Saveurs - Le moulin banal des Tremblay

Jusqu'en 1854, le régime seigneurial obligeait les seigneurs de leur fief à construire, pour le développement de la communauté, un moulin à farine.

En contrepartie, les censitaires avaient l'obligation de faire moudre leurs grains et de laisser au seigneur un droit de mouture, appelé le quatorzième minot, qui correspondait à une compensation pour l'entretien et le salaire du meunier installé à demeure.

Depuis sa construction en 1790, rien ou presque n'a changé au moulin des Éboulements. À l'époque, on implantait les moulins à farine à l'endroit ou il y avait une rivière, que l'on canalisait dans un bassin d'eau réglementé par des écluses. L'eau, dirigée sur une glissoire, permettait ainsi d'activer la grande roue. Celle-ci, haute de 22 pieds et large de cinq pieds, est constituée de bois.

Elle comportait des palettes et 48 godets, jadis constitués de cuir, qui, lorsque remplis d'eau, permettaient d'actionner la roue. C'est au fils aîné Jean-François Tremblay que le père, Étienne, devenu seigneur, confia la construction du moulin actuel.

Jusqu'en 1854, date de l'abolition du système seigneurial, le moulin changera maintes fois de propriétaire.

En 1948, le père de l'actuel meunier Henri-Paul Tremblay achète la propriété, qui commence à subir l'usure du temps après 175 ans d'opération. Dans les années 60, le moulin des Éboulements est acheté par l'association Héritage canadien du Québec, qui met en branle un plan de rajeunissement du moulin, plan qui s'avère à ce jour être un succès de conservation du patrimoine québécois.

Le meunier Tremblay en confie les rênes à son fils Jean-Guy, qui complète la remise en état du moulin, allant même jusqu'à fabriquer à la main les pièces manquantes.

Meunier tu mouds, ton moulin va tourner

Jean-Guy Tremblay, meunier de son état, connaît tous les secrets de son moulin, comme le mouvement rotatif qui actionne les deux meules de pierre.

Les courroies et les engrenages permettant l'entraînement des différentes machines propres à la réalisation de la farine fonctionnent en harmonie dans un ronronnement d'horlogerie que le meunier surveille avec un intérêt inchangé.

La magnifique bâtisse, ouverte à la visite, se compose d'une maçonnerie par endroits épaisse de huit pieds de large. Des fermes typiques de l'époque sont formées de deux chevrons. Pannes, entretoises et croix de saint André apportent à la toiture la solidité nécessaire.

De larges planches ou solives supportent la trieuse à grains ou la bluterie qui ramène la farine dans différents tamis. Chaque jour ou presque, le moulin banal des Éboulements revit l'époque des fours à bois et du pain non blanchi, que l'on ravive avec émotion.

La farine meulée sur place est largement vendue aux touristes ou amateurs de passage, mais permet aussi au boulanger local d'exercer une fois par semaine — soit le mardi — l'art de la boulange et de la cuisson au bois.

Même si le pain n'est pas celui auquel l'on souhaiterait s'attendre, le côté sentimental et l'attachement des lieux comblent largement nos attentes.

Comme jadis, le meunier et sa famille habitent les lieux et sont toujours en veille sur place. Selon la règle en vigueur, le meunier à demeure doit veiller aux crues et au bon fonctionnement de son moulin.

Les Tremblay perpétuent un savoir unique qu'il faut préserver. Le moulin des Éboulements est un témoignage éloquent d'un métier digne et noble qu'est celui de meunier.

Au moulin banal, la farine prend une autre couleur et un autre goût. Depuis quelques années, Jean-Guy Tremblay, tantôt charpentier, tantôt farinier et tantôt meunier, peut dormir tranquille, car son moulin va très bien.

Moulin seigneurial des Éboulements

157, rue Principale

Les Éboulements (418) 635-2239

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Biblioscopie

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Brigitte Namour

Éditions Albin Michel, imprimé en France, 2004, 61 pages

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Gastroscopie

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