Déclarations d’amour culinaires à Baie-Saint-Paul

Ancien professeur à l’ITHQ, le chef Jean-Paul Grappe est l’invité d’honneur du festival.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Ancien professeur à l’ITHQ, le chef Jean-Paul Grappe est l’invité d’honneur du festival.

Après une année de pause forcée, le festival Cuisine, cinéma et confidences revient avec une quatrième édition portée par les histoires d’amour envers les chefs, les restaurateurs et les producteurs québécois. Comme une évidente suite au mouvement d’achat local et de reconnaissance des talents québécois.

Mariant repas et découvertes culinaires, projections de films thématiques et discussions animées, la programmation du festival pose aussi un regard sur des moments forts de l’histoire avec la présentation de documentaires sur les 100 ans de la SAQ et sur Expo 67.

« Quand on veut célébrer quelqu’un, quand on lui fait une déclaration d’amour, on retourne nécessairement dans son histoire, note Lucie Tremblay, organisatrice de l’événement. Le documentaire SAQ : 100 ans d’histoire, ça me permet de faire une plus grande place aux vins québécois cette année. Ç’a inspiré une soirée pop-jazz, où le chef Patrick Dubé et son sommelier, Tristan Tourigny, vont offrir un accord mets et vins [en harmonie] avec la musique. »

Expo 67 était un autre incontournable pour Mme Tremblay, qui a réussi un tour de force en réunissant le chef et ancien professeur à l’ITHQ Jean-Paul Grappe — responsable des cuisines du pavillon de la France lors de l’exposition universelle et qui n’est jamais reparti ! — à titre d’invité d’honneur et plusieurs gagnants des Lauriers de la gastronomie québécoise. Les chefs Dyan Solomon, Simon Mathys, Julien Masia, Émile Tremblay et Sylvain Dervieux concocteront un menu « nostalgique » en souvenir d’Expo 67.

« Avant l’Expo, la cuisine internationale au Québec, c’était le buffet chinois. La gastronomie, c’était le bœuf bourguignon ou le coq au vin. Le couscous, on ne connaissait pas ça, le safran non plus, rappelle Lucie Tremblay. Regardez où on est rendus maintenant dans notre restauration. Avec les jeunes chefs invités, qui regardent devant, je trouvais que c’était une belle combinaison. Dans notre histoire, il y a le futur aussi. »

Ceux qui nous nourrissent

 

Le documentaire Expo 67 mission impossible sera présenté, suivi d’une discussion sur les retombées de cet événement d’envergure sur la gastronomie québécoise avec l’historien Roger Laroche.

On trouve aussi à l’horaire une projection du film Le nez, de Kim Nguyen, accompagnée d’une dégustation de vins du Québec.

Lucie Tremblay porte en elle le désir de montrer le visage de ceux qui nous nourrissent. C’est pourquoi elle met notamment en avant les femmes entrepreneurs du milieu de l’agroalimentaire, « des jeunes femmes exceptionnelles », mentionne-t-elle. « C’est pour ça que le festival a lieu en novembre. Bien sûr que ça serait plus champêtre si on faisait ça en été, mais à ce moment-là de l’année, les producteurs et les chefs ont de la broue dans le toupet ! Je veux qu’ils puissent être là pour montrer toute leur créativité. Pour moi, il y a un parallèle à faire avec les réalisateurs qui communiquent aussi leurs histoires grâce à la créativité. »

Soirée d’improvisation, parcours gourmand à travers Baie-Saint-Paul, atelier culinaire pour enfants ou encore exposition sur l’art de la table et échange de livres de cuisine… impossible de ne pas voir, à travers cette vaste programmation, une réelle envie de réunir des convives de tous les horizons.

« Lancer ce festival, c’était ma façon de m’ancrer dans la communauté quand j’ai quitté Montréal pour venir à Baie-Saint-Paul », raconte Lucie Tremblay, qui a travaillé comme productrice de documentaires pendant près de 30 ans. « Mon père est un Tremblay des Éboulements qui a grandi dans la pauvreté. Ma mère venait d’un milieu bourgeois. Devenu professeur, mon père a créé un comité pour que les enfants puissent avoir un repas par jour. Il disait que manger n’est pas un luxe, mais un droit que tout être humain doit avoir. Ma mère, elle, dressait la table avec cinq fourchettes d’un bord, cinq cuillères de l’autre. On n’était pas riches, mais elle nous préparait quelques fois par année de [grands] repas. À sept ans, je mangeais des artichauts [rires] ! Ça a été un magnifique héritage, cette combinaison-là, de l’importance de l’alimentation. Le festival, c’est une façon de redonner les lettres de noblesse au partage et aux rencontres autour d’un repas. »

Cuisine, cinéma et confidences aura lieu du 5 au 7 novembre.

Le terroir à boire

Pommes et mélilot, voilà le nouveau parfum de l’eau pétillante issue du terroir des Laurentides concoctée par la famille Rivest-Rocheleau, grande amoureuse de la nature, qui travaille à partager son savoir et son garde-manger au plus grand nombre possible. Depuis 2017, la tribu d’entrepreneurs, installée au Domaine Harrington, travaille à valoriser les ingrédients nordiques. Son volet éducatif, qu’elle développe auprès des jeunes et des groupes scolaires, en est un bon exemple. L’envie de transposer la richesse de la forêt en quelque chose d’accessible au quotidien l’a surtout menée à développer des eaux pétillantes aromatisées aux essences naturelles, elles-mêmes tirées de la flore boréale qui pousse sur le domaine. Après les eaux au thé des bois, à l’épinette douce et à la baie de genévrier lancées l’an dernier sans tambour ni trompette, c’est au tour de la pomme et de la fleur de mélilot d’être mises en vedette, illustrant la détermination des Rivest- Rocheleau à rendre les saveurs botaniques encore plus familières. Offertes partout au Québec, en deux formats

 



L'organisatrice de l'événement se nomme bien Lucie Tremblay et non Lise Tremblay, comme on pouvait le lire dans une version précédente.

 

 

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