B-Loft - Un bâtiment industriel centenaire est reconverti en 55 lofts

Assïa Kettani Collaboration spéciale
Mis à part deux portions d’étage ajoutées et une ouverture pour donner accès à la cour et aux stationnements, le bâtiment d’origine, qui est l’ancienne manufacture de confiture Alphonse Raymond datant de 1913, ne subira aucune modification.
Photo: Source B-Loft Mis à part deux portions d’étage ajoutées et une ouverture pour donner accès à la cour et aux stationnements, le bâtiment d’origine, qui est l’ancienne manufacture de confiture Alphonse Raymond datant de 1913, ne subira aucune modification.

Ce texte fait partie du cahier spécial Habitation novembre 2013

À deux pas du métro Beaudry, 55 lofts seront aménagés dans un bâtiment industriel centenaire ayant été entièrement remis à neuf et 17 condos seront construits dans un nouvel édifice adjacent. Piloté par le groupe Dargis, le projet B-Loft, décliné en deux phases, prévoit des livraisons échelonnées entre l’été 2014 et l’automne 2015.

 

Partie intégrante du paysage urbain depuis un siècle, le bâtiment concerné est l’ancienne manufacture de confiture Alphonse Raymond datant de 1913, agrandie en 1956. Une partie de l’usine avait déjà subi une métamorphose aux mains de la compagnie Carbone 14 en 1995, qui en a fait l’Usine C. Le bâtiment voisin, relié par une passerelle, était jusqu’à récemment le centre de distribution de la Compagnie générale Bearing, spécialiste de courroies et de moteurs, propriétaire des lieux depuis 1974.

 

Conversion et conservation

 

Avec la firme Ruccolo + Faubert Architectes aux commandes, le groupe Dargis entame une longue et délicate conversion de l’imposant bâtiment. Le mot d’ordre : fidélité à l’architecture d’origine, avec un souci de préservation qui s’engouffre jusque dans les détails, affirme fièrement Jean-François Brunet, président de Brunet, Stratt Gogh. Mis à part deux portions d’étage ajoutées et une ouverture pour donner accès à la cour et aux stationnements, le bâtiment d’origine ne subira aucune modification. La brique extérieure sera nettoyée, les ouvertures de fenêtres donnant sur la rue resteront les mêmes et la passerelle entre le bâtiment et l’Usine C sera restaurée.

 

Revendiquant un cachet de « vrai loft », le projet se démarque des « condos à aires ouvertes vendus comme des lofts », poursuit Jean-François Brunet. Au terme d’un travail de conception qui a duré deux ans, l’équipe propose des aménagements atypiques mais épurés, des salles de bain tout en longueur et des dispositions soignées et jamais identiques. « Nous sommes loin des standards habituels, ajoute-t-il. Nous avons travaillé avec les espaces existants. C’est un pari que nous avons relevé. »

 

Côté finition, l’équipe met le paquet pour « respecter l’esprit de l’immeuble ». Les plafonds de 12 pieds, les murs de brique et la patine des ans font qu’on « sent la vie du bâtiment ». À cela s’ajoutent les moulures et les fenêtres arquées ou rondes fabriquées sur mesure pour éviter de se faire remplacer par des modèles standards, les poutres en acier recouvertes de planches de béton en trompe-l’oeil imitation bois, les tablettes de fenêtre en pruche traitées pour paraître vieillies et les matériaux d’origine préservés.

 

Un choix qui comporte parfois des inconvénients, comme l’isolation des murs de brique d’époque. En guise de solution, l’équipe propose un système de chauffage et de ventilation au gaz naturel qui projette l’air chaud (ou froid, selon la saison) sur les murs, s’appuyant sur l’effet rayonnant de la brique pour assurer le confort des résidants.

