Outremont, havre de paix

Marie Lambert-Chan Collaboration spéciale
La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, craque tout particulièrement pour ses espaces verts, entre autres le parc Outremont à l’angle des rues Saint-Viateur et Outremont.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars, craque tout particulièrement pour ses espaces verts, entre autres le parc Outremont à l’angle des rues Saint-Viateur et Outremont.

Ce texte fait partie du cahier spécial Habitation

Avec ses rues paisibles bordées d’arbres centenaires et ses parcs romantiques, l’arrondissement d’Outremont est le lieu idéal pour élever des enfants, selon la mairesse Marie Cinq-Mars.

« Jai mis les pieds à Outremont pour la première fois à l’âge de 15 ans. Ce fut un coup de foudre immédiat ! » se remémore Marie Cinq-Mars, mairesse de l’arrondissement depuis 2007. Si bien qu’elle n’en est jamais repartie — à l’exception d’un bref exil à la campagne, une parenthèse de quelques années.

Déployé sur le versant est du mont Royal, Outremont est réputé pour ses avenues bordées d’arbres centenaires, ses demeures bourgeoises au cachet patrimonial, ses artères commerciales aux boutiques huppées, ses parcs romantiques et sa concentration exceptionnelle d’établissements scolaires (une dizaine du primaire au postsecondaire). Avec ses 3,84 km2, il est le plus petit des arrondissements montréalais. Ses habitants forment une communauté tricotée serrée, aidés en cela par une armée de quelque 500 bénévoles qui travaillent chaque jour à enrichir la vie de quartier.

Tout cela fait dire à Marie Cinq-Mars qu’Outremont est « un véritable village en ville, un petit havre de paix parfait pour les jeunes familles ». Elle-même y a élevé ses trois enfants et y accueille aujourd’hui ses quatre petits-enfants. « Il règne un sentiment de sécurité ici et nous travaillons très fort à le maintenir. Il en va de même pour la propreté de nos rues et de nos parcs », déclare-t-elle. Ces efforts semblent plaire aux familles qui, en effet, choisissent en grand nombre de s’établir à Outremont. La preuve : environ un résident sur cinq est âgé de 0 à 14 ans !

De la verdure et des livres

Marie Cinq-Mars aime évidemment tout de son arrondissement, mais elle craque tout particulièrement pour ses espaces verts, entre autres le parc Outremont à l’angle des rues Saint-Viateur et Outremont. Bucolique à souhait, le parc se distingue par son étang où, en son centre, se dressent une sculpture et un jet d’eau copiés d’une pièce du parterre d’eau du château de Versailles. L’hiver venu, l’étang se transforme en patinoire pour le plus grand bonheur des petits et des grands. « J’aime beaucoup me promener de parc en parc », dit Mme Cinq-Mars, qui mentionne également les parcs Saint-Viateur et Beaubien. C’est sans compter l’accès direct au mont Royal qui profite aux randonneurs, aux cyclistes et aux skieurs.

La bibliothèque Robert-Bourassa, sise sur l’avenue Saint-Just, fait aussi partie des coups de coeur de Marie Cinq-Mars. Il faut dire que ce lieu est le fruit d’une lutte personnelle de la mairesse. « Au début des années 1980, j’ai démarré une pétition pour obtenir cette nouvelle bibliothèque, raconte-t-elle. C’était ma première implication communautaire. On a dû faire preuve de patience, car la bibliothèque n’a ouvert ses portes qu’en 1998. » Depuis, l’établissement n’a pas pris une ride grâce à son architecture moderne et épurée. Il fait partie du pôle culturel d’Outremont, avec le Théâtre Outremont et la Galerie d’art d’Outremont. Une Maison internationale des arts de la marionnette s’y ajoutera en 2017 — un legs du 375e anniversaire de la Ville de Montréal.

Les artères commerciales

Les résidents d’Outremont ont toutes les chances de croiser leur mairesse dans les avenues Laurier, Bernard et Van Horne, les artères commerciales qui constituent le moteur économique de l’arrondissement. « J’y fréquente les terrasses et j’y ai mes habitudes. L’achat local est très important pour moi », affirme-t-elle.

En ces temps où les commerces montréalais tirent difficilement leur épingle du jeu, l’arrondissement d’Outremont s’active à rendre ses principales artères les plus attractives possible. L’avenue Bernard a été revampée entre 2008 et 2010 au coût de 7 millions de dollars. « On a refait en partie Van Horne et ce sera bientôt au tour de Laurier, où des travaux importants seront entrepris au cours des deux prochaines années, de se refaire une beauté », indique Marie Cinq-Mars. Elle souhaite insuffler à l’avenue connue pour ses boutiques haut de gamme le même esprit que celui de la place Kate-McGarrigle, qui y a été inaugurée en 2013, entre les rues Durocher et Querbes. « C’est un endroit formidable où il se tient régulièrement des activités et des manifestations culturelles », dit la mairesse.

Le campus Outremont

Aussi joli soit l’arrondissement d’Outremont, aux yeux de certains, il demeure un peu figé dans le temps. « Contrairement à ce que les gens peuvent penser, nous sommes résolument tournés vers l’avenir, comme en témoigne le projet du campus Outremont de l’Université de Montréal », rétorque Marie Cinq-Mars. À l’extrémité nord du territoire, l’ancien site de la gare de triage du Canadien Pacifique est le seul bout de terrain de l’arrondissement qui n’est pas construit. Les travaux y débuteront en 2016 pour se terminer en 2019.

« C’est un développement immense qui devrait nous amener 3000 nouveaux résidents », souligne la mairesse. Ainsi, en plus des pavillons universitaires, le projet prévoit l’aménagement de 1300 nouveaux logements, dont 30 % seront des logements sociaux et abordables. Car, faut-il le rappeler, les Outremontais ne sont pas tous propriétaires des maisons cossues érigées dans les hauteurs de l’arrondissement. Près de la moitié sont locataires et environ le tiers ont un faible revenu. « La situation se complique chez les aînés, car il y a peu de résidences pour les personnes à faible revenu, déplore Mme Cinq-Mars. Pourtant, ils aspirent à rester ici. Nous espérons pouvoir leur offrir cette opportunité avec un projet comme celui de la gare de triage. »

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