Piscines et jardins - La baignade naturelle, vous connaissez ?

Les piscines écologiques Bioteich, déjà populaires en France, peuvent résister aux hivers québécois.
Photo: Bioteich Les piscines écologiques Bioteich, déjà populaires en France, peuvent résister aux hivers québécois.

Qu'on se rassure, la baignade naturelle ne fait pas référence à une activité réservée aux seuls adeptes du nudisme. C'est plutôt un concept de piscine écologique et naturelle qui fait aujourd'hui son entrée dans le marché québécois.

Malgré la popularité des piscines creusées et hors terre au Québec, la piscine à baignade naturelle est largement méconnue au Québec. Une situation que l'entreprise Piscines Val-Mar, associée à Piscines Trévi, entend bien corriger. En effet, elle vient de signer un partenariat avec la firme française Bioteich afin de lancer sur le marché la technologie brevetée Les Baignades naturelles Bioteich®.

Pourtant, le concept de piscine naturelle ne date pas d'hier. «Nous avons fait notre première réalisation au début des années 1980 en France, raconte Fabrice Cailluyer, porte-parole de Bioteich. L'idée même d'une piscine naturelle avait été développée quelques années plus tôt par des passionnés de jardin et de natation qui avaient l'habitude de se baigner dans le lac Léman. Ils se sont donc inspirés des lacs de montagne pour élaborer le concept de baignade naturelle. Bioteich a ensuite développé sa propre technologie.»

Comment ça marche

Le concept de baignade naturelle développé par Bioteich est totalement écologique. Aucun chlore, ni autre produit chimique, ni aucun filtre mécanique ne servent à purifier l'eau de la piscine. «Toute la filtration de l'eau se fait de façon biologique.»

Une piscine pour baignade naturelle comprend quatre zones. La première est la zone de baignade, soit la piscine à proprement parler. Un système de pompes enterré, donc invisible et insonorisé, fait passer l'eau de baignade vers la deuxième zone, soit la zone de filtration. «Ici, l'eau passe au travers d'une zone de filtration composée de différents minéraux, par exemple de la pierre de lave, à granulométrie variée, et de plantes aquatiques qui se nourrissent des particules organiques contenues dans l'eau. L'eau est donc purifiée naturellement comme celle d'un lac dans la nature.»

Une fois filtrée, l'eau passe par une sorte de cascade, ce qui permet de l'oxygéner, et ensuite rejoint la quatrième zone, soit la zone de régénération. Dans cette zone, l'eau traverse une seconde zone végétale puis se réchauffe au contact de galets chauffés par le soleil, avant de retourner dans le bassin de baignade. Ce cycle se fait en continu et l'eau de la piscine est ainsi entièrement filtrée environ deux fois par 24 heures.

«Ce qu'il faut comprendre, explique Mathieu Hudon, président de Piscines Val-Mar, c'est que la technologie de filtration n'a besoin que des trois premières zones pour fonctionner. La zone de régénération sert de chauffe-eau et permet de créer une zone végétale qui s'harmonise avec le lieu où est installée la piscine. Mais le principe de filtration naturelle ne dépend pas de la zone de régénération. On peut donc s'en passer et quand même profiter d'une eau de baignade purifiée naturellement.» Et Fabrice Cailluyer de rajouter. «C'est vrai, mais notre expérience en France nous démontre que de 80 à 90 % des gens qui font l'acquisition d'une de nos baignades naturelles optent pour la zone de régénération, puisqu'elle permet une transition visuelle harmonieuse entre le milieu végétal et le milieu aquatique.»

Offre québécoise

Les Piscines Val-Mar et Bioteich étaient présents au dernier Salon de l'habitation. Quelle fut la réaction des visiteurs? «Ce qui m'a surpris, raconte Mathieu Hudon, c'est à quel point l'aspect écologique des baignades naturelles intéressait les visiteurs. Plusieurs nous ont dit qu'ils étaient conscients que le chlore devait disparaître des piscines, mais qu'ils pensaient ne pas avoir de solutions de rechange.» Pour sa part Fabrice Cail-luyer y a vu «un vif intérêt de la part des Québécois pour ce produit qui, avouons-le, est peu ou pas connu au Québec».

Mathieu Hudon partage cette opinion. «Il nous reste beaucoup de sensibilisation à faire pour faire entrer dans les habitudes québécoises ce nouveau type de piscine. On se donne deux ou trois ans pour y arriver.» Déjà, Piscines Val-Mar doit livrer cet été un premier projet résidentiel. L'entreprise construira à son nouveau magasin de Blainville une piscine de démonstration.

Combien en coûte-t-il pour se procurer une de ces piscines à baignade naturelle? «Pour une piscine rectangulaire ordinaire de 16 sur 24 pieds, environ 35 000 $, ce qui est à peu près le même prix qu'une piscine creusée. À cela, il faut rajouter environ 5000 $ pour la zone de filtration. La zone de régénération peut représenter une somme supplémentaire de 10 000 $.» Mais ces prix sont sujets à changements, puisqu'une piscine de baignade naturelle peut pren-dre toutes sortes de formes et de grandeurs et que l'aménagement paysager de la zone de régénération peut y être plus ou moins élaboré.

«Au fond, il n'y a pas de maximum ni de minimum, souligne Fabrice Cailluyer. Nous avons déjà installé de tout petits bassins, tout comme des spas qui se servent de cette technologie pour purifier l'eau.» À l'acheteur de choisir le format qui convient à son portefeuille. Mathieu Hudon croit que cette technologie pourra s'adapter afin d'être mise en application pour d'autres types de piscines. «Je pense en particulier à la piscine hors terre, qui pourrait alors profiter de cette filtration écologique. On regarde aussi s'il serait possible d'installer une zone de filtration sur un toit.»

Tout cela est bien beau, mais les baignades naturelles peuvent-elles résister à l'hiver québécois? «C'est la beauté de la chose. On n'a qu'à vider les tuyaux pour éviter un bris causé par le gel, mais on n'a pas à vidanger la piscine. L'hiver, l'eau y gèle comme si vous aviez un étang dans votre cour.»

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Collaborateur du Devoir