Le Plateau-Mont-Royal, «l’âme et le coeur» de Montréal

Le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, aime bien se retrouver en famille au bistro culturel Espace Lafontaine, situé dans le parc du même nom.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, aime bien se retrouver en famille au bistro culturel Espace Lafontaine, situé dans le parc du même nom.

Le maire du Plateau, Luc Ferrandez, aime tout de son quartier : des petites ruelles avec leurs portes de garage mal entretenues à la très populaire piscine du parc Laurier, en passant par les boulangeries, les restaurants et les boutiques de vélos.

Luc Ferrandez habite le Plateau-Mont-Royal depuis 14 ans. « Je m’y suis établi parce que c’est un quartier de marche, de rencontres, de petites évasions quotidiennes dans les ruelles et les rues commerciales, de découvertes architecturales et patrimoniales, de balcons, de ferronnerie, de vitraux, de portes anciennes… », énumère le maire de ce qui est sans doute le plus célèbre arrondissement de Montréal.

C’est souvent aussi le plus critiqué des quartiers montréalais. Ses détracteurs le perçoivent comme une enclave de bourgeois bohèmes à vélo qui ne se nourrissent que de bio. Au contraire, répond Luc Ferrandez, le Plateau est « l’âme et le coeur de Montréal ». « Un centre-ville ne peut être l’âme d’une ville, pas plus qu’un quartier historique et touristique comme le Vieux-Montréal, car ce ne sont pas des endroits où on voit vivre les Montréalais, estime celui qui porte aussi les chapeaux de chef intérimaire de Projet Montréal et de chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville. Cette vie se trouve plutôt dans les quartiers centraux, comme Rosemont–La Petite-Patrie, Parc-Extension, Villeray, Verdun, Hochelaga-Maisonneuve et évidemment le Plateau, qui est le quartier le plus dense, le plus ancien, le plus vivant de l’île. »

Selon M. Ferrandez, le Plateau « n’a jamais exercé autant d’attraction qu’en ce moment ». « Il y a quelques années, on disait que le Plateau était passé de mode, se rappelle-t-il. Les gens se demandaient même où serait le prochain Plateau. En fait, le prochain Plateau s’est révélé être le Plateau lui-même, car on a su se réinventer. » Les initiatives de verdissement de même que les mesures d’apaisement de la circulation — qui ont tant fait grincer des dents — ont contribué au retour des familles dans le quartier. « Nos écoles primaires débordent », constate le maire.

Du pain et des vélos

Le maire Ferrandez apprécie les commerces à l’ambiance chaleureuse du Plateau, comme la boulangerie Les Co’Pains d’abord (1965, avenue Mont-Royal Est). « C’est un endroit d’un autre temps : c’est tout petit et, en arrière-fond, on entend toujours des classiques de la chanson française, décrit-il. La qualité des pains ne s’est jamais démentie au fil des années. »

Même chose pour le bistro culturel Espace Lafontaine (3933, avenue du Parc-Lafontaine). « C’est un endroit où les enfants peuvent s’amuser et courir, note en riant ce papa d’un garçon de trois ans et demi. Cela m’enchante de les voir galoper dans le restaurant un jour d’hiver, après avoir patiné sur l’étang du parc Lafontaine, leur pantalon de neige attaché autour de la taille et le rouge aux joues. »

Les boutiques de vélos sont un autre coup de coeur du maire, entre autres Le Yéti (5190, boulevard Saint-Laurent), ABC Cycles Sports (5584, avenue du Parc) et Pignons sur roues (1308, avenue Mont-Royal Est). « Ce sont des commerces hypervivants où on croise autant le hipster qui souhaite faire poser une vieille selle Brooks sur son vélo Linus que Monsieur et Madame Tout-le-monde dont la bicyclette a dormi dehors tout l’hiver et dont il faut changer la chaîne », dit Luc Ferrandez. Il indique au passage que ce sont des magasins qui ont une vingtaine d’années au compteur. « Ce sont des témoins du temps qui passe, qui ne se démodent jamais », ajoute-t-il. Tout comme le restaurant grec Ouzeri (4690, rue Saint-Denis), une référence montréalaise depuis près d’un quart de siècle. « C’est un incontournable de bonne qualité », affirme le maire, qui aime particulièrement y commander de la pieuvre grillée.

Espaces verts, espaces de vie

« Je pense qu’il est possible de s’évader en ville, que ce soit dans une ruelle ou un parc », déclare Luc Ferrandez,en donnant en exemple le Champ des possibles. Cet espace naturel protégé est un ancien terrain industriel d’un hectare et demi situé dans le Mile End, aux abords de la voie ferrée du Canadien Pacifique. « On l’a gardé en friche, dit le maire. Les enfants peuvent s’y promener en faisant semblant d’être perdus dans la forêt. Il s’y dégage une impression de non-développement, de reprise en charge de la nature d’un lieu pourtant fortement industrialisé. Je trouve que ça fait rêver… »

Les parcs de Lorimier et Baldwin sont aussi des espaces que le maire affectionne beaucoup. Le premier « parce qu’il est plus intime et plus familial que les autres parcs » et le second « parce qu’on l’a embelli et qu’il s’y dégage une ambiance de vacances quand des familles s’y réunissent pour pique-niquer soir après soir ».

Comme beaucoup de résidants du Plateau, Luc Ferrandez fréquente la très populaire piscine du parc Laurier, mais aussi les jeux d’eau du parc Saint-Michel. « C’est un lieu de rencontres autant pour les enfants que les parents, observe-t-il. Ils vont s’amuser dans les jeux, puis vont pique-niquer dans le parc Lahaie, qu’on a refait récemment. Il s’est ainsi créé une espèce d’écosystème de parcs ! »

Pour Luc Ferrandez, le lieu d’évasion idéal reste toutefois le réseau des ruelles de son quartier, densément peuplées et forcément pleines de vie. « L’avant d’une maison incarne l’urbanité, la mondanité, tandis que l’arrière est plutôt le témoin du quotidien des gens, remarque-t-il. C’est là qu’on trouve les bicyclettes, les plants de tomates et les poubelles ; les fêtes autour du barbecue et les parties de hockey improvisées ; les portes de garage mal entretenues, les cordes à linge, les bouts de vignes et les chats de gouttière. C’est ce qui fait le charme des ruelles. »

Il n’y a pas à dire : Luc Ferrandez a le Plateau dans la peau !

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