. Nous avons acheté et rénové une bâtisse sur le boulevard Métropolitain Est. L’endroit étant plus visible, les organismes communautaires qui y logent n’ont jamais été aussi populaires ! »

Anjou-sur-le-Lac

Voilà le tout dernier développement immobilier de l’arrondissement. « Et c’est vraiment le dernier, car il n’y a plus un secteur libre à Anjou. On n’a plus de place », précise le maire. Quartier coquet et paisible, Anjou-sur-le-Lac se distingue par sa mixité résidentielle — les maisons d’une valeur d’un million de dollars côtoient les condos et même une résidence pour personnes âgées — et son aménagement paysager, qui propose un lac artificiel, un bassin de rétention des eaux de ruissellement, des passerelles, des promenades et des espaces verts.

La place Chaumont

Berceau d’Anjou, la place Chaumont a été négligée au cours des dernières années. L’arrondissement souhaite revitaliser la petite artère et y développer des commerces de proximité. Déjà, des changements ont été apportés l’année dernière avec une piétonnisation partielle de la rue. « Il y a une vie à ramener là, croit Luis Miranda. Notre rêve serait de pouvoir créer un lien entre la place Chaumont et les résidants du Faubourg Contrecoeur, qui sont non loin. »