Homa, dynamique et abordable

Marie-Pier Lambert-Chan Collaboration spéciale
Réal Ménard apprécie la place Simon-Valois pour son animation.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Réal Ménard apprécie la place Simon-Valois pour son animation.

Ce texte fait partie du cahier spécial Habitation

Le maire Réal Ménard nous fait découvrir le quartier de son enfance et dévoile ses endroits coups de coeur.

Réal Ménard est un « p’tit gars d’Hochelaga ». Né et élevé dans le quartier, il ne s’en est jamais éloigné, lui qui a été député fédéral de la circonscription de 1993 à 2009, avant d’être élu maire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. « Le quartier a connu une évolution tout en contraste, notamment au sein de sa population », déclare le politicien, qui en est à son deuxième mandat.

Si le quartier a longtemps été associé à ses racines ouvrières, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Hétérogène, l’arrondissement connaît l’une des plus fortes croissances à Montréal. Aux fidèles qui y demeurent depuis plus de 40 ans s’ajoute une flopée de jeunes gens, âgés de 18 à 25 ans, qui installent leurs pénates entre la rue Moreau et l’avenue Bourbonnière. Les jeunes familles sont également de retour, elles qui craignaient autrefois ce quartier frappé par la pauvreté et la criminalité — une situation qui perdure d’ailleurs dans certains secteurs.

« J’ai toujours pensé que notre arrondissement ne s’était pas gentrifié, mais plutôt embourgeoisé, dit Réal Ménard. La gentrification implique que les habitants sont évincés au profit d’autres individus. Au contraire, on a construit la première génération de condos dans des lieux vacants et des bâtiments industriels recyclés. » À ses yeux, HoMa est l’incarnation même de la mixité sociale. « Les résidants de longue date et les nouveaux venus réussissent à cohabiter ainsi qu’à partager des services », observe le maire, qui espère que ce bon voisinage se poursuivra.

La banlieue en ville

 

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve a beaucoup à offrir à ses résidants : neuf stations de métro, des dizaines de parcs, le marché Maisonneuve, la promenade Ontario où les détaillants et les commerces spécialisés fleurissent, un riche circuit culturel (entre autres, le Musée Dufresne-Nincheri, le Théâtre Denise-Pelletier, le Jardin botanique, le Biodôme, le Planétarium, l’Insectarium, le Stade olympique et son esplanade qui grouille d’activités) et surtout des logements et des propriétés à prix abordable. « Plusieurs sont encore un peu inférieurs au prix du marché », signale Réal Ménard.

Parmi ses coups de coeur, le maire mentionne les Cours Lafontaine, à proximité du métro Radisson, et la place Simon-Valois, une place publique qui croise la rue Ontario. Il décrit le premier comme une « oasis de paix au milieu d’une réalité urbaine assez dense ».« C’est la banlieue en ville, poursuit-il. On y trouve une foule d’espaces verts et les parcs les plus modernes de l’arrondissement. En même temps, on est à proximité de tous les services. J’aime beaucoup m’y promener. » Réal Ménard apprécie la place Simon-Valois pour son animation. « C’est un lieu où on rencontre toutes sortes de personnes et dont l’aménagement est très agréable — quoique son entretien nous pose encore de petits défis. De plus, l’une des plus belles terrasses du quartier, celle du restaurant Le Valois, donne sur la place. »

Il n’y a pas que les commerces et les projets domiciliaires qui ont le vent dans les voiles dans Homa. « Il se passe quelque chose dans nos écoles publiques, souligne M. Ménard. Pendant longtemps, les gens qui gagnaient bien leur vie venaient s’établir dans le quartier, mais ils n’envoyaient pas leurs enfants dans nos écoles publiques. Les choses s’améliorent. Des noyaux de parents se sont mobilisés pour créer des écoles alternatives. Les établissements primaires et secondaires travaillent à rendre leur projet éducatif plus attrayant pour les familles du quartier. »

Grands chantiers en vue

 

Si Homa n’est plus le quartier qu’il était, il reste encore à faire. Les chantiers sont d’ailleurs nombreux. L’arrondissement a déjà investi plus de 10 millions de dollars dans ses parcs et le maire n’a pas l’intention d’arrêter. « C’est le principal facteur de rétention des familles, qui ont droit à des espaces verts et à des parcs bien entretenus », déclare celui qui siège au comité exécutif de la Ville de Montréal à titre de responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts.

L’année 2016 marquera le début de projets importants, comme la création d’un TOD (transit-oriented development) autour de la station de métro L’Assomption. « L’endroit pourra accueillir des centaines de logements, des sentiers, des espaces verts et même une industrie légère », explique Réal Ménard. Il est aussi question de dynamiser la portion de la rue Hochelaga située près de la rue Honoré-Beaugrand. « On va relocaliser notre cour de voirie et aménager de 275 à 325 logements, ainsi qu’une frange commerciale », dit M. Ménard, qui ajoute que le comité exécutif de la Ville a autorisé l’appel d’offres pour ce projet.

Le maire espère également doter Hochelaga — la section allant de Moreau à Bourbonnière — d’un véritable centre communautaire possédant un gymnase et des salles polyvalentes. « Ce projet est très important pour moi, indique-t-il. Il en est à ses premiers balbutiements, mais j’aimerais que, d’ici la fin de mon mandat, nous ayons une idée de l’emplacement du centre et de la forme qu’il prendra. »

Décidément, Homa n’a pas fini d’étonner.

À voir en vidéo