Le temps des Fêtes réinventé de Katrine Paradis

Sophie Ginoux
Collaboration spéciale
«Mon vrai “party de Noël”, c’est le 22 décembre! J’ai choisi cette date parce que les gens ne sont pas encore saturés de manger des trucs de Noël, et la joie des vacances est déjà palpable sur les visages», confie Katrine Paradis.
Photo: Ariel Tarr «Mon vrai “party de Noël”, c’est le 22 décembre! J’ai choisi cette date parce que les gens ne sont pas encore saturés de manger des trucs de Noël, et la joie des vacances est déjà palpable sur les visages», confie Katrine Paradis.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Comment aborde-t-on les fêtes de fin d’année lorsqu’on souffre d’allergies et d’intolérances, ou bien lorsqu’on a choisi un régime alimentaire cétogène, végétarien ou végétalien ? Dans plusieurs logis québécois, cette question se pose puisque Noël s’assortit habituellement de son lot de pâtés, de fruits de mer, de volailles rôties, de pâtisseries et de biscuits aux antipodes de cette réalité. Faut-il pour autant oublier l’idée de se régaler pendant ce temps de bombance ? « Absolument pas ! » clame Katrine Paradis, la cofondatrice de K pour Katrine, la populaire plateforme de recettes sans gluten ni produits laitiers. Cette gourmande invétérée réussit effectivement, à Noël comme le reste de l’année, à réunir les « avec » et les « sans » à la même table avec une désarmante simplicité… quitte à leur proposer un menu complètement végétarien ! Suivons-la dans ses préparatifs.


 

Katrine, que représentent les Fêtes pour vous ?

J’adore cette période de l’année. D’une part, parce que ça me permet de profiter de ma famille et de mes amis et, d’autre part, parce que ça me donne le luxe de faire ce que je veux sans être pressée et sans obligation à respecter. Alors oui, je reçois et je fais des activités, mais sans stress. Je peux par exemple garder les mêmes combines de la marche en raquettes jusqu’à la cuisine, et c’est parfait comme ça !

Y a-t-il des traditions de Noël qui vous sont chères ?

Bien sûr ! En dehors de l’incontournable sapin décoré, il y a une habitude qui me suit depuis mes 16 ans : cuisiner mon immense tarte aux pommes et à la crème. J’ai commencé à la faire adolescente parce que je n’avais pas vraiment envie d’étudier mes cours ! Puis elle est devenue un classique, que je sers tous les 24 décembre et, s’il en reste, le 25 décembre au matin. Même lorsque nous partons à l’étranger pour les Fêtes, elle est immanquable. J’emporte du Crisco dans mes bagages au besoin ! Aujourd’hui, elle a un peu évolué, puisque je la prépare avec une pâte sans gluten et de la crème de soya à la place des produits laitiers traditionnels, mais tout le monde se régale autant.

Quelles sont vos dates préférées du temps des Fêtes ?

Toutes ! Plus sérieusement, j’aime étirer les festivités sur une bonne semaine, voire deux. Les 24 et 25 décembre, on se retrouve plutôt en famille, en petit comité, avec quelques plats que mes filles adorent, comme le lapin aux pruneaux pour Margaux (la cocréatrice des recettes de K pour Katrine). Et tous les 25 décembre, la matinée commence par l’ouverture des cadeaux, suivie d’un déjeuner de crêpes aux sorbets du Bilboquet.

À quoi ressemble justement le party de Noël de Katrine Paradis ?

Il est volontairement informel. Donc, pas de repas cinq services assis, de nappes blanches ou de service en porcelaine. Par contre, je tamise les lumières, j’allume plein de bougies, je prépare une bonne liste d’écoute musicale et je dispose sur la table de petites branches de sapin ou un pot de boules de Noël colorées.

Cette façon décontractée de recevoir se retrouve aussi dans la structuration de la soirée. Pour l’apéritif, qui réunit tous les invités autour de l’îlot de la cuisine, je sors des verres, une cruche avec une base de cocktail, plusieurs bouteilles et une série de choses à grignoter, et tout le monde se sert comme il veut. J’aime d’ailleurs prolonger ce moment particulier en servant l’entrée sur place, dans de petits bols ou une tasse. Puis, on se met à table pour les plats de résistance — j’en propose toujours deux au fil de mon inspiration — et les desserts, mais une fois encore, ces derniers sont dressés sur l’îlot avec des accompagnements pour que chacun se sente libre de manger ce qu’il souhaite.

La logique « gourmand malgré les sans » s’applique-t-elle bien aux Fêtes, selon vous ?

Absolument ! Chez nous, les allergies et les intolérances règnent, ce qui nécessite de faire des accommodements raisonnables pour les menus des Fêtes. Alors, même si on mange tous sensiblement la même chose, je prévois des plats sans gluten, ainsi que des choix végétaliens pour Margaux, qui ne peut pas consommer de produits laitiers. Mais cela ne m’empêche pas de servir une belle planche de fromages à l’apéritif ni de concocter des tourtes, des sauces et des desserts de toutes sortes, croyez-moi !

Comment avez-vous construit votre menu de Noël végétarien ?

Certains se demanderont pourquoi je propose des courges poivrées farcies en plat principal. Ce à quoi je répondrai : « Pourquoi pas ? » Après tout, elles sont super belles à l’œil, et j’ai trouvé le moyen de les farcir avec des saucisses végétales et de réaliser une sauce crémeuse minute que tout le monde adore, même les omnivores.

Quant au dessert, eh bien, c’est mon petit péché mignon. J’adore les desserts, à tel point que, certaines années, j’en propose une table pleine pour mon party de Noël. Et je pousse le vice jusqu’à les présenter sur des petits piédestaux près de l’îlot pour que les invités salivent pendant tout le repas ! Pour ce menu, j’ai choisi une couronne de Noël aux framboises parce qu’elle est non seulement magnifique, mais délicieuse avec ses framboises fraîches. Immanquable et ultrapratique, elle peut être préparée en avance et congelée. Alors, je la recommande, bien sûr, pour un souper festif, pour les doggy bags des invités — personne ne repart de chez moi les mains vides — et pour le lendemain s’il en reste, car il faut toujours penser aux durs lendemains.



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