Le prêt-à-manger en épicerie, plus tendance que jamais

Marie-Claude Di Lillo
Collaboration spéciale
Le plat surgelé Boeuf Mississipi de Joe Beef
Photo fournie Le plat surgelé Boeuf Mississipi de Joe Beef

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

La pandémie a accentué certaines habitudes de consommation chez les Québécois, notamment dans le secteur du prêt-à-manger et du prêt-à-cuisiner offerts dans les épiceries de la province. Les consommateurs ont adopté ces solutions repas, qui ont beaucoup évolué ces dernières années, offrant aujourd’hui des plats gourmets signés par des chefs connus et des personnalités.

« Le prêt-à-manger est un segment qui connaît une croissance soutenue depuis quelques années », confirme Richard Pruneau, vice-président principal chez Metro. Une tendance qui s’accentuera, si l’on en croit des experts comme Robert Dion, éditeur du magazine Détaillant alimentaire, qui prédit que, d’ici 2030, les secteurs du prêt-à-manger et du prêt-à-cuisiner occuperont près de la moitié de la surface des détaillants.

Depuis la pandémie, on note une préférence de la clientèle pour les prêts-à-manger associés à une marque québécoise forte. « Particulièrement lorsque les restaurants étaient fermés, les produits offerts sous une marque de restauration ou celle d’une personnalité publique ont connu, et connaissent encore, une popularité grandissante, de même que le segment prêt-à-cuisiner, comme les viandes marinées et les salades repas », indique M. Pruneau. Un nouveau terme fait état de ce phénomène : grocerant désigne ainsi des établissements qui offrent une solution à mi-chemin entre épicerie et restaurant.

Des plats surgelés inspirés du restaurant

 

Le mois dernier, une gamme de quatre nouveaux plats surgelés signés Joe Beef ont été lancés en exclusivité chez Metro. Le Porc à la nomade, le Boeuf Mississippi, le Boeuf au poivre et le Macaroni au fromage sont les recettes proposées par le chef Fred Morin. Questionné sur les motifs qui l’ont incité à faire le grand saut en épicerie, le chef Morin répond : « La COVID-19 a créé certaines incertitudes dans la restauration. Cette avenue parallèle s’est présentée, et on a dit oui quand on a vu la qualité qu’on pouvait offrir avec de bons partenaires. »

Il est encore trop tôt pour évaluer, selon le chef, les revenus qui découleront de ce partenariat avec Metro, mais les tests de marché semblent être très concluants : les plats sont savoureux et à la hauteur des attentes de ceux qui les ont testés.

« On y a mis des bons ingrédients, de la crème, du beurre, des morilles, etc. C’est une bonne cuisine maison, comme je la ferais chez nous ; une solution pour les journées où on ne veut pas cuisiner », ajoute le chef.

Des soupes-repas comme à la maison

De son côté, Stefano Faita profite du moment où le prêt-à-manger se taille une place de choix auprès des Québécois pour élargir sa gamme de produits en épicerie. Après les pizzas, les sauces, les charcuteries, les pâtes et même le vin, il vient ajouter à la table ses soupes-repas. Quatre variétés ont été lancées il y a un mois : Noces à l’italienne, Minestrone toscane, Crème de tomates et Poulet et nouilles. « Nous voulions offrir des soupes style maison, avec des ingrédients simples et bons, sans agents de conservation ni arômes ou colorants artificiels. Comme le faisaient nos grands-mères ! » explique M. Faita.

Photo: Duo Tang Studio Stefano Faita et ses soupes-repas

« C’est un produit authentique, fait ici, qui offre une belle option de prêt-à-manger aux familles. Ça reste aussi dans notre niche italienne », ajoute le chef. Il affirme que la pandémie a été bénéfique pour sa gamme en épicerie, qui connaît ici un grand succès. Le nom de Stefano Faita sur l’étiquette donne confiance aux consommateurs.

Des solutions santé

 

Le créneau du prêt-à-manger santé semble avoir évolué de la même façon et s’est aussi orienté vers des personnalités d’ici avec une forte notoriété. C’est le cas des produits d’Isabelle Huot, docteure en nutrition. Isabelle développe sa gamme de prêt-à-manger, dans le frais comme dans le congelé, depuis plus de dix ans. « Je propose des solutions repas aux gens pressés qui veulent bien manger, tout en offrant un apport protéinique important, modéré en sodium et en glucides, et sans additifs. » Les ventes de ses produits durant la pandémie ont augmenté de 60 %. Ses repas de prêt-à-manger surgelés incluent un Poulet Dijon, un Poulet au cari, un Poulet marocain et des Pennes aux légumes. « Ils sont emballés sous vide et offrent beaucoup de saveurs. Ils comportent une liste d’ingrédients simples, du clean label », explique Mme Huot. Ce qui la différencie aussi de la concurrence ? « Les gens qui voient mon nom sur le produit savent qu’une doc­teure en nutrition a pensé à leur santé », affirme-t-elle.

Photo: Photo fournie Des plats surgelés d’Isabelle Huot

Ses repas sont particulièrement populaires auprès des personnes âgées. « Je vise tout le monde avec mes produits. J’ai même lancé des salades repas qui plaisent à une clientèle de 35-45 ans ! Ma gamme de surgelés répond, oui, aux besoins spécifiques des personnes âgées, diabétiques, avec des problèmes d’hypertension, ou de contrôle de poids ». Une tendance qui devrait ainsi avoir de plus en plus de succès au Québec, où la population est vieillissante.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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