César repart sans sa salade

Une pénurie de laitue pousse des restaurateurs à réduire les portions de salade dans les assiettes. Le manque n’est toutefois que temporaire, et devrait se résorber au mois de décembre.

Les deux produits les plus affectés sont la laitue iceberg et la romaine, a indiqué Sylvain Charlebois, directeur scientifique du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie.

Le Canada « ne produit pas [de salade] à cette période de l’année, puis surtout, les prix [aux États-Unis] sont avantageux. »

« On dépend beaucoup de la laitue californienne en novembre, a-t-il ajouté. Et la récolte n’a pas été très bonne. La sécheresse, assez sévère au mois d’octobre, a affecté la croissance de la laitue. »

L’Agence canadienne d’inspection des aliments a par ailleurs strictement réglementé les importations de salade provenant « des comtés de Santa Cruz, Santa Clara, San Benito et Monterey de la vallée du Salinas, en Californie, entre le 28 septembre et le 22 décembre 2022. » Des « éclosions de maladies d’origine alimentaire de E. coli » ont pris leur source à ces endroits de manière « récurrente ».

« En décembre, le relais [des exportations] sera donné à l’Arizona, et là, les choses devraient revenir à la normale », prévoit M. Charlebois.

Des sandwichs moins verts

 

Le Devoir a constaté dimanche que Subway affiche sur le comptoir de plusieurs succursales avoir « instauré une réduction temporaire des portions de laitue pour composer avec cette pénurie ».

La franchise invoque des « difficultés d’approvisionnement » causées par des « événements climatiques ». Elle prévoit elle aussi un rétablissement de la situation en décembre, « au moment où les récoltes de laitue se feront dans de nouvelles régions », mais n’espère pas d’améliorations d’ici là.

Photo: Le Devoir « Le Devoir » a constaté dimanche que Subway affiche sur le comptoir de plusieurs succursales avoir « instauré une réduction temporaire des portions de laitue pour composer avec cette pénurie ».

Mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg. La chaîne de restauration rapide Harvey’s indique elle aussi, lorsqu’on veut passer une commande, être « à court de laitue à [son] comptoir de garnitures ».

Un fil Reddit dédié au sujet a même été créé sur le réseau social. « Je travaille dans un resto. On a retiré la salade césar du menu temporairement. La romaine coûte trop cher », a écrit un utilisateur anonyme. Le Devoir n’a pas pu vérifier cette information.

Les restaurants doivent « absorber l’augmentation des prix. On ne vous chargera pas un dollar de plus pour de la laitue. Alors, ils ne l’offrent tout simplement pas [la salade] », explique Sylvain Charlebois, qui pense que le légume s’effacera probablement des menus pendant un temps.

En juin dernier, la chaîne de restauration rapide Poulet Frit Kentucky avait coupé sa salade avec du chou face à l’inflation, provoquant la colère du premier ministre australien. « Le chou, ce n’est pas la même chose que de la laitue », avait réagi Anthony Albanese, en qualifiant l’affaire de « chou gate ».

Au moment d’écrire ces lignes, la franchise Subway n’avait pas répondu à nos questions, ni indiqué si elle envisageait proposer des alternatives à la laitue dans ses succursales.

Des prix qui « explosent »

Ces problèmes d’approvisionnement ne perturbent pas seulement la restauration. Les prix « explosent au détail ». Mais contrairement aux restaurateurs, les vendeurs peuvent se permettre d’augmenter leurs prix.

« C’est vous qui décidez si vous l’achetez ou pas. S’il y a de la laitue [dans les magasins], elle risque juste de coûter plus cher », poursuit M. Charlebois.

Une tête de laitue coûte selon l’expert entre six et sept dollars dans les épiceries. « Une pièce comme ça, normalement, ça devrait se payer en bas de trois dollars. »

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