Maison productive - Pointe-Saint-Charles abrite la maison LA plus « verte » de Montréal

Dans la Maison productive, tout est pensé en fonction d’une utilisation intelligente des ressources disponibles.
Photo: Maison productive Dans la Maison productive, tout est pensé en fonction d’une utilisation intelligente des ressources disponibles.

Rarement la volonté de construire un projet en accord avec les principes du développement durable n'aura été aussi marquée que dans le cas de la Maison productive, dont la construction s'est terminée en mars 2009 à Pointe-Saint-Charles. Objectif pour le complexe résidentiel de huit appartements: n'émettre aucun gaz à effet de serre net, transport et alimentation des locataires inclus!

«La nature ne gaspille rien, pourquoi le devrions-nous?» D'emblée, Rune Kongshaug annonce ses couleurs. Ici, pas question de faire les choses à la légère; le respect de l'environnement et l'intégration au milieu de vie sont les deux mots d'ordre. Le projet Maison productive, dont il est à la fois le concepteur et l'entrepreneur général, prend en effet grand soin de se conformer à ces deux préceptes. Le résultat, joli et impressionnant, prouve que l'être humain, lorsqu'il le souhaite vraiment, peut grandement réduire les impacts négatifs de sa présence.

D'abord, par une efficacité énergétique exemplaire. «Notre autonomie [énergétique] est de 80 %!», remarque Rune Kongshaug. Panneaux solaires, géothermie, récupération de chaleur, isolation supérieure, planchers radiants, fenêtres orientées plein sud afin de maximiser le chauffage passif: tout est pensé en fonction d'une utilisation intelligente des ressources disponibles. Un choix qui s'avère payant: la facture d'électricité des résidants en serait réduite de près de 60 %.

Ensuite, par une agriculture urbaine et un rapport à l'alimentation consciencieux. Ainsi, la Maison productive comprend non seulement une boulangerie commune, des arbres fruitiers, des potagers extérieurs, un jardin de fines herbes, mais aussi une serre intérieure utilisable à l'année. «Nous estimons qu'il sera possible d'y produire environ

400 kilos de nourriture chaque année, et cela, en utilisant seulement la chaleur et l'eau récupérée des appartements.» Les premiers résidants, qui ont emménagé en novembre, ont savouré dernièrement la première récolte de laitue, de carottes et de radis, «légumes idéaux à cultiver l'hiver parce qu'ils ne nécessitent pas beaucoup de luminosité».

Finalement, par des modes de locomotion verts et responsables. À quelques minutes de marche du métro Charlevoix, du marché Atwater et de la piste cyclable du canal de Lachine, le projet encourage fortement ses locataires à se départir du véhicule familial. De plus, une entente a été conclue avec Communauto pour l'établissement d'un point de service de deux véhicules sur le terrain même de la Maison productive.

Zéro émission

Toutes ces initiatives, qui font du projet l'un des plus — sinon LE plus — verts de Montréal, ne semblent pas satisfaire complètement son concepteur, qui développe encore de nouvelles stratégies pour minimiser l'empreinte écologique de la Maison productive. Il aimerait par exemple fonder un partenariat avec une ferme biologique locale, afin de répondre aux besoins des résidants en viande, lait, oeufs et «légumes que nous ne pouvons cultiver par manque d'espace».

Il souhaiterait aussi établir des liens avec un travailleur forestier écologiquement responsable pour s'alimenter en bois de chauffage

— combustible prévu pour le four à pain. Il voudrait par ailleurs remplacer les véhicules de Communauto par des contreparties électriques, qu'il alimenterait grâce à l'énergie solaire récoltée par le bâtiment.

Bref, il travaille encore à l'amélioration de son concept, parce qu'il espère respecter la seule norme qui lui «tient vraiment à coeur: le Zero Energy Development», élaboré par l'architecte britannique Bill Dunster. «Un bilan positif en matière d'émissions de gaz à effet de serre, voilà un but vraiment significatif! D'autant plus que cela n'impose pas de sacrifices quant à la qualité de vie, comme on peut le voir à la Maison productive.»

Vrai que les unités disponibles sont agréables et concurrentielles, surtout en regard des aires communes — serre, four à pain, buanderie — qui ajoutent beaucoup à l'intérêt d'y habiter. Il n'en reste maintenant que trois à vendre, les cinq autres ayant déjà trouvé preneur. «Notre clientèle est sophistiquée, pas nécessairement riche, mais plutôt éduquée et consciente des coûts écologiques inhérents au mode de vie occidental», explique Rune Kongshaug.

Carte de visite

S'il n'en tient qu'à lui, d'autres projets semblables verront le jour à Montréal et iront peut-être même encore plus loin sur le plan écologique. «Nous avons eu tellement de problèmes à construire qu'il serait dommage de ne pas utiliser à nouveau l'expertise et les contacts que nous avons développés. J'ai été choqué par les normes de construction au Québec. Il y a eu beaucoup de résistance institutionnelle [au plan du financement et de l'obtention des permis] et la plupart des gens qui collaboraient avec nous ne comprenaient pas ce que nous essayions de faire. Au moins, je sais que nous avons maintenant réussi à les convaincre du bien-fondé de nos actions...»

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En vrac

- Trois unités encore à vendre: deux maisons en rangée et un condo

- Unités de 860 à 1598 pieds carrés

- Prix de de 280 000 à 565 000 $ ou meilleure offre, négociable

- Pour plus de renseignements, consulter www.produktif.com
1 commentaire
  • Neelix - Inscrit 16 mai 2010 18 h 24

    ?

    il manque un peu d'information ..... non?