 

Un hall «muséal»

 

Clins d’oeil à l’héritage patrimonial du lieu, le hall accueillera une vitrine exposant quelques objets d’époque témoignant du passé de l’édifice, comme d’anciennes machines à écrire, timbreuses ou blueprints d’avant 1930. Une ancienne porte d’entrée voûtée trouvera également sa place dans la cave à vin. « C’est important pour nous de récupérer l’histoire du bâtiment et de la réintégrer dans le projet final. »

 

Pour aligner les condos sur le même concept architectural, l’équipe a prévu, dans le nouveau bâtiment, des plafonds de béton apparent d’une hauteur de 9 pieds et demi, des murs de brique et des aires ouvertes similaires, des conduits de ventilation oxydés à l’acide pour obtenir un aspect vieilli et des pièces de l’ancien bâtiment intégrées à titre décoratif.

 

Une particularité : le chauffage, l’eau chaude et la cuisinière sont alimentés au gaz naturel à partir d’un système central. Selon Jean-François Brunet, le choix d’un chauffe-eau commun, plutôt que de chauffe-eau individuels, « représente une économie de consommation de gaz de l’ordre de 40 %, en plus de la location individuelle épargnée ».

 

Jardin privé

 

Pour attirer les futurs résidants, le projet prévoit également un jardin de « 4000 à 5000 pieds carrés », où seront aménagés des îlots barbecue et détente, une cave à vin où les 72 propriétaires auront accès à leur cellier privé, ainsi qu’un espace de dégustation commun, un ascenseur dans chaque bâtiment et des rangements au sous-sol inclus dans le prix. Sur le toit, on trouvera un chalet urbain entièrement vitré avec espace cuisine, deux terrasses communes et un spa de 16 places, ainsi que plusieurs terrasses privées et, pour couronner le tout, une vue panoramique sur les immeubles du centre-ville, la montagne « et même les feux d’artifice ».

 

Du côté de l’aménagement, l’équipe adopte une flexibilité totale. « Les propriétaires peuvent choisir un plancher de bois franc ou d’ingénierie. Et, s’ils veulent du béton poli ou de l’époxy, nous sommes aussi flexibles ! » Même politique du côté des plans, où il est possible de jumeler des condos pour aller chercher des superficies plus grandes.

 

Entre marché et métro

 

Quant au quartier, on est près de l’action tout en restant à l’écart de l’agitation du centre-ville. Dans la petite rue Panet, « entre le Marché Saint-Jacques, la rue Ontario Est, les salles de spectacle et le métro Beaudry, on peut tout faire à pied ».

 

Auprès d’une clientèle de jeunes professionnels et de baby-boomers« sensibles au design, à l’architecture et au patrimoine », l’équipe semble avoir misé juste. « Nous avons une centaine de visites par semaine et des ventes au-dessus des chiffres prévus par les études de marché », se réjouit-il.

 

Dans l’arène depuis 1965, le Groupe Dargis n’en est pas à ses débuts en matière de reconversion d’anciens immeubles patrimoniaux. Citons par exemple Station No 1, une ancienne station d’électrification devenue une coopérative d’habitation, couronnée en 2011 du prix de la mise en valeur du patrimoine de l’OPAM. Le groupe s’est d’ailleurs vu décerner la première certification ÉcoEntrepreneur, une distinction créée par l’APCHQ — région du Montréal métropolitain, pour souligner les réalisations en matière d’environnement et de santé en habitation.

***

B-Loft en bref

Localisation: 1830, rue Panet
Phase 1: 17 condos, livraison en août 2014
Logements d’une, deux ou trois chambres à coucher
De 565 à 1454 pieds carrés, de 207 000 à 542 000 $ (taxes incluses)
Quelques maisons en rangée sur 2 étages, de 612 à 1200 pieds carrés.
Phase 2: 55 lofts, livraison septembre 2015
Une chambre à coucher
De 187 900 à 580 000 $ (taxes incluses), de 406 à 1580 pieds carrés
Caractéristiques:
Espaces de stationnement : 38 000 $
5 appareils électroménagers encastrés


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