En octobre, on profite des poires et du gingembre, et on rend grâce

Julie Aubé
Nutritionniste et autrice
Encore faciles à trouver dans les marchés, les poires du Québec tireront tranquillement leur révérence au fur et à mesure que progressera l’automne.
Photo: Getty Images Encore faciles à trouver dans les marchés, les poires du Québec tireront tranquillement leur révérence au fur et à mesure que progressera l’automne.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

1. Faire provision de gingembre local

Plusieurs maraîchers d’ici cultivent du gingembre frais, parfumé et parfaitement juteux ! Si vous n’avez pas commencé vos provisions, c’est le temps d’en congeler, entier ou haché dans des bacs à glaçons. Vous ne le regretterez pas quand viendra bientôt le temps de se faire du vin chaud, des biscuits, des mijotés et autres potages fumants.

2. Célébrer (et conserver) les poires

Si la pomme du Québec passe l’hiver avec nous, ce n’est pas le cas de la poire, qui tirera tranquillement sa révérence au fur et à mesure que progressera l’automne. Selon les fermes et les marchés, il peut arriver qu’on en trouve encore jusqu’aux Fêtes, mais c’est pendant qu’elles sont encore faciles à trouver et abondantes qu’il est temps d’en faire des croustades pour le congélateur ainsi que des petits pots de compotes, coulis et demi-poires dans le sirop.

3. Décorer sa citrouille

Si, à l’approche de l’Halloween, on s’amuse à décorer une citrouille, faisons-le de manière telle que la chair demeure parfaitement comestible pour être transformée en potage, en sauce ou en tarte après la fête. Avant d’être une décoration, les citrouilles sont d’abord des aliments. Décorons-les en dessinant un visage menaçant ou en y collant des yeux inquiets et une bouche aux dents pointues ; ce ne sont pas les idées qui manquent pour « déguiser » sa citrouille en monstre ou en sorcière tout en s’assurant de pouvoir s’en nourrir ensuite !

4. D’assister au spectacle de la canneberge

C’est ce mois-ci que se déroule la récolte de la canneberge… qui prend des airs de spectacle ! En effet, les champs sont inondés afin que les fruits flottent et puissent être ramassés avec une machinerie adaptée. Il est possible d’en apprendre plus sur la culture de la canneberge et d’assister à la récolte au Centre d’interprétation de la canneberge, dans le Centre-du-Québec.

5. Profiter des poivrons et des piments

De formes et de couleurs variées, les poivrons et piments sont abondants en octobre : c’est l’occasion de les farcir, de les savourer en crudités, de les rôtir ou de les cuisiner en muhamarra (tartinade à base de poivrons), par exemple. On en congèle aussi en lanières et en dés pour le plaisir de colorer pizzas et omelettes cet hiver. Le poivron se transforme aussi en coulis facile à congeler, et le piment fort se déshydrate bien en plus d’être la base parfaite pour des sauces piquantes maison.

6. Explorer la lactofermentation

Quand on parle de provisions, il est souvent question de congélation, de mise en conserve et de déshydratation. Envie d’explorer une autre méthode qui ajoute une foule de savoureuses possibilités à votre arc d’écureuil ? Explorer la lactofermentation, en octobre, c’est l’occasion de fermenter ses sauces piquantes maison, mais aussi de faire ses choucroutes et kimchis à base de récoltes de choux et de carottes d’ici !

7. S’abonner à un panier bio d’hiver

Plusieurs fermes ont ouvert leurs inscriptions pour les abonnements aux paniers bios d’hiver. S’assurer un approvisionnement simple et régulier en légumes bios d’ici durant les mois enneigés est une façon pratique et solidaire de continuer de mettre la proximité au menu tout l’hiver. Informez-vous notamment à fermierdefamille.com ou à biolocaux.coop.

8. Se « safraner » le bec

Saviez-vous que le safran se cultive au Québec ? Les précieux et parfumés stigmates du pistil des Crocus sativus, qui fleurissent en octobre, sont récoltés délicatement un à un, puis séchés doucement. Un vrai travail de minutie que plusieurs producteurs d’ici effectuent avec soin ce mois-ci. Une savoureuse idée de cadeau à se faire à soi-même ou aux gourmands qu’on aime !

9. Planter l’ail

Cela vous semble tôt pour commencer à parler du jardin de l’été prochain ? C’est vrai… sauf pour l’ail ! Si vous avez envie de savourer vos propres fleurs d’ail et vos bulbes maison, c’est en octobre qu’il faut penser à planter !

10. Rendre grâce

L’Action de grâce est un long week-end qui tombe à point pour profiter de l’automne. Quels que soient vos plans, pourquoi ne pas trouver un moment pour se mettre dans l’esprit de cette fête qui soulignait autrefois la fin des moissons et la reconnaissance pour les récoltes ? Notre relation aux aliments s’enrichit quand on y injecte de la gratitude, et notre implication dans le système alimentaire devient plus engagée et signifiante. Quelle chance d’avoir tous ces gens passionnés et passionnants qui habitent le territoire et le cultivent avec soin pour nous donner accès à des aliments de qualité et de proximité ! L’Action de grâce est une occasion, parmi tant d’autres, de prendre conscience de cette chance et d’exprimer sa gratitude lorsqu’on rencontre les agriculteurs au kiosque ou au marché, ou simplement en saveurs en mettant la proximité au menu.

Quelques pistes pour aller plus loin 

• 2 producteurs de gingembre :

Aux petits oignons

Chapeau melon

• 2 producteurs de safran :

Emporium Safran

Pur safran

• 1 recette de muhammara de Josée Di Stasio

• 3 lieux d’autocueillette de poires :

Le Verger Kessler, à Farnham

Labonté de la pomme, à Oka

Le Verger champêtre, à Granby

• 3 lieux d’autocueillette de courges et de citrouilles :

Le centre d’interprétation de la courge, à Saint-Joseph-du-Lac

La ferme Quinn, à Notre-Dame-de l’Île-Perrot

La ferme Éthier, en Mauricie

L’équipe des publications spéciales du Devoir

 
  

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