La vie de famille à Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce

Martine Letarte Collaboration spéciale
Le maire de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Russell Copeman
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Le maire de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Russell Copeman

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le maire de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Russell Copeman, a habité toute sa vie dans son arrondissement. Il l’a pratiquement tatoué sur le coeur. Il nous raconte pourquoi.

Né à l’hôpital Catherine-Booth, avenue Montclair, Russell Copeman n’a jamais été domicilié ailleurs que dans l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Même lorsqu’il a été élu député libéral à l’Assemblée nationale, il avait un pied-à-terre à Québec, mais il retournait à Notre-Dame-de-Grâce (NDG) chaque fin de semaine, dans sa résidence principale, auprès de sa famille.

« Je ne suis pas dogmatique et je suis content d’avoir bien connu Québec, mais je n’ai jamais vraiment eu envie de m’installer ailleurs », raconte le maire, qui a grandi dans NDG.

La famille Copeman se serait établie dans le secteur vers 1924-1925, alors que son père, Gerald, avait quatre ou cinq ans.

« Aujourd’hui, NDG est un peu la banlieue en ville, précise Russell Copeman. Il y a une densité de population, mais moins que sur le Plateau-Mont-Royal par exemple. Ce n’est pas un quartier central, mais on retrouve des maisons qui datent d’un certain temps. Ma maison actuelle a plus de 100 ans et j’aime ses planchers de bois franc, ses moulures en chêne, ses hauts plafonds. J’aime ce cachet. »

Communauté et verdure

Enfant, Russell Copeman a toujours marché pour se rendre à l’école. « Le cadre bâti le permettait, avec les écoles à proximité, puis le sentiment de vivre en communauté est très bien développé ici, raconte-t-il. On sent l’entraide. Il y a beaucoup d’organismes communautaires. C’est un élément important pour moi, qui m’a convaincu de rester dans le secteur. »

Il s’est lui-même impliqué dans la vie de quartier, notamment comme membre du conseil d’administration du Conseil communautaire de Notre-Dame-de-Grâce, dans les activités des comités de parents à l’école et dans les corvées de la garderie communautaire avant l’arrivée des CPE.

Arbres matures, maisons avec cours avant et arrière, parcs : le maire apprécie également la verdure de son quartier.

Un incontournable à ses yeux : le parc Notre-Dame-de-Grâce, où il allait jouer, enfant, avec son père.

« Le parc a sa patinoire extérieure et, depuis l’an dernier, ses pistes de ski de fond balisées, signale-t-il. Puis l’été, il y a le terrain de baseball. »

Le maire admet avoir peu de temps maintenant pour pratiquer des sports, mais lorsqu’il était jeune papa, il ne comptait pas les heures passées au parc Loyola, où ses enfants jouaient au soccer.

« C’est un grand parc à l’extrémité ouest de NDG, où il y a aussi un terrain de baseball, des jeux, une pataugeoire. »

Florissante avenue Monkland

Le maire de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce adore se balader et faire ses courses sur l’avenue Monkland.

« Elle est devenue une rue commerciale florissante, remarque- t-il. Tout de même, elle est restée à échelle humaine. Lorsque j’étais enfant, il y avait seulement quelques commerces dans la rue, dont le Dominion Store (acheté par Métro), la pâtisserie Nancy, toujours présente, et la vraie quincaillerie traditionnelle qui n’a pas été transformée en grande surface. C’est rare, de nos jours ! Les commerces se sont beaucoup diversifiés. Il y a plusieurs cafés maintenant et des magasins variés, comme Dix mille villages. »

Au fil des ans, Russell Copeman a vu NDG évoluer. Également en ce qui a trait à la présence de francophones.

« J’ai été élevé dans la rue Harvard, près de la rue Terrebonne, au coeur du Monkland Village. Sur mon tronçon de rue, il y avait seulement six familles francophones. C’était très homogènement anglophone. Il y a toujours eu un noyau important de familles francophones autour de l’église Notre-Dame-de-Grâce, mais il y a eu une grande progression des francophones vers l’ouest. C’est presque 50-50 de francophones et d’anglophones maintenant dans NDG. Ils vivent ensemble depuis des décennies, sans tensions. »

Les trésors de Côte-des-Neiges

Dans Côte-des-Neiges, on est complètement ailleurs, avec un environnement très multiculturel que Russell Copeman a découvert plus récemment.

« Peu de temps après ma naissance, ma famille a habité dans Côte-des-Neiges, mais je n’en ai plus aucun souvenir », précise-t-il.

Le maire prend plaisir à faire toutes sortes de trouvailles sur le chemin de la Côte-des-Neiges, de même que dans la rue Victoria.

« Lorsqu’on marche dans le quartier Snowdon, on voit tous ces commerces, des restaurants vietnamiens, chinois, caribéens, indiens : il y a une belle diversité, à l’image de Montréal. C’est très frappant. »

Il a aussi découvert sur le tard les joies de visiter l’oratoire Saint-Joseph.

« Souvent, on ne visite pas énormément les grands lieux touristiques près de l’endroit où on habite, et ce fut mon cas longtemps pour l’oratoire Saint-Joseph, admet le maire. Ce lieu reçoit la visite de deux millions de touristes chaque année ! Depuis que je suis élu, mon bureau a une vue sur l’oratoire et j’ai commencé à le visiter très souvent. Chaque fois, je découvre de nouveaux aspects fascinants. Je peux passer des heures à l’oratoire, même si je ne suis pas chrétien ! C’est un symbole intéressant, un havre de paix. »

Alors que ses enfants commencent à quitter le domicile familial, Russell Copeman envisage de vendre sa maison de quatre chambres à coucher pour un plus petit logis, probablement un condo.

« Quitterons-nous l’arrondissement pour migrer vers le Plateau-Mont-Royal ? C’est possible ! Je ne veux pas nécessairement mourir dans mon arrondissement ! Mais, précise-t-il en riant, il y a des condos aussi dans Côte-des-Neiges ! »