Des jardins en ville - On enjolive la cour et le balcon

Valérie R. Carbonneau Collaboration spéciale
La tomate est disponible aujourd’hui en plusieurs milliers de variétés et se cultive très bien tant sur un balcon que dans un parterre.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La tomate est disponible aujourd’hui en plusieurs milliers de variétés et se cultive très bien tant sur un balcon que dans un parterre.

Ce texte fait partie du cahier spécial Habitation juin 2011

Depuis quelques jours, le printemps a déjà sonné à notre porte. Et s'il nous a apporté beaucoup de pluie, cela est sans doute bénéfique pour une végétation luxuriante qui ouvrira, qui sait, le bal à un été lumineux. Après la pluie, le beau temps.

François Tanguay est un cultivateur maraîcher biologique au Jardin du petit tremble, à Saint-Antoine-sur-Richelieu. Heureusement, ses terres n'ont pas été affectées par les inondations des dernières semaines. Et comme sa ferme est située sur les hauts plateaux du Richelieu, on ne craint pas pour sa culture. Côté conseil, pour garnir de jolies plates-bandes ou corbeilles, il propose à la fois un jardin pour l'assiette.

Celui qui vend plusieurs variétés comestibles à Crudescence suggère à quiconque veut rester dans l'élémentaire de planter côte à côte des vivaces, comme des oeillets et des pensées, et des capucines; trois plantes comestibles dont la dernière est une annuelle qui sert aussi de très bon répulsif pour certains insectes. Ajoutons également à cette combinaison la mauve, une très belle plante à fleurs aux propriétés émollientes, pectorales et laxatives, et la camomille, qui, en plus d'être belle, a aussi plusieurs vertus: un bon fongicide, idéal pour les milieux humides, tandis qu'on peut aussi la plonger avec soi dans le bain pour relaxer et se mettre dans un bon état d'esprit.

Et s'il reste encore de la place, pourquoi ne pas se lancer dans la confection d'un potager? Histoire de rester dans le petit et le simple, Marianne Guillemette, qui travaille en éducation à l'environnement, propose deux formules d'aménagement: celle des bacs pour le balcon et celle du petit potager pour le parterre, selon qu'on dispose de l'espace ou non.

Deux formules faciles

Marianne Guillemette recommande d'abord le modèle présenté par l'organisme montréalais Alternatives, soit un système performant de jardinière dans un bac de recyclage. Bien qu'il ait d'abord été imaginé pour des projets de jardins sur les toits, le système de bacs «Prêts-à-pousser» convient parfaitement en formule balcon.

Avec sa réserve d'eau de 1,4 litre, il optimise le potentiel de croissance des plantes en garantissant un approvisionnement régulier en eau et en oxygène. Cette technique à coût abordable (environ 40 $ plus taxes, pour une trousse) permet jusqu'à cinq jours d'autonomie en eau. Elle valorise le compost maison et garantit un sol fertile. De plus, elle se déplace, s'adapte et se reproduit facilement.

En deuxième lieu, si on dispose d'un espace suffisant, Mme Guillemette propose d'aménager un potager de 1,2 m sur 2,4 m entouré de bandes de bois mesurant environ 30 cm de haut.

Voici donc deux scénarios incluant les mêmes variétés.

Version bac de balcon
  • 1er bac: un plant de tomates et deux plants de basilic
  • 2e bac: deux plants de cerises de terre
  • 3e bac: deux plants de radis et deux plants de laitue ou d'épinard et un plant de capucines
  • 4e bac: des tubercules de pommes de terre
Avant de planter quoi que ce soit, on doit savoir si les variétés vont de pair. Par exemple, les tomates et le basilic sont des plantes compagnonnes. C'est donc dire qu'elles font bon ménage, puisque le basilic viendra donner du goût à la tomate, ajoute M. Tremblay. Ce fruit, qu'on avait alors l'habitude de manger en deux versions, soit rose ou rouge, est disponible aujourd'hui en plusieurs milliers de variétés.

«La tomate est un fruit qui se diversifie facilement. En mélangeant les cultivars, on fait beaucoup d'essais pour retrouver des variétés de tous les formats, allant de quelques centimètres à six pouces», mais mieux vaut attendre à la fin de mai avant de les mettre en terre, précise celui qui est également fermier de famille au sein du projet d'agriculture soutenue par la communauté (ASC) d'Équiterre, assidu depuis plus de 12 ans au point de chute du Plateau Mont-Royal. Même chose pour le poivron et l'aubergine, des variétés de légumes qu'il plante traditionnellement vers la fin de mai pour éviter tout risque de gel. Tandis que les haricots et les légumes appartenant à la famille des oignons (ail, échalote, poireau, etc.), eux, ne font pas un mariage heureux.

Quant aux plantes de la famille des brassicacées (radis, laitue, épinard, etc.), elles sont coriaces et poussent très rapidement. On les plante vers la fin de mai et déjà à la fin de juin elles sont prêtes. On peut les semer tout l'été de manière successive, comme on peut décider de semer autre chose après leur cycle. Des plants de capucines, par exemple. Les pommes de terre figurent aussi parmi les légumes les plus faciles à cultiver. Pilées, frites ou rôties, non seulement elles accompagnent bien les viandes sur le barbecue, mais elles sont d'une extrême simplicité et facilité d'entretien.

Version petit potager

Dans le potager, alors qu'on dispose d'un peu plus d'espace que dans les bacs, on peut ajouter, en plus des variétés énumérées plus haut, quel-ques autres légumes. Des concombres et des courges aux extrémités, par exemple. Comme ces plantes grimpantes peuvent déborder jusqu'à trois mètres à l'extérieur du jardin, on peut aussi les monter sur un treillis. Même chose pour les tomates... On peut recourir à des tuteurs pour les faire pousser en hauteur et ainsi maximiser l'espace dans le jardin pour augmenter la variété ou la quantité.

Et pourquoi ne pas ajouter des plantes décoratives? Non seulement elles embellissent le jardin, mais elles sont parfois aussi d'autres excellents répulsifs de petites bêtes non désirées. Le souci, par exemple. Il est facile d'entretien et il fleurit tout le temps. Au même titre que les capucines, ses pétales sont comestibles et agrémentent vraiment bien les salades. Et, pour des 5 à 7 colorés, retirez les pétales des fleurs et congelez-les pour faire des glaçons. On les sert ensuite avec une bonne limonade, pour subsister à la canicule, ou un cocktail, pour mieux digérer la semaine.

Et, une fois les récoltes terminées, c'est le temps de planter l'ail. Vers la mi-octobre, on sème des bulbes qu'on recouvre ensuite d'une couche de 12 pouces de feuilles mortes ou de paille. On la verra poindre au printemps, après quelques mois de gel.

Règle générale, la bonne santé d'un jardin de fleurs ou de plantes se résume à un apport suffisant en eau et en soleil et à une terre de qualité supérieure. La terre noire ou le terreau d'empotage sans produit chimique, par exem-ple, sont assez complets.

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Collaboratrice du Devoir

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