En mai, on accueille les asperges, on honore le homard et on trinque au cidre!

Julie Aubé
Nutritionniste et autrice
Le homard frais du Québec est de retour pour transformer nos repas en véritables fêtes.
Photo: Getty Images Le homard frais du Québec est de retour pour transformer nos repas en véritables fêtes.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Chaque premier week-end du mois, la nutritionniste et autrice Julie Aubé propose dans le cahier Plaisir dix trucs, conseils, astuces, outils et informations pertinentes de toutes sortes pour mettre le Québec dans nos assiettes. Comme quoi il est possible de manger « local » toute l’année en suivant le calendrier des récoltes et en mettant les produits d’ici en vedette de mille façons.


 

Pour inviter la proximité au menu, en mai, c’est le temps de…

1. Mettre au menu les têtes-de-violon

Issues de la cueillette sauvage, les têtes-de-violon, aussi appelées crosses de fougère, sont les feuilles immatures (enroulées sur elles-mêmes en colimaçon) de la fougère-à-l’autruche. Pour les cuire de façon sécuritaire, les recommandations officielles sont de les faire bouillir 15 minutes ou de les cuire à la vapeur de 10 à 12 minutes. Plusieurs cueilleurs professionnels consciencieux suggèrent une méthode de cuisson dans deux eaux, trois minutes chaque fois. Une fois cuites, les têtes-de-violon offrent un goût de forêt unique que l’on savoure d’une multitude de façons : en accompagnement avec une vinaigrette, en garniture sur une pizza ou un plat de pâtes, dans une quiche, sur une salade printanière… et ainsi de suite, au fil de nos inspirations !

2. Honorer le homard

Le homard frais du Québec est de retour pour transformer nos repas en véritables fêtes. Que l’on préfère faire bouillir le homard ou le faire cuire à la vapeur, on s’assure d’utiliser une eau bien salée et d’enlever les élastiques. Lorsqu’on les retire de la marmite, on plonge les homards dans l’eau glacée, sans quoi la cuisson se poursuit et la chair peut devenir caoutchouteuse. Curieux de savoir qui a pêché votre homard ? En inscrivant le numéro indiqué sur les médaillons des homards gaspésiens sur monhomard.ca, on découvre « son » pêcheur, le nom de son bateau, sa zone de pêche et autres informations qui ajoutent une touche unique de proximité au festin. Pour faire durer le plaisir, il est possible de préparer une bisque avec les carapaces.

3. Lever son verre à la Semaine du cidre du Québec

Du 6 mai au 16 mai, la Semaine du cidre du Québec revient pour une 5e édition en proposant différentes activités alléchantes : dégustations extérieures à la cidrerie, ateliers en ligne, vidéoconférences, « 5 à cidre » virtuels et concours figurent à la programmation. Plusieurs cidriculteurs profitent d’ailleurs de cette semaine spéciale pour lancer de nouveaux produits.

4. Accueillir les asperges

La saison de l’asperge est relativement courte. Selon les régions et les saisons, elle s’étale généralement de la fête des Mères à la fête des Pères. On en profite pour la déguster souvent, tantôt crue, tantôt cuite. Qu’elles soient fines ou charnues, vertes ou blanches (celles qui poussent sous butte pour ne pas développer leur chlorophylle), les asperges sont toutes exquises. Pour une cuisson réussie, l’idéal est d’avoir des asperges de calibre similaire, et de ne pas trop les cuire afin de conserver un goût, une texture et une couleur optimaux. Et quel régal !

5. Célébrer la fête des Mères en saveurs

Si on additionne les points 1 à 4, on obtient une formule tout indiquée pour célébrer la fête des Mères en couleurs et en saveurs ! Têtes-de-violon, asperges, homard et cidre, n’est-ce pas là une ébauche de festin qui pourrait ravir les mères de votre entourage le 9 mai prochain ?

6. Souligner la Journée internationale sans diète

Au Québec, ÉquiLibre souligne la Journée internationale sans diète le 6 mai de chaque année depuis 2007 en déployant différentes actions sur les thèmes de l’image corporelle et des dangers associés aux régimes. L’édition 2021 se déploie autour de « La bienveillance à plein régime ! ». Derrière l’idée de manger avec bienveillance, il y a celle de se nourrir avec douceur et sans pression, de viser l’équilibre plutôt que la perfection, de répondre à ses besoins en nutriments autant qu’en satisfaction, et de se reconnecter aux signaux de son corps tout en cultivant le plaisir tous les jours dans son alimentation. Deux vidéos et plusieurs articles sont disponibles sur le site equilibre.ca/bienveillance.

7. Savourer le pissenlit

Certains les combattent. D’autres les invitent à leur table ! Les jeunes feuilles dentées du pissenlit récoltées en mai ajoutent une douce amertume aux salades printanières. On peut également les cuire à la manière des épinards. Les pompons jaunes se mangent aussi. Entiers, enrobés de détrempe à crêpes et dorés à la poêle, ils peuvent devenir une sorte de croquette. On peut aussi détacher les fleurs jaunes du capitule (le pompon) et en décorer délicatement ses plats, de l’entrée au dessert. Certains préparent une gelée de pissenlit appelée cramaillote. D’autres (les plus patients !) récoltent les boutons floraux lorsqu’ils sont encore fermés pour les faire mariner et les utiliser à la manière de câpres. N’a-t-il pas plus d’un tour dans son sac, le joli pissenlit ?

8. Profiter des ventes de plants

Même si l’on fait des semis à la maison, on ne lance pas toujours soi-même tout ce que l’on souhaite planter au jardin ou dans ses bacs. Pour mettre la main sur une belle variété de plantes potagères, plusieurs fermes vendent de jeunes plants bien fringants ! L’onglet « liste ventes de plants » de l’Académie potagère permet de repérer celles qui en offrent près de chez soi.

9. Rechercher les morilles

Pour les amateurs de champignons, la star du printemps est la morille. Sa cueillette appelle à la lenteur : il faut être attentif pour repérer ces précieux champignons de forme conique au pied creux et au chapeau alvéolé, tantôt blond ou plutôt grisâtre à brun noirâtre. Il est possible de trouver des morilles auprès des cueilleurs, fraîches pour une courte période, mais séchées toute l’année. Les morilles, qu’on doit toujours cuire, sont délicieuses notamment en sauce à la crème.

10. Admirer les vergers en fleurs

Un arbre fruitier qui fleurit, promesse de futurs fruits, est de la poésie pour les yeux ! Pour assister au spectacle, mai est la période à surveiller. Qu’il y ait des fruitiers en fleur dans un parc de votre secteur ou un verger (ou une cidrerie) de votre coin de pays qui accueille les gens pour déguster ou pique-niquer, prenez le temps de vous émerveiller !

Joyeux et savoureux mois de mai à tous !

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