Un vaste complexe en bois massif dans Griffintown

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Photo: Arbora

Ce texte fait partie du cahier spécial Habitation

Établi dans Griffintown, au coeur du Quartier de l’innovation, l’ensemble immobilier Arbora s’élèvera bientôt au 291, rue de la Montagne. S’étendant sur plus de 597 000 pi2, le projet collaboratif des promoteurs Sotramont et LSR GesDev sera le plus important complexe résidentiel et commercial construit en bois massif CLT au monde !

Comprenant 434 unités, dont 130 appartements locatifs, 274 copropriétés et 30 maisonnettes urbaines, le complexe Arbora s’élèvera sur huit étages et favorisera la mixité sociale. Plusieurs commodités seront aménagées pour les résidents, notamment un gymnase, une cave à vin avec celliers privés, un atelier pour vélos et une zone de jeu pour enfants. Au rez-de-chaussée, on trouvera divers espaces commerciaux, dont la fruiterie Citron que c’est bon et la boulangerie artisanale L’amour du pain.

La verdure et le bois y seront omniprésents : on aménagera notamment sur le terrain du projet une forêt urbaine avec halte artistique ainsi qu’un vaste parc permettant aux résidents de pratiquer des activités extérieures.

« Arbora a été pensé pour la ville, mais inspiré par la nature. On a un taux d’implantation au sol qui est assez faible, il est de 55 % », indique Mme Annie Lemieux, présidente de LSR GesDev.

Le CLT, un matériau plus vert

Unique en son genre, cet immeuble d’inspiration naturelle sera le premier du secteur à être doté d’une structure en panneaux de bois massif lamellés-croisés. Communément appelés CLT, ils résultent d’une technologie qui transforme le bois d’oeuvre en une nouvelle génération de matériaux de construction. Ils sont formés de trois à neuf lamelles, posées alternativement en couches transversales et longitudinales, puis collées entre elles. Conçus il y a un peu plus d’une vingtaine d’années en Autriche et en Allemagne, ils sont encore peu utilisés au Québec, notamment parce que la technologie reste somme toute méconnue.

« Le CLT, c’est innovateur et encore peu d’entreprises ont osé l’essayer. Sotramont et LSR GesDev n’ont pas hésité parce que c’est une solution écologique vraiment intéressante », souligne M. Marc-André Roy, président de Sotramont.

Il est vrai que, sur le plan environnemental, l’emploi des panneaux de bois massif CLT a un impact moindre que celui d’autres matériaux, que ce soit en matière de pollution atmosphérique ou de consommation énergétique. En plus d’emmagasiner du carbone à long terme, ils consomment moins d’énergie lors de leur fabrication et lors de leur utilisation sur les chantiers de construction.

Dans le cas précis d’Arbora, l’utilisation de ce matériau comportera un avantage écologique supplémentaire puisque les panneaux de bois en CLT qui seront employés pour la construction du projet proviendront d’une entreprise de Chibougamau, Nordic Structures, qui se conforme aux normes strictes du Forest Stewardship Council et qui gère de façon durable la forêt boréale avec la nation crie.

Pour les entrepreneurs désireux d’obtenir des points LEED, les produits conçus par Nordic se veulent une option de premier choix. C’est justement le cas de Sotramont et LSR GesDev. Visant la certification LEED Platine, les promoteurs ont su reconnaître qu’un partenariat avec la compagnie chibougamoise leur permettrait plus facilement d’atteindre leur objectif.

Des propriétés intéressantes

Mais les avantages liés à l’utilisation des panneaux de bois massif CLT ne se limitent pas à leur faible impact environnemental. Notamment, ils sont aussi solides que le béton, mais pèsent cinq fois moins lourd que celui-ci. Leur emploi permet donc de diminuer le poids sur les fondations d’un immeuble ainsi que sur le sol où ce dernier est érigé.

Également, leur utilisation augmente la stabilité d’un bâtiment lorsqu’ils sont associés à une ossature légère. Dans les cas de constructions en hauteur, il s’agit d’un apport non négligeable.

En cas d’incendie aussi, le comportement des panneaux en CLT est exemplaire, puisque la résistance mécanique du bois est très peu influencée par la chaleur. « Ça résiste au feu autant que le béton et plus que l’acier », relève M. Roy.

Grâce à l’utilisation de panneaux de bois massif CLT dans la construction des planchers et des murs porteurs d’un projet comme Arbora, il est possible d’augmenter la résistance au feu du bâtiment et de diminuer le risque de propagation d’un incendie au-delà de sa source d’ignition.

Finalement, l’utilisation de panneaux en CLT permet aussi de limiter les pertes de chaleur. « Sa résistance thermique est sept fois supérieure à celle du béton et 500 fois supérieure à celle de l’acier », note le président de Sotramont. L’énergie nécessaire pour chauffer ou climatiser un bâtiment en bois est donc inférieure à la norme.

« Le CLT est pour nous une voie d’avenir, signale M. Roy. On est très fiers d’être des pionniers dans ce domaine-là. »

Ventes et échéanciers

Les copropriétés et les maisonnettes urbaines du projet Arbora sont présentement en vente. Celles-ci ont des superficies variant de 440 à 1700 pi2. Pour s’en procurer une, les intéressés devront compter entre 170 000 $ et 900 000 $, taxes en sus. Si tout se passe comme prévu, les futurs propriétaires pourront commencer à emménager à l’automne 2017.