Cinq plantes d’ici à savourer en tisane

Virginie Landry
Collaboration spéciale, cariboumag.com
Lorsqu’infusé, le chaga ressemble à une tasse de café filtre de par sa couleur et son onctuosité.
Photo: Getty Images Lorsqu’infusé, le chaga ressemble à une tasse de café filtre de par sa couleur et son onctuosité.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Le temps frais qui s’installe tranquillement, mais sûrement, donne immanquablement envie de se préparer une bonne boisson chaude réconfortante. Partez à la découverte gustative de ces végétaux boréaux, délicieux en infusions.


 

Le thé du Labrador

Tout d’abord, il faut savoir que le thé du Labrador n’a en fait rien à voir avec le thé ! Le lédon du Groenland, de son vrai nom, est un arbuste à petites fleurs blanches qui pousse dans les forêts mixtes et boréales comme ici, en Amérique du Nord. Ses feuilles, ses fleurs, ses tiges et ses boutons floraux peuvent être consommés frais ou séchés, en infusion. Les Autochtones l’aiment particulièrement pour ses vertus thérapeutiques et ses bienfaits anti-inflammatoires et antibactériens. Le thé du Labrador a un goût très doux de sapin et légèrement acidulé.

À déguster dans la tisane au thé du Labrador, pomme et reine-des-prés de Pilki, un mélange unique aux arômes boisés et épicés.

L’échinacée

Plante indigène du Québec, l’échinacée est une vivace ornementale qui produit de belles grosses fleurs en été. Si elle est très appréciée des jardiniers québécois qui aiment l’utiliser dans leurs platebandes, elle est aussi délicieuse en tisane et aurait des propriétés médicinales. D’ailleurs, elle était autrefois utilisée en médecine douce pour renforcer le système immunitaire. S’il existe plusieurs espèces d’échinacées, c’est l’Echinacea purpurea, l’échinacée pourpre, qui est la plus populaire. Elle a un goût fort et un peu piquant, mais mélangée à d’autres herbes, comme la menthe poivrée, l’échinacée est agréable en bouche.

À déguster dans la tisane Mélange arctique de Délice boréal, où l’échinacée se marie aux fleurs de sureau, de camomille et aux feuilles de tussilage, entre autres herbes.

Le chaga

Le chaga est un champignon, plus précisément un polypore, qu’on retrouve habituellement sur le bois mort des bouleaux. Certains aiment remplacer leur café quotidien par une décoction de chaga en poudre. Lorsqu’infusé, le chaga ressemble à une tasse de café filtre de par sa couleur et son onctuosité. Une tasse de chaga prend beaucoup de temps à préparer : il faut infuser la poudre dans de l’eau froide pendant au moins 30 minutes, puis la chauffer tranquillement, sans jamais la faire bouillir, pendant une heure ou plus, pour en accentuer le goût. Il est possible d’en préparer une grande quantité à conserver au réfrigérateur pour en avoir sous la main tous les matins.

À déguster : le chaga sauvage de l’entreprise Les Mauvaises Herbes en version nature.

Le myrique baumier

On retrouve la plante de myrique baumier un peu partout au Québec dans les milieux humides, notamment près des lacs et des rivières. Sa cueillette est particulière : les branches du myrique baumier sont recouvertes d’une résine jaune gluante qui colle aux doigts, mais qui dégage cependant une délicieuse odeur de sapin. Ce sont les chatons, soit les fruits de la plante, que l’on consomme en infusion, une fois déshydratés. Du fait du goût légèrement amer et poivré du myrique baumier, on lui donne parfois le surnom de muscade boréale.

À déguster dans la tisane Taïga sauvage de Camellia Sinensis, dont chaque gorgée rappelle le terroir boréal. Contient aussi du bourgeon de sapin, du bleuet sauvage, de la pousse d’épinette et de la baie de genévrier.

Le chanvre

La culture du chanvre a été interdite au Canada et au Québec en 1938, dans le cadre de la lutte contre l’utilisation des drogues. Ce n’est que depuis 1998 que les cultivateurs d’ici ont pu se remettre à la production de chanvre industriel. Contrairement à son cousin, le cannabis, le chanvre a une teneur quasi nulle en tétrahydrocannabinol (THC) et ne produit donc aucun effet psychotrope lors de la consommation. Lorsqu’il est infusé, son goût légèrement amer rappelle celui des noisettes et peut donc remplacer le café.

À déguster dans la boisson de chanvre grillé et de bleuets biologiques Le Bachata de la compagnie Les Siffleux, une infusion foncée qui se boit bien avec une touche de lait.

Des torréfacteurs québécois engagés

Impossible de cultiver du café au Québec, puisque le caféier aime le soleil et l’humidité à l’année. Notre tasse de café ne sera jamais 100 % locale. Cependant, il est possible de s’approvisionner auprès de torréfacteurs locaux, qui s’évertuent à dénicher des grains de café de qualité supérieure cultivés de manière équitable. Ils les torréfient ici, dans leurs ateliers québécois, pour ensuite les moudre. Tour d’horizon de trois compagnies québécoises qui innovent en matière de café et d’écoresponsabilité.

 

Drüp : Un café torréfié et emballé dans les Laurentides dans des sachets biodégradables. En effet, on prépare une tasse de café Drüp comme on le ferait pour un sachet de thé, en faisant infuser notre sachet. Plusieurs collections sont à découvrir, dont Urbain, Nomade et Microlots.

 

94 Celsius : Ce microtorréfacteur montréalais propose des capsules biodégradables et compostables qui sont compatibles avec les machines Nespresso Original line.

 

Dispatch : Rendre l’industrie du café plus juste et plus transparente en permettant la traçabilité des produits, voilà la mission de Dispatch. Le nom du café, comme le Santa Margarita, le Familia Garcia López ou le Las Segovias, représente d’ailleurs la ferme où il est produit ou son producteur.

De délicieux spiritueux en version chaude

Pour jazzer un peu votre boisson chaude, il n’y a rien de plus efficace que d’y ajouter une larme d’un spiritueux québécois.

 

Dans un café : ajoutez un peu de crème d’érable Tomahawk de la distillerie Shefford à votre café au lait pour en faire un dessert caféiné.

 

Dans un chocolat chaud : la crème de menthe Isabelle des Subversifs ajoutera un peu de festif dans la traditionnelle boisson chaude d’hiver.

 

Dans un lait chaud : une touche d’Avril de la distillerie Mariana, un amaretto local, sublime un simple bol de lait chaud.



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