2021, l'année internationale des fruits et légumes

Catherine Lefebvre Collaboration spéciale
Selon les plus récentes données de Statistique Canada, seulement le tiers des adultes québécois consomment plus de cinq portions de fruits et de légumes par jour.
Photo: Catherine Lefebvre Selon les plus récentes données de Statistique Canada, seulement le tiers des adultes québécois consomment plus de cinq portions de fruits et de légumes par jour.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Les études scientifiques le confirment depuis plusieurs années. Les fruits et légumes sont des alliés de taille pour contribuer à la santé globale de la population mondiale. Plus récemment, le rapport de la commission EAT-Lancet ayant pour objectif de formuler des recommandations pour une alimentation saine et une production alimentaire durable a placé les végétaux en tête de liste. Aujourd’hui, l’ONU confirme leur importance en déclarant 2021 l’Année internationale des fruits et légumes.

« Les fruits et légumes sont le fondement d’une alimentation saine et variée, a déclaré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Ils apportent à l’organisme une abondance de nutriments, renforcent le système immunitaire et contribuent à réduire les risques de maladies. Et pourtant, malgré ces avantages considérables, nous n’en consommons pas assez. » En effet, selon les plus récentes données de Statistique Canada, seulement le tiers des adultes québécois consomment plus de cinq portions de fruits et de légumes par jour.

Qui plus est, selon une étude de l’Université de la Colombie-Britannique portant sur les différences dans la quantité et les types d’aliments et de boissons consommés par les Canadiens entre 2004 et 2015, la consommation de fruits et légumes aurait même légèrement diminué chez les adolescents, les adultes et les personnes âgées. « C’est l’équivalent en moyenne d’une portion de moins par personne par jour », précise Claire Tugault-Lafleur, l’une des auteures de l’étude.

La lueur d’espoir dans tout ça est que de plus en plus d’initiatives sont mises en place pour favoriser l’accès aux fruits et légumes pour tous.

Quand l’ONU s’en mêle

En déclarant 2021 l’Année internationale des fruits et légumes, l’ONU s’engage justement à tenir un sommet mondial sur les systèmes alimentaires avec plusieurs acteurs gouvernementaux dans le but de les inciter à « rendre les systèmes alimentaires plus inclusifs, plus résilients et plus durables, en plus de sensibiliser la communauté internationale afin d’obtenir des engagements et des mesures qui transformeront les systèmes alimentaires pour éliminer la faim, faire reculer les maladies d’origine alimentaire, tout en soignant la planète. » Il va sans dire que, malgré toutes les bonnes intentions des citoyens du monde entier, les grands changements dans les pratiques agroalimentaires passent surtout par les politiques.

Or, pour atteindre collectivement les objectifs fixés par l’ONU, les instances gouvernementales à tous les niveaux — municipal, provincial et fédéral — devront étudier, repenser et améliorer les façons de produire et de consommer les aliments, afin que toutes et tous puissent avoir accès à une alimentation diversifiée et à un coût abordable.

Si une telle déclaration de l’ONU ne change pas grand-chose dans le quotidien des consommateurs, elle sert toutefois de levier aux organismes et associations de producteurs qui souhaitent présenter divers programmes de valorisation et d’accès aux fruits et légumes. Au niveau municipal par exemple, le Laboratoire d’innovation urbaine de Montréal — en collaboration avec le Carrefour alimentaire Centre-Sud — a récemment lancé la Carte Proximité, fermière et solidaire, une formule d’achat subventionné inspirée des coupons alimentaires pour permettre aux usagers de se procurer des produits locaux non transformés dans des kiosques maraîchers répartis sur le territoire montréalais.

Au niveau provincial, l’Association québécoise de la distribution de fruits et légumes (AQDFL) a lancé en 2018 le mouvement J’aime les fruits et légumes dans le but de « sensibiliser les consommateurs à l’importance de la consommation de fruits et légumes dans l’adoption de saines habitudes de vie ». Bien consciente de la barrière que le prix représente pour certains, elle propose régulièrement des comparatifs de prix pour présenter des options variées et abordables de fruits et légumes au fil des saisons. De plus, elle est en discussion avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour élargir son plan d’action.   

Et nous là-dedans ?

Individuellement, nous pouvons certainement faire des gestes concrets pour faire plus de place aux fruits et légumes dans notre assiette. Nous pouvons par exemple nous abonner aux paniers bios. Les inscriptions ont d’ailleurs lieu vers le mois de mars pour la plupart des maraîchers faisant partie du Réseau des fermiers de famille. Cela nous permet entre autres de suivre plus facilement le rythme des saisons, de rencontrer notre maraîcher et d’encourager une agriculture biologique de proximité.

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