Hymne à la soupe

Jessica Dostie Collaboration spéciale
Dans son dernier livre de recettes, Geneviève Everell partage son amour pour la soupe-repas (comme sa soupe Teriyaki maïs).
Photo: Sarah Laroche Dans son dernier livre de recettes, Geneviève Everell partage son amour pour la soupe-repas (comme sa soupe Teriyaki maïs).

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

La nuit tombe dès 17 h et on a ressorti tuques, mitaines et bottes. Pas de doute, novembre est bel et bien là. Et alors que les températures se mettent à descendre de plus en plus souvent au-dessous de zéro, on trouvera bien un peu de chaleur et de réconfort dans un bol de soupe fumant. Surtout dans le contexte actuel. Portrait d’un mets rassérénant qui se déguste sans prétention.

En matière de gastronomie, on fait difficilement plus simple. « [La soupe] demande peu et offre beaucoup », écrit d’ailleurs Josée di Stasio dans À la soupe (Flammarion Québec), son ouvrage consacré aux bouillons et potages en tout genre.

L’animatrice n’est pas la seule à déclarer son amour pour ce plat sans prétention. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Geneviève Everell, alias Miss Sushi, admet également être une « fan finie » de la soupe, et en particulier de la soupe-repas. « J’aime tellement ça ! s’exclame-t-elle en introduction de Soupes-repas. 110 recettes originales d’inspiration asiatique, dernier livre de recettes, qu’elle vient de publier aux Éditions Goélette. Je ferais des kilomètres pour aller manger la soupe que j’aime. » Rien que ça !

Pourtant, celle que l’on connaît d’abord et avant tout pour sa passion des sushis s’est découvert un amour pour les bouillons aromatiques sur le tard. « C’est seulement en arrivant à Montréal, il y a quelques années, que j’ai goûté pour la première fois de vraies bonnes soupes ramen, raconte-t-elle en entretien téléphonique. J’ai tout de suite voulu apprendre comment les cuisiner. »

C’est une des choses qu’elle aime le plus faire dans la vie, déclare-t-elle : « Je me suis donné la mission de réinventer des recettes qui nous semblent difficiles à faire à la maison afin de les démocratiser. Même si je n’ai pas la prétention d’égaler la soupe des petits restos typiques, où rien n’est laissé au hasard, j’essaie de reproduire le réconfort qu’elle me procure. Il n’y a rien de tel que de passer un bon moment avec les gens que j’aime en mangeant une ramen ! »

Réconfort à papa

Pour Geneviève Everell, la soupe a ce petit côté rassérénant qui rappelle les classiques de son père. « Il pige toujours dans le même registre de recettes réconfortantes », dit-elle. L’autrice lui a même fait un clin d’œil dans son livre en imaginant une soupe mettant en vedette son fameux rôti de palette.

« La recette lui vient de ma grand-mère, qui l’avait elle-même probablement trouvée dans un des livres de Jehane Benoît », raconte-t-elle.

Le secret est dans le bouillon

La qualité première d’une bonne soupe ? « Le bouillon », répond Geneviève Everell, qui en propose pas moins de 12 déclinaisons dans Soupes-repas. Pour le réussir à la perfection, la foodie y va de quelques conseils simplissimes.

D’abord, on n’utilise que des ingrédients de qualité. « Quand on a de bons ingrédients sous la main, c’est facile de cuisiner quelque chose de délicieux à la maison », croit-elle. Pour dénicher les spécialités asiatiques qu’elle affectionne particulièrement, Geneviève Everell suggère d’aller faire un tour dans les épiceries spécialisées, comme le Marché Hawaï ou Kim Phat, à Montréal, ou encore La Montagne dorée, à Québec. Même en région, les sections de produits asiatiques des supermarchés sont de mieux en mieux garnies, souligne-t-elle.

Ensuite, pour maximiser le mariage des saveurs, on s’assure de faire mijoter longtemps à feu doux. « Il n’est pas rare que je laisse mijoter mes bouillons quelques heures pour qu’ils s’imprègnent du goût des épices et des autres aromates », précise l’autrice.

Il ne restera alors qu’à ajouter les légumes, les nouilles et la protéine de son choix. « Je recommande de faire cuire les nouilles ou le riz à part et de les intégrer à la toute fin. Ça évite d’avoir des nouilles trop cuites qui auront absorbé tout le liquide. »

Cela dit, conclut Geneviève Everell, les meilleures soupes sont toujours celles qui ont été mitonnées avec amour. Pas plus compliqué !

Des trucs infaillibles

Notre soupe est trop salée ou trop liquide ? Voici les conseils de Geneviève Everell pour rectifier le tir.

• Si la soupe est trop salée :
« On peut ajouter un peu de sirop d’érable ou une sauce sucrée, comme la sauce hoisin. »

• Si la soupe est trop sucrée :
« On essaie de rééquilibrer les saveurs avec de la pâte de tomates. »

• Si la soupe est trop liquide :
« On l’épaissit en ajoutant de la fécule de maïs délayée dans un peu d’eau froide. »