S’alimenter encore plus localement en septembre

Catherine Girouard
Directrice des publications spéciales
Pour tendre vers une alimentation la plus locale possible, les consommateurs peuvent notamment remplacer l'huile d'olive par une huile de tournesol d'ici. 
Photo: Getty Images Pour tendre vers une alimentation la plus locale possible, les consommateurs peuvent notamment remplacer l'huile d'olive par une huile de tournesol d'ici. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Si la pandémie a amené plus que son lot de défis, il en ressort du moins un point positif : « Je pense que nous pouvons affirmer que la crise sanitaire a recentré le regard des consommateurs sur l’économie locale, souligne Camille Tremblay-Lalancette, coordonnatrice interrégionale du Défi 100 % local. Plus encore, la pandémie a fait en sorte que nous nous préoccupons de la provenance de nos aliments. »

Selon la coordonnatrice madelinienne, le Défi est plus pertinent que jamais. Partout, note-t-elle, on s’intéresse davantage à l’autoproduction alimentaire, on cherche les produits locaux, on fréquente les marchés publics, on s’abonne à des paniers de fruits et légumes de maraîchers de nos régions. Cet engouement se ressent aussi dans le nombre d’inscriptions au Défi 100 % local, qui augmente année après année.

Mais est-ce possible de manger 100 % local à l’année, au Québec ? « D’emblée, j’aimerais dire que le Défi 100 % local porte ce nom puisque nous souhaitons tendre vers une alimentation la plus locale possible ! Il s’agit principalement d’une vision, répond Camille Tremblay-Lalancette. Par contre, je crois qu’il est possible de s’alimenter 100 % localement avec des produits québécois, à l’année, moyennant de la préparation et de la passion. »

Organisé par le Regroupement des tables de concertation bioalimentaire du Québec (TCBQ), le Défi offre des outils durant tout le mois de septembre aux participants, publie du contenu sur les médias sociaux, des articles et recettes sur son site Web et une infolettre hebdomadaire afin qu’il y ait des retombées réelles sur leurs habitudes.

Recherche par rayons d’approvisionnement

Dans l’esprit du Défi, on tente notamment de s’approvisionner le plus près de chez soi possible en utilisant la recherche par « rayons d’approvisionnement ».

Et ça veut dire quoi, concrètement ?

Si on a un potager, ces légumes sont sans aucun doute ce qu’il y a de plus local. Cependant, peu de gens sont en mesure de faire pousser, par exemple, leur blé, pour ensuite le moudre et ainsi cuisiner avec leur farine 100 % locale, illustre la coordonnatrice. Pour ce qu’on ne produit pas dans notre cour, on tente d’aller le chercher le plus près possible quand même. « Il y a une meunerie dans votre région ? Voilà ! Il n’y en a pas ? Ne vous privez pas de farine pour “respecter” votre défi, mais voyez un peu plus grand… la région voisine ? Toujours pas ? Il y a, quelque part au Québec, une meunerie qui attend que vous découvriez ses produits. Il ne tient qu’à vous d’élargir les “rayons” de vos recherches pour tenter de trouver des alternatives plus locales aux produits que vous ou votre région ne produisez pas ! »

Camille Tremblay-Lalancette rappelle aussi que la préparation et le respect de la saisonnalité sont des clés, surtout en ce qui concerne les fruits et les légumes. « Internet regorge de trucs de conservation, ajoute-t-elle. On l’oublie souvent, mais nos grands-parents étaient des champions locavores ! Ils savaient produire et engranger comme personne ! Les temps ont changé, mais pourquoi ne pas renouer avec certains savoir-faire ? » 

Trouver des équivalents locaux

Parmi les outils offerts aux participants durant le mois de septembre, on trouve notamment un guide de substitution d’aliments provenant d’ailleurs qu’on utilise très fréquemment dans nos cuisines afin de trouver des équivalents locaux. En voici quelques exemples.

• Huile d’olive : remplacer par de l’huile de tournesol « pour cuisson », de l’huile de caméline ou de l’huile de canola d’ici

• Graines de chia : remplacer par des graines de caméline ou des graines de lin

• Raisins secs : remplacer par des canneberges ou des bleuets séchés

• Jus de citron : remplacer par du vinaigre de cidre ou du verjus

• Vinaigre balsamique : remplacer par du vinaigre de cidre de type balsamique ou du sirop de bouleau

• Sauce soya : remplacer par du miso

• Légumineuses : choisir les lentilles noires béluga, les lentilles vertes du Puy ou les pois jaunes

• Noix : choisir les noix de noyer noir



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