En mars, on célèbre l’érable, on se trouve un fermier de famille et on trinque au printemps!

Julie Aubé
Nutritionniste et autrice
Plusieurs cabanes à sucre offrent des menus à savourer chez soi.
Photo: iStock Plusieurs cabanes à sucre offrent des menus à savourer chez soi.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Chaque premier week-end du mois, la nutritionniste et autrice Julie Aubé proposera dans le cahier Plaisirs 10 trucs, conseils, astuces, outils et informations pertinentes de toutes sortes pour mettre le Québec dans nos assiettes. Comme quoi, c’est possible de manger local à l’année en suivant le calendrier des récoltes et en mettant les produits d’ici en vedette de mille façons. Première chronique de cette nouvelle collaboration.


Pour inviter la proximité au menu, en mars, c’est le temps de…

1. Commander ses semences (si ce n’est pas déjà fait !).

L’engouement pour le jardinage est à la hausse, et les artisans-semenciers croulent sous les commandes. Si vous avez envie de commencer vos semis, ne tardez pas à dénicher ce qui vous inspire. Vous trouverez une liste de semenciers artisans sur le site de l’illustratrice Laucolo.

2. Injecter une savoureuse dose de solidarité à son approvisionnement en s’abonnant à un panier bio.

Le Réseau des fermiers de famille, géré par la Coopérative pour l’agriculture de proximité écologique, célèbre cette année son 25e anniversaire avec un nombre record de 145 fermes membres. Elles commenceront leurs livraisons (hebdomadaires ou toutes les deux semaines, selon les formules) au début de l’été, mais les inscriptions sont déjà ouvertes pour la plupart d’entre elles. Gageons qu’avec l’intérêt grandissant pour l’alimentation de proximité, les paniers disponibles pourraient s’envoler rapidement. Comme pour les commandes de semis, ne tardez pas !

3. Savourer un festin des sucres… à la maison !

Pour que puissent revenir les repas traditionnels dans les chaleureuses salles à manger de nos cabanes préférées, celles-ci doivent traverser cette période difficile. Pour les soutenir tout en se régalant, on s’informe sur les plats pour emporter des cabanes qu’on aime ou on en découvre de nouvelles en visitant la plateforme Macabanealamaison.com, un projet qui rassemble près de 70 cabanes à sucre offrant des menus à savourer chez soi.  

4. Trinquer au printemps !

Si vous aimez les bières corsées, la microbrasserie Dieu du ciel ! propose chaque année, en mars, une scotch ale appelée Équinoxe du printemps, brassée avec du sirop d’érable. Peu amère et caractérisée par des notes de caramel, elle accompagne à merveille le jambon de votre repas de cabane !

5. Consulter la version 2021 de la liste des espèces valorisées élaborée par Fourchette bleue.

Elle vient de paraître. Cette liste annuelle, disponible sur le site d’Exploramer, rassemble des espèces comestibles abondantes dans le Saint-Laurent, pêchées de manière respectueuse et qui ont besoin d’un coup de pouce pour se faire mieux connaître. On s’en inspire pour s’informer auprès de notre poissonnier et imaginer nos menus à saveur du Saint-Laurent.

6. Oser l’oursin.

Comestible lorsque l’eau est froide, à l’automne et maintenant, en mars, l’oursin se fait rare dans nos assiettes. Pourtant, ses gonades (la partie orangée) sont délicieuses dégustées crues avec une mignonnette, ajoutées à une mayonnaise ou encore à un plat de pâtes aux fruits de mer. Malgré ses piquants, l’oursin est aussi facile à ouvrir qu’une huître (sinon plus !). Pour ce faire, on le tient dans une main avec un gant ou un linge et, avec l’autre, on découpe un cercle à l’aide de ciseaux sur sa partie ventrale, ce qui permet de vider son contenu dans un bol pour récupérer les gonades.

7. Célébrer nos racines, de toutes les formes et de toutes les couleurs !

Carotte, oignon, panais, navet, rutabaga, topinambour, céleri-rave, panais, radis d’hiver, betterave et j’en passe. Il y a réellement de quoi varier les idées de jour en jour en passant des salades aux légumes rôtis, des gratins aux potages, des croquettes aux fermentations. Même en dessert, elles trouvent leur place (qui n’aime pas le gâteau aux carottes ?). D’ailleurs, pour le plaisir de varier, il est possible de remplacer la carotte râpée par le panais râpé dans votre recette préférée de gâteau ou de muffins aux carottes.

8. Verdir ses assiettes grâce aux micropousses.

De toutes les couleurs que peuvent prendre les racines, c’est le vert qui se fait plus rare pendant l’hiver. Durant la belle saison, on prévoit le coup en congelant du brocoli et du pesto. Et durant les mois plus froids, on invite les micropousses dans l’assiette ! Plusieurs producteurs locaux en offrent de toutes les sortes (tournesol, coriandre, radis, brocoli…) et, si le cœur nous en dit, on peut aussi apprendre à en faire pousser à la maison. Pour ceux qui ne se sont jamais prêtés au jeu, quelques infos de base utiles ici.

9. Prévoir ses gourmandises chocolatées.

Pâques arrive si tôt en avril cette année que, si on souhaite avoir trouvé, réservé ou reçu à temps les chocolats commandés, mieux vaut s’y prendre en mars. Il ne pousse pas en sol québécois le cacao, mais nous avons de nombreux chocolatiers dans nos quartiers et nos villages qui sont soucieux d’approvisionnement respectueux et qui fabriquent artisanalement des gâteries à se rouler par terre, tels que Palette de bine (Mont-Tremblant) et Chaleur B chocolat (Carleton-sur-mer), pour ne nommer que ceux-là. Délicieuse occasion de miser sur la qualité et la proximité plutôt que sur la quantité !

10. Saluer les nutritionnistes !

Cette nouvelle chronique commence en mars, en plein mois de la nutrition. Je brise la glace en saluant mes collègues nutritionnistes qui, au quotidien, aident les gens à bien manger. En mars, saluez ceux et celles que vous connaissez ou croisez ! Joyeux et savoureux mois de mars à tous !

À voir en vidéo