Les Premiers Vendredis sont de retour pour deux fins de semaine

Sophie Ginoux Collaboration spéciale
Après deux ans d’absence, l’événement de restauration de rue revient en force sur l’Esplanade du Parc olympique de Montréal.
Photo: Bruno Destombes Après deux ans d’absence, l’événement de restauration de rue revient en force sur l’Esplanade du Parc olympique de Montréal.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Les deux pieds dans la rentrée, c’est le temps de se remettre à la préparation des lunchs et de conjuguer soupers et devoirs pour plusieurs familles. Le cahier Plaisirs vous propose quelques astuces et recettes pour vous inspirer, mais aussi des avenues pour continuer de profiter de l’été et garder ce mood de vacances. Comme en célébrant les Premiers Vendredis, l’événement de restauration de rue très couru par les gourmands, qui est de retour dans la métropole pour deux fins de semaine.

Après deux ans d’absence, l’événement de restauration de rue récurrent le plus important au Canada et le plus apprécié des gourmands du Québec revient en force sur l’Esplanade du Parc olympique de Montréal pour deux fins de semaine, aux mois de septembre et d’octobre. Entre nouveautés stimulantes et mesures sanitaires, comment les foodtruckers appréhendent-ils cette renaissance ?

Au bout du fil, la pétillante Gaëlle Cerf, à la tête de l’Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ) depuis ses tout débuts en 2012, est ravie de préparer le grand retour de son événement chouchou le 3 septembre prochain. « Les Premiers Vendredis sont devenus avec les années une tradition que les gens se sont totalement appropriée et qui fait maintenant partie du paysage culturel québécois, dit-elle. Alors même si, dans le contexte actuel, en organiser demande beaucoup d’efforts, je pense que nous avons tous, restaurateurs comme visiteurs, vraiment hâte qu’ils reviennent ! »

Les Premiers Vendredis, apparus en 2012 dans la foulée des First Friday saméricains, qui ont vu naître une cuisine de rue créative et de qualité, ont effectivement marqué l’émergence au Québec d’un mouvement qui n’a cessé de prendre de l’ampleur. De huit membres à sa fondation, l’ARRQ en comptait plus de 40 en 2019. Quant aux Premiers Vendredis eux-mêmes, qui se tenaient chaque premier vendredi du mois de mai à celui d’octobre, ils accueillaient jusqu’à 25 000 visiteurs impatients de voyager par les papilles en dégustant des spécialités et des créations du monde entier.

Coup de barre pandémique

Dire que la COVID-19 a nui aux restaurateurs de rue serait un euphémisme. Gaëlle Cerf y a perdu son mythique camion Grumman 78, et l’ARRQ, la moitié de ses membres. Mais d’autres se sont accrochés.

« Ça a été un coup dans la face, c’est sûr », admet le propriétaire du CRémy et de ses célèbres beignes, Rémy Couture. Il a néanmoins trouvé une façon de se réinventer en transformant sa boutique en comptoir-vitrine — un clin d’œil aux camions de rue —, en misant sur sa boutique en ligne et en introduisant des produits en épicerie.

Les Premiers Vendredis sont devenus avec les années une tradition que les gens se sont totalement appropriée et qui fait maintenant partie du paysage culturel québécois

 

Krolos Raposo et sa mère Marisol, à l’origine de Paella Marisol, un concept festif présentant sous tente des paellas géantes, avaient de leur côté le vent dans les voiles quand la pandémie a frappé. « Comme notre modèle d’affaires reposait sur les événements et les traiteurs de plus de 20 personnes, tous nos revenus ont été coupés du jour au lendemain », raconte Krolos Raposo. Pour survivre, les Raposo se sont notamment tournés vers la vente en ligne de boîtes de paella prête à cuisiner « Mais la machine est repartie cet été, assure le restaurateur. Je vois aussi la tenue des Premiers Vendredis comme un retour à la normale, c’est rassurant. »

Nouvelle formule, même ambiance

Cette année, les Premiers Vendredis n’auront pas lieu une seule journée, mais trois d’affilée, les fins de semaine du 3 au 5 septembre et du 1er au 3 octobre, afin de mieux répartir l’achalandage. Un parcours sera également mis en place, avec une entrée et une sortie, pour favoriser la circulation des visiteurs. « Mais je ne me fais pas de souci, indique Gaëlle Cerf. Notre terrain est très vaste, et de grandes terrasses thématiques avec plus de 2000 places assises seront en place. »

La formule initiale de l’événement changera donc un peu, mais l’esprit rassembleur qui l’anime demeurera le même. Des groupes de musique et des activités seront au rendez-vous, de même qu’une quarantaine de restaurateurs de rue dans des camions, des remorques et des étals.

Photo: Bruno Destombes Pandémie oblige, l'événement aura lieu sur trois journées d'affilée afin de mieux répartir l’achalandage.

C’est d’ailleurs à bord de son gros motorisé que Kellycia Fafard-Lévesque proposera de nouveau les créations marines de Bleu Homard. Sa mère Nadia, qui la suit à 200 % dans cette aventure comme le reste de sa famille, est une fan assumée des Premiers Vendredis. « On adore l’ambiance qui y règne et l’idée de se retrouver entre foodtruckers. C’est une belle communauté. On goûte ce que font les autres, on jase, on s’entraide. On s’échange même de la bouffe pendant les rushs ! » s’exclame-t-elle.

« C’est aussi mon festival préféré, ajoute Krolos Raposo. Le concept est ludique et festif, les gens sont ouverts à la découverte. Je suis vraiment très content qu’il soit de retour. » Et qu’en pense Rémy Couture, qui a été présent tous les Premiers Vendredis depuis 2012 ? « Je l’ai dans mon cœur, la restauration de rue, avoue-t-il, et j’aime le fait d’être un peu les “lookis” de la bouffe. Oui, c’est exigeant, mais c’est tellement une belle vitrine. Alors, tant que les ventes seront bonnes et qu’une personne pourra conduire le truck, je continuerai. » Rendez-vous pris ! 

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