Les fines herbes au jardin en 4 questions (et une recette)

Catherine Girouard
Directrice des publications spéciales
Toutes les fines herbes peuvent être appropriées à toutes les zones de rusticité, mais il suffit de choisir le bon type de thym selon sa zone, par exemple.
Illustration: Getty Images Toutes les fines herbes peuvent être appropriées à toutes les zones de rusticité, mais il suffit de choisir le bon type de thym selon sa zone, par exemple.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Synonymes de fraîcheur dans l’assiette et d’arômes au jardin, les fines herbes donnent envie aux jardiniers débutants comme aux plus expérimentés de leur faire une place en terre ou en pot à la maison. Pour savoir comment bien les choisir et quoi en faire pour en profiter au maximum, l’agronome urbaine, autrice de plusieurs livres de jardinage, dont Les fines herbes, de la terre à la table, et formatrice Lili Michaud répond à nos questions.


 

Comment choisir les bonnes fines herbes à planter dans son jardin ?

D’abord, il faut les choisir selon nos goûts. Ce n’est pas tout de les cultiver, il faut les utiliser ! Ensuite, il faut surtout considérer sa zone de rusticité pour ce qui est de nos choix de fines herbes vivaces. Si j’habite à Montréal (zone 5), à Québec ou Sherbrooke (zone 4) ou encore en Gaspésie (zone 3 ou 4), les choix devront être différents. Une plante rustique, c’est une plante qui survit à l’hiver et qui est adaptée aux conditions hivernales. Toutes les fines herbes peuvent être appropriées à toutes les zones, mais il suffit de choisir le bon type de thym selon sa zone, par exemple. Ou sinon, on peut cultiver des herbes rustiques comme des fines herbes annuelles sans problème, mais en considérant qu’elles ne survivront pas à l’hiver si on les laisse à l’extérieur. Pour les annuelles, les zones ne sont pas un enjeu.

Y a-t-il des variétés qui seront plus adaptées à la culture en pot, par exemple en milieu urbain, et d’autres en terre ?

La culture en pot convient très bien à toutes les fines herbes annuelles, et c’est même très avantageux. Les fines herbes aiment la chaleur. Le terreau est plus chaud en pot et les fines herbes adorent ça. À partir du moment où l’on cultive des vivaces, c’est par contre plus risqué. Si le pot est plus chaud l’été, il est plus froid l’hiver. Les racines sont alors plus exposées au froid et il y a plus de risque de gel. Si on est en zone 5, par exemple, et qu’on veut qu’elles survivent en pot, il faudrait cultiver des fines herbes de zone 4 ou 3. L’idéal pour passer l’hiver, ce sont les sacs en géotextile. Et de façon générale, pour toutes les fines herbes, un pot poreux est l’idéal. J’aime beaucoup les pots en terre cuite pour les annuelles, les bisannuelles ou les vivaces non rustiques qu’on voudra rentrer à l’intérieur à l’automne.

Est-ce le temps de planter les fines herbes à l’extérieur ?

Pour les zones 4 et 5, oui c’est le temps pour la majorité des fines herbes sauf pour le basilic. On doit attendre une dizaine de jours encore pour celui-ci, qui est excessivement sensible au gel et au froid.

Quels sont les incontournables de votre propre jardin ?

Elles sont toutes des incontournables ! (rire) J’en ai vraiment beaucoup ! Je pense qu’il n’y a pas une journée dans l’année où je ne consomme pas mes fines herbes. Une fois qu’on a connu la qualité de nos fines herbes, quand on le fait soi-même dans les règles de l’art, on comprend que la saveur est beaucoup plus concentrée que ce qu’on a habituellement en magasin. J’en utilise plusieurs pour cuisiner, mais également pour faire des infusions et des tisanes. Et ces herbes sont réellement mes incontournables. Je n’achète plus de petits sachets de tisane de qualité discutable. Le basilic sacré, j’adore ça en tisane. La camomille aussi. On doit prendre son temps pour récolter les petites fleurs de camomille une à une. C’est tout aussi reposant que de la boire ! J’adore aussi les agastaches. C’est une plante décorative peu connue. C’est très joli avec ses épis bleus et parfois blancs, et ce sont des fleurs très attractives pour les pollinisateurs. J’aime aussi la mélisse et la verveine citronnelle. La menthe aussi évidemment, tant qu’on s’organise pour qu’elle n’envahisse pas tout le jardin, surtout quand il est petit. Je conseille de la cultiver dans les pots de pépinières, les pots noirs dans lesquels on vend des arbustes. On plante le plant de menthe dans ce pot, et on enfouit ensuite ce pot dans le sol.

Les formations en ligne sur les fines herbes sont disponibles en tout temps sur le site Web de Lili Michaud.

Pâtes à la sauge et haricots blancs

C’est un menu complet, protéiné et simple. Conçu par Marie-Lou Roy, qui signe toutes les recettes qu’on retrouve dans son livre Les fines herbes, de la terre à la table, ce plat est un coup de cœur pour Lili Michaud. « Les goûts, ça se développe. Je n’aimais pas la sauge auparavant. Et grâce à cette recette, je l’adore », raconte l’agronome.

Pour 4 portions

INGRÉDIENTS

  • 300 g de tagliatelles
  • 4 c. à soupe d’huile d’olive
  • 2 gousses d’ail
  • 4 c. à soupe de sauge fraîche hachée (ou 5 c. à thé de sauge séchée)
  • 2 tasses de haricots blancs cuits (équivaut à une conserve de 540 ml)
  • 4 tomates coupées en cubes
  • Sel, poivre et parmesan au goût
 

Cuire les pâtes dans l’eau bouillante salée. Conserver une demi-tasse d’eau de cuisson. Dans une marmite, faire revenir l’ail dans l’huile à feu doux. Ajouter ensuite la sauge et les haricots (après les avoir rincés sous l’eau), mélanger quelques minutes pour les réchauffer. Ajouter les tomates, les pâtes, le sel et le poivre. Si nécessaire ajouter un peu d’eau de cuisson des pâtes. Au service, saupoudrer de parmesan.

 

À voir en vidéo