L’art de célébrer le repas à la française

Le magret de canard aux oignons fumés, orge et champignons porcinis, plat du chef du Renoir Sofitel, Olivier Perret
Photo: Renoir Sofitel Le Carré Doré Le magret de canard aux oignons fumés, orge et champignons porcinis, plat du chef du Renoir Sofitel, Olivier Perret

La 5e édition de l’événement Goût de France aura lieu le 21 mars. Pour l’occasion, les chefs participants cuisineront un repas complet inspiré du repas gastronomique des Français, reconnu au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2010.

Devant cette prestigieuse reconnaissance, la France s’est engagée à transmettre les valeurs du repas gastronomique des Français aux autres, particulièrement aux générations futures. Comme l’indique l’UNESCO, ce patrimoine « met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. […] Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux. »

La convivialité à table est aussi reconnue comme un élément-clé pour encourager une relation saine avec les aliments, comme le recommande la plus récente version du Guide alimentaire canadien. Il est aussi à noter que, selon sa définition, la gastronomie est la connaissance de tout ce qui se rapporte à la cuisine, à la préparation des repas, à l’art de déguster et d’apprécier les mets.

Cela correspond donc autant aux repas raffinés qu’à ceux à la bonne franquette. C’est d’ailleurs dans ce sens que l’événement Goût de France est célébré.

« Nous voulons faire connaître ces repas qui sont le reflet de nos terroirs et des cultures qui s’y rattachent, explique Catherine Feuillet, consule générale de France à Montréal. C’est l’occasion de nous réunir, de passer du temps privilégié ensemble et de partager le goût du voyage. » De goûter la France, quoi !

 
Photo: Renoir Sofitel Le Carré Doré Homard de l’Atlantique et cochon de lait de la ferme Gaspor

D’ailleurs, la Provence est la région à l’honneur cette année. « Je suis nîmoise, donc la cuisine provençale évoque beaucoup de choses pour moi : le soleil, les repas de famille à l’extérieur et le chant des cigales », raconte Mme Feuillet. De quoi ajouter de la couleur et de la chaleur alors que les mois d’hiver semblent interminables.

Au Québec, c’est aussi une façon d’harmoniser les recettes françaises aux produits locaux. Parmi les restaurants participants, Olivier Perret, chef au Renoir à l’hôtel Sofitel Montréal Le Carré Doré, préparera un homard de l’Atlantique et cochon de la ferme Gaspor à Saint-Jérôme, ainsi qu’un magret de canard aux oignons fumés, orge et champignons porcinis.

Joindre l’utile à l’agréable

En plus de l’événement gastronomique du 21 mars, le Consulat général de France à Montréal a décidé d’entamer les célébrations une journée plus tôt pour faire connaître les divers métiers de bouche. Dans la même optique que Goût de France, 18 grands noms de la gastronomie québécoise et française seront rassemblés à la Galerie des Bronzes du Musée des beaux-arts de Montréal pour faire découvrir des classiques français conçus à partir d’ingrédients locaux en formule cocktail dînatoire.

Par exemple, les chefs Baptiste Peupion au Rosélys à l’hôtel Fairmont Le Reine Elizabeth et Helena Loureiro au Portus 360 et Helena prépareront un macaron à l’encre de seiche farci de brandade de morue salée et coulis de poivrons rouges, en plus de mini-barquettes de mousse de légumineuses, médaillon de poulpe et caviar d’esturgeon du lac Saint-Pierre.

Côté sucré, Jean-Marc Guillot, Meilleur ouvrier de France en 1997 et chef pâtissier à l’hôtel Fairmont Le Reine Elizabeth, et Arnaud Marchand, chef et copropriétaire du restaurant Chez Boulay à Québec, charmeront les papilles des convives avec un calisson à la façon du chef, un biscuit à la purée de pommes de terre et huile d’olive, accompagnés de fruits confits à l’anis, de crème légère au nougat et de glace royale scintillante aux zestes d’agrumes, ainsi qu’une tarte à l’argousier meringuée et carvi et son croustillant au thym.

Les billets sont vendus au coût de 30 $ par personne et tous les profits de cet événement seront remis à La Tablée des Chefs, un organisme qui a pour mission de nourrir les personnes dans le besoin et de développer l’éducation culinaire des jeunes. « Ce n’est pas facile de rassembler plusieurs chefs, le temps d’une soirée, raconte Olivier Perret, chef au Renoir. Et là, on a réussi à le faire autour d’une bonne cause. »

  
Photo: Renoir Sofitel Le Carré Doré Olivier Perret, chef du Renoir à l’hôtel Sofitel Montréal Le Carré Doