Le Mexique rue Saint-Denis, comme à la maison

Détrompez vous si vous pensez au départ que la cuisine mexicaine est toujours la même avec les tacos, nachos, et guacamole de circonstance. Les chaînes opérant dans les années 80 nous ont habitués à un style de restauration bien différent de celui proposé par les propriétaires du petit resto terrasse Mexicasa de la rue Saint-Denis. Eux, ce sont des purs et durs de la tradition culinaire mexicaine qui vont jusqu'à faire des tortillas maison. Avec la chaleur moite et le bruit de la rue, on pourrait facilement s'imaginer dans les rues d'Ixtapa ou de Mexico, klaxons et Volkswagen en moins. Lorsqu'on arrive, la petite terrasse nous accueille avec ses lampions suspendus et enrubannés de tissus, éclairant et teintant l'atmosphère de la nuit qui s'annonce belle.

À l'intérieur de la salle, un carrelage et des tables de bois recouvertes d'une céramique mexicaine nous invitent à la relaxation parfaite pour ce temps de l'année. Au fond de la petite salle, un comptoir réfrigéré délimite la séparation affectueuse de la salle et de la cuisine. Cette cuisine est affaire de famille et la maman utilise fils et neveux tant pour les préparations que pour le service aux tables. Le menu est présenté dans le plus pur style en vigueur au Mexique, c'est-à-dire «voyant». Tout s'y ressemble, et les couleurs fades de mole ou d'un tampiquena (steak avec fèves, rajas et riz) n'invitent pas nécessairement au voyage gourmand. Il faut donc vous fier à votre intuition, ou encore au descriptif de la patronne si vous ne voulez pas tomber comme moi dans l'embuscade de l'abondance et du manque d'initiation.

Je m'attendais à consommer une tequilla spéciale ou une Corona bien fraîche avec une tranche lime poussant en orgueil du goulot. Jamais je ne pensais devoir consommer le piquant tendre et savoureux du chorizo avec un verre de limonade! Depuis plusieurs mois, le restaurant peine à obtenir son permis d'alcool, ce qui pousse les proprios à user de pardons, offrant en compensation des jus de fruits maison délicieux mais difficiles à marier aux plats du Mexique.

Sans rien dire et comme un grand garçon, j'optais pour le queso fundido, qui se compose de fromage de vache fondu auquel on à ajouté des morceaux de chorizo. Le plat est servi dans un petit caquelon de terre cuite mexicaine qu'une chandelle en chauffe-plat conserve à bonne température durant le repas. Le plat délicieux et goûteux (6,50 $) pourrait facilement satisfaire deux personnes lors d'un repas et s'accompagne avec bénéfice de tortillas chauds servis dans une serviette. La purée de fèves brunes ou rouges fait partie de bon nombre de préparations de recettes au Mexique et agit aussi à titre d'adoucisseur bien que l'on ait pensé dans le restaurant ajouter le piment à part. Le deuxième plat choisi (conchinita pibil, 12,95 $) est un des classiques mexicains qui peut, comme ce fut le cas ici, être servi et cuisiné de la bonne façon. Un mélange de porc rôti et mariné de sauce épicée légèrement sucrée laissait découvrir le talent de la cuisinière. Accompagné de riz et de la purée de haricots rouges, le mélange était, lui aussi, servi avec des tortillas et de petits piments forts délicieux.

Moi qui voulais couler au fond d'une piscine ou faire la sieste... On me proposa un gâteau maison aux trois laits et je finis à force de tordage de bras et de sourires contagieux par me laisser tenter. La chair est faible et le péché facile lorsque l'on parle chez moi de dessert. Bon mal m'en pris, car j'ai découvert dans cette préparation une des meilleures recettes maison jamais goûtée. Un gâteau moelleux et onctueux terminais ma réconciliation avec la restauration mexicaine. J'étais prêt pour les mariachis et la nuit montréalaise, mais je dus me contenter d'une balade et d'un survol des terrasses de la rue Saint-Denis, qui nous font tant aimer l'été à Montréal en Mexique.

Restaurant Mexicasa

4118, rue Saint-Denis

Montréal, (514) 282-6418

Prix payé pour un copieux repas avec taxes, services, limonade, café, deux plats et gâteau: 30 $.

- Plus: le charme sans faille et la cuisine des proprios.

- Moins: le manque de boissons alcoolisées .