L’industrie de la construction remodèle sa charpente

Nathalie Deraspe Collaboration spéciale
Photo: Knightsbridge

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Depuis plus de trente ans, les prix Domus soulignent le travail d’entrepreneurs des secteurs de la construction et de la rénovation au Québec. Trois décennies qui ont vu le visage de l’industrie se transformer considérablement. Portrait de deux jeunes finalistes, joueurs ambitieux outillés pour devenir des références dans le domaine.

Chroniqueur habitation à MAtv, Éric Sansoucy,39 ans, est cofondateur du Groupe SP Réno Urbaine. Le jeune homme s’est lancé en affaires avec deux de ses amis de longue date, dont un autodidacte qui a débuté à ses côtés en tant que peintre-étudiant.

Diplômé en marketing, ce bébé des Olympiques est catégorique : « Je n’accepte pas que quelqu’un qui a des rénovations de 100 000 $ à faire n’arrive pas à dormir à cause du stress que ça lui cause. » Son but ? Devenir le Costco de la rénovation et mieux encore. « Notre PME a déjà beaucoup de leadership, mais j’aimerais qu’on soit une bannière majeure dans le domaine de la construction », indique Éric Sansoucy. L’avenir est prometteur. Fondée en 2002, son entreprise est abonnée aux prix Domus. Elle en a raflé cinq en huit ans. Du déplacement de murs porteurs à la rénovation de salle de bain, aucun projet n’est pris à la légère.

Faire les choses autrement

Plusieurs facteurs expliquent ce succès. « Notre grand secret, c’est la façon de gérer les projets, soutient l’entrepreneur. Tout est mis sur la table. » Pour resserrer certains prix, le Groupe SP Réno Urbaine s’est adjoint les services d’un gestionnaire en amélioration continue et d’un chargé de projets en technologie. Cela a permis de maintenir les marges de profit, d’augmenter les salaires des employés, et ce, sans jamais hausser le prix des services offerts. « Chaque dollar est destiné à un retour sur investissement », précise M. Sansoucy.

La présence d’une designer chargée de la conception et de la réalisation des projets enrichit d’autant le groupe. « Cela évite les tiraillements entre architecte et entrepreneur et les chicanes de coûts », illustre l’homme d’affaires. Qui plus est, Lissa Lambert connaît la plomberie et l’ébénisterie comme le fond de sa poche. « Les jeunes sont vraiment bons. Ils ont une bonne éducation et sont à l’aise avec la technologie. Ça nous pousse dans le dos. »

L’élite aux commandes

Parlant de jeunes, l’équipe de KnightsBridge compte 17 employés âgés de 24 à 35 ans. Des athlètes du cerveau. Finaliste entre autres dans les catégories Constructeur de l’année et Développement durable, l’entreprise offre une gamme de services allant de la conception à la construction d’unités résidentielles, en passant par le courtage et l’immobilier.

Fondée en 2012, KnightsBridge peut déjà s’enorgueillir d’une excellente réputation au sein de l’industrie. La petite équipe a été couronnée à deux reprises pour offrir le meilleur rapport qualité/prix pour ses condos. « L’industrie a peu ou pas évolué, soutient l’associé principal Charles-Antoine Gosselin. Il y avait matière à amélioration. Le public l’ignore, mais la construction est une des industries les plus polluantes au monde. Nous avions un réel désir de bien faire les choses. »

La philosophie de KnightsBridge repose sur le développement durable, la transparence, l’innovation et la performance. De la musique aux oreilles des consommateurs à la page. L’entreprise vise à se démarquer en devenant le promoteur immobilier le plus réputé du Grand Montréal. « On essaie de maintenir nos prix, mais on veut en donner beaucoup plus à l’acheteur », soutient Charles-Antoine Gosselin. Des exemples ? Habituée à offrir des condos LEED Platine, KnightsBridge veut devenir encore plus verte en adhérant à la nouvelle norme LEED v4. Pour l’acheteur, cela signifie le summum au niveau de la qualité de l’air, de l’acoustique et de la durabilité des matériaux. S’ajoute à cela une réduction de frais de chauffage et de condos (l’entretien requis est minimum). À voir son carnet de commandes, ils sont nombreux à vouloir investir pour une meilleure qualité de vie et une tranquillité d’esprit.

Le partage à la clé

Qu’ils soient rénovateurs ou constructeurs, ces nouveaux joueurs de l’industrie ont une qualité commune : l’écoute des besoins du client et l’intérêt pour les choses bien faites. Et malgré leur petite taille, ces deux entreprises reversent une partie de leurs profits à des organismes qui leur tiennent à coeur. Une approche tout sauf marteau !