Le crabe des neiges du Québec

Virginie Landry
Collaboration spéciale, cariboumag.com
Pour la petite histoire, la pêche au crabe des neiges dans l’est du Canada a débuté en 1960 près de Gaspé, au Québec.
Photo: iStock Pour la petite histoire, la pêche au crabe des neiges dans l’est du Canada a débuté en 1960 près de Gaspé, au Québec.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Au Québec, le crabe des neiges est attendu chaque année aussi impatiemment que le printemps. Le crustacé, dont le goût délicat et la tendre texture effilochée en font un aliment très prisé, est offert dans les poissonneries de la province depuis la fin mars. Voici ce qu’il vous faut savoir au sujet de ce produit d’ici qu’on aime tant savourer.

Une récolte abondante

 

Le 17 mars 2022, quelques jours avant l’ouverture de la pêche au crabe des neiges, Pêches et Océans Canada annonçait que le total autorisé des captures (TAC) passerait à 32 519 tonnes cette année, comparativement à 24 261 tonnes en 2021. De quoi réjouir les crabiers puisque les quotas avaient été abaissés l’an dernier. « On fait en quelque sorte un peu de rattrapage », explique Daniel Desbois, président de l’Association des crabiers gaspésiens. « La pêche va très bien cette saison », ajoute-t-il.

Les crabiers du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord ont pu commencer leur saison à la fin du mois de mars, alors que celle des pêcheurs de la Gaspésie et des îles de la Madeleine a débuté plus tard en avril. Tout dépend de la fonte des glaces dans le fleuve et le golfe. La saison devrait durer environ huit semaines.

Facture salée

 

Christian Servant, propriétaire des poissonneries Les délices de la mer, situées à Montréal, à Boucherville et à Québec, confirme que les prises sont bonnes, « mais les crabes sont très chers. Les prix à la livre sont du jamais vu ! » D’un bout à l’autre de la province, on a pu voir le crabe des neiges affiché entre 15 $ et 25 $ la livre vivant, et entre 28 $ et 38 $ la livre cuit. Les prix fluctuent en fonction de l’endroit où il est vendu (il est moins cher en région), ainsi qu’au courant de la saison de pêche.

Cela s’explique par une forte demande mondiale et une rareté de la ressource. En effet, l’Alaska, grand concurrent des Maritimes, a récemment réduit ses quotas de 88 %, une baisse historique, parce que sa population de crabe des neiges s’est effondrée l’an dernier en raison du réchauffement de la mer de Béring. De plus, il y a présentement un boycottage du crabe des neiges russe en raison du conflit en Ukraine. Les pêcheurs québécois seront donc appelés à exporter une grande quantité de leurs prises.

Force est de constater que ce n’est pas le prix exorbitant du crabe des neiges qui freinera sa popularité au Québec. En effet, Christian Servant remarque que ses clients réguliers sont encore et toujours au rendez-vous, et ce, d’un bout à l’autre de la province.

Une pêche durable

 

Pour la petite histoire, la pêche au crabe des neiges dans l’est du Canada a débuté en 1960 près de Gaspé, au Québec. Son développement et sa popularité ont mis du temps à gagner du terrain. Selon Daniel Desbois, c’est dans les années 1980 que les Japonais ont réussi à faire connaître le crabe des neiges au grand public international en quête de nouveaux produits gourmets, y compris les Québécois. C’est à ce moment que la pêche au crabe des neiges a pris de l’expansion pour devenir l’une des plus importantes au pays.

Depuis 2020, la pêche au crabe des neiges est certifiée durable par le Marine Stewardship Council (MSC), ce qui veut dire que cette industrie respecte les strictes normes qui permettent de préserver l’écosystème marin et qu’il n’y a pas de surpêche. Les femelles et les crabes immatures sont rejetés, assurant ainsi la survie de l’espèce à long terme.

« La pêche se fait dans des casiers qui ressemblent à des cornets de crème glacée à l’envers, explique Daniel Desbois. Le crabe va y chercher l’appât et tombe dedans. »

Quelle quantité servir, et avec quoi ?

Le crabe des neiges s’achète vivant ou cuit, entier ou en sections. Afin de préparer une entrée copieuse ou un repas léger, Christian Servent suggère de se procurer deux sections de crabe des neiges par personne, soit un total de 10 pattes. À son avis, « au prix où il est vendu cette année, mieux vaut le manger nature ou avec un beurre blanc » pour ne pas le dénaturer et ainsi apprécier pleinement ses subtiles saveurs.

Et puis, quoi boire pour accompagner son crustacé ? David Deschênes, propriétaire de la boutique spécialisée Le Biérologue – Le Vinologue, dans Hochelaga-Maisonneuve, suggère d’opter pour une boisson audacieuse. « Le Mousseux de la cidrerie Cryo accompagnera le crustacé à merveille avec ses bulles fines. Il se boit comme un champagne », dit-il.

Pour ce qui est des bières locales, il aime proposer la bière de table de Dunham ou la Gewurtztraminer de Harricana, des bières pâles et légères, délicates et rafraîchissantes, venant dans de très belles bouteilles.

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