Minimalisme et luminosité

Arij Riahi Collaboration spéciale
Le 205: Prix cuisine et salle de bain
Photo: Stéphane Groleau Le 205: Prix cuisine et salle de bain

Ce texte fait partie du cahier spécial Habitation

Plus de 400 soumissions, une cinquantaine de prix dans une dizaine de catégories et huit jurés pour trancher. La huitième édition des Grands Prix du design s’est tenue sous le signe de la créativité et de l’ambition, le 28 janvier, au Théâtre Maisonneuve de la Place des arts.

Le concours annuel récompense les projets des designers et architectes québécois dans différents domaines, allant du développement durable et de la valorisation du bois au design de produits en petite série, en passant par les hôtels et les espaces récréatifs. Autant les secteurs résidentiel, commercial, institutionnel et de bureau sont représentés.

« En deux heures et demie de gala, les participants et leurs clients ont pu voir ce qui s’est fait de mieux au Québec depuis deux ans au niveau du design et de l’architecture », explique Véronie Quinn Chasle, chargée de projet à l’Agence Pid, une agence de promotion du design qui organise l’événement. Une soirée d’excellence qui serait, de surcroît, représentative de l’industrie. « Les différentes catégories du concours couvrent toutes les sous-sphères du design », ajoute-t-elle.

Sur le plan résidentiel, les prix se déclinent selon la superficie ou la pièce visée. Une maison de 300 mètres carrés dans la rue Holy Cross, dans l’arrondissement du Sud-Ouest à Montréal, s’est distinguée par sa façade en aluminium et son orientation visant à favoriser les entrées de lumière. Son style épuré senti jusqu’à la terrasse en planches de bois d’ipé a valu à l’équipe TBA/Thomas Balaban architecte le Prix espace résidentiel de 1600 à 3200 pieds carrés.

C’est toutefois dans les Laurentides que le Prix terrasse s’est rendu, vers une terrasse érigée à flanc de montagne qui s’incruste dans le paysage du lac Héron. L’Atelier Pierre Thibault, son concepteur, a réussi à faire oublier l’existence de la maison juste en dessous de la terrasse, avec son utilisation du bois et du métal blanc discret.

Du côté du mobilier, l’architecte Jean Verville a été récompensé pour son espace habitable et économique de sept mètres carrés qui se module selon les souhaits de son utilisateur.

Le minimalisme était aussi présent dans le projet de banc du Studio SSSVLL, récipiendaire du Prix mobilier résidentiel. Un objet sans artifice ou accessoire, fabriqué en chêne blanc d’Amérique et aux airs traditionnels. Idem pour la collection de luminaires de Lambert et Fils qui regroupe six appareils d’éclairage d’aspect élégant et sobre.

Le projet 205, une maison unifamiliale sur deux niveaux aménagée dans un ancien atelier de fabrication de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, réalisé par l’Atelier Moderno, a aussi été remarqué par le jury, notamment pour sa cuisine et sa salle de bain, épurées sans être froides. Des considérations écologiques semblent avoir guidé la conception du 205, à en juger par la présence d’un toit vert, d’une isolation au soya giclé et du chauffage par une dalle radiante.

 

Industrie en santé

« Les projets qui nous ont été soumis cette année sont très variés », soutient Véronie Quinn Chasle. « Certains projets sont très gros, comme la modernisation du Casino de Montréal, qui s’est étalée sur dix ans. » Mené par le consortium Menkès Shooner Dagenais LeTourneux et Provencher Roy architectes, ainsi que Moureaux Hauspy + Associés designers et Blazysgerard, le projet a remporté le Prix projet de l’année.

Si les projets soumis aux Grands Prix du design doivent être menés par des firmes ou des designers québécois, ils peuvent néanmoins avoir été réalisés à l’extérieur du Québec. Le design québécois se fait aussi valoir à l'international dans le cadre de partenariats. Dans un nouveau volet des Grands prix, on a d'ailleurs rendu hommage cette année à des lauréats de l'édition 2014 qui ont représenté avec succès le Québec au concours de design Asia Pacific Design Center, en Chine.

L’envergure des projets présentés et les perches tendues outre-mer signalent une industrie du design en santé et vigoureuse, souligne Mme Quinn Chasle. « Il y a beaucoup de talent au Québec. Il a fallu à notre jury deux jours complets de délibérations pour choisir les lauréats. On bat constamment des records dans le nombre de soumissions reçues. Cette année seulement, il y a eu une augmentation de 25 % de la participationL’événement est vraiment devenu un incontournable dans l’industrie du design. »

Les Grands Prix s’inscrivent d’ailleurs dans un mouvement visant à faire de Montréal un centre de design de calibre international. Ce mouvement prend de la vitesse depuis l’été 2006, alors que la métropole avait été désignée comme Ville UNESCO du design.

On peut visualiser les lauréats de cette édition à www.prixdesign.com.

*Ce texte a été modifié après publication.

 

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