L’épicerie de quartier à la rescousse

Le Comptoir Sainte-Cécile, installé depuis quelques années dans le quartier Villeray, a décidé de se tourner vers les commandes en ligne en réponse aux mesures de confinement. Sur la photo, la copropriétaire de l’épicerie de quartier, Adèle Prud’homme.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le Comptoir Sainte-Cécile, installé depuis quelques années dans le quartier Villeray, a décidé de se tourner vers les commandes en ligne en réponse aux mesures de confinement. Sur la photo, la copropriétaire de l’épicerie de quartier, Adèle Prud’homme.

Avec l’appel à la consommation locale renforcé par la crise actuelle, les épiceries de quartier, avec leurs comptoirs de prêt-à-manger, volent aujourd’hui la vedette. Souvent fréquentés par des habitués, ces commerces de proximité offrent des choix santé aux gens pressés ou simplement une pause de fourneaux aux parents déjà bien occupés. Malgré une offre un peu plus nichée, les voilà maintenant élevés au rang de service essentiel.

Le Comptoir Sainte-Cécile, installé depuis quelques années dans le quartier Villeray, se spécialise dans le prêt-à-manger frais ou surgelé. « On n’est pas une épicerie fine, on a une offre plus familiale que raffinée », précise rapidement Ségué Lepage, copropriétaire de l’entreprise. Avec sa partenaire d’affaires Adèle Prud’homme, ils garnissent les frigos de plats classiques ou réinventés. Soupes, chilis, repas de saumon ou de courge spaghetti, tous trouvent de quoi se régaler à bons prix. Les biscuits prêts-à-cuire ou le gâteau décadent au chocolat comblent les dents plus sucrées. Sur les tablettes, on retrouve aussi quelques marinades et tartinades maison, des chips, du café et des laits végétaux pour agrémenter apéros et petits-déjeuners.

En temps normal, il est possible de profiter du charmant petit local pour savourer sur place quelques sandwichs, soupes et salades déclinés à l’ardoise, ainsi qu’un très populaire menu brunch le week-end. L’endroit étant propice au flânage, les gens du quartier ont pris l’habitude de s’y rassembler. C’est entre autres la raison pour laquelle il était préférable de fermer l’accès au commerce en mars dernier. « L’étroitesse du local et la cuisine de production ouverte ne permettaient pas une distance sécuritaire entre les clients et nous », confie Ségué. Le tandem a rapidement décidé de se tourner vers une toute nouvelle avenue pour eux, les commandes en ligne. En quelques jours seulement, la totalité de leurs items se sont retrouvés sur une plateforme numérique, hébergée par Koomi, avec livraison offerte en option par La roue libre.

On assemble les commandes dès qu’on les reçoit, pour être certains de ne pas perdre le fil 

Bières et vins du Québec

Sur les comptoirs où s’accoudent normalement les clients trône l’impressionnante sélection de bières et de vins du Québec. Les épiceries profitent depuis quelques années d’une loi enfin plus souple quant à la distribution de ces produits, qui ont désormais une place de choix sur leurs tablettes. Que ce soit la bière de la brasserie Auval, les vins du Domaine du Nival ou ceux du vignoble des Pervenches, tous très prisés, les précieuses bouteilles n’y font qu’un très court séjour.

Les amateurs restent à l’affût des publications de l’entreprise sur les réseaux sociaux ; ils disparaissent aussitôt mis en ligne. « On assemble les commandes dès qu’on les reçoit, pour être certains de ne pas perdre le fil », nous confirme Ségué, soucieux de l’efficacité de son système.

Les deux entrepreneurs sont conscients de leur « chance », ils bénéficient en ce moment d’arrivages plus fréquents. La plupart des producteurs ont en effet été contraints de redistribuer des lots de bières et de vins qui avaient été réservés par les restaurateurs avant la crise. Ségué et Adèle savent qu’ils ne pourront donc pas s’appuyer à long terme sur ces ventes éphémères.

La promesse du beau temps leur fait cependant entrevoir la possibilité de servir à nouveau leurs fameux sandwichs et leur très rafraîchissante limonade, par la fenêtre cette fois. Développer l’offre de prêt-à-griller et être un point de chute pour des paniers de légumes maraîchers permettra sans doute de retrouver une bribe de spontanéité dans la chaleur d’un bref regard échangé.

Le Comptoir Sainte-Cécile. Ouvert tous les jours, de 12 h à 17 h, pour la cueillette des précommandes.

Faire le plein de bonheur

Les longues files d’attente que l’on voyait avant la crise devant le restaurant Butterblume, dans le Mile-End, ont désormais migré de quelques mètres au sud devant leur coquette petite épicerie, ouverte depuis bientôt trois ans. Les événements récents auront au moins eu pour effet positif de nous faire découvrir — ou redécouvrir — cette petite caverne d’Ali Baba, secret qui était encore trop bien gardé. Ici, pas de commande en ligne ni de livraison, la très petite équipe doit se concentrer sur la production. Le chef Jens Ruoff y dévoile un talent digne de la haute gastronomie, mais qu’il concentre dans une belle sélection de plats réconfortants pour la maison. Les très populaires raviolis allemands maultasche, le succulent boudin et les käseknödels (sorte de boulettes de pain et de fromage) ne manquent pas de nous rappeler ses origines. Impossible de ne pas agripper au passage un biscuit chocolat et fleur de sel, une miche au levain ou un pot de tartinade chocolat noisette. Les glaces aux saveurs rafraîchissantes, telles que fraise et Earl Grey ou vanille et amandes caramélisées, sont offertes en petits et grands formats (demandez une cuillerée si vous désirez savourer sur-le-champ !). Un arrivage de fleurs hebdomadaire est également à surveiller, sans oublier une étonnante sélection de bières et vins d’ici.

Ouvert du lundi au samedi, de 11 h à 16 h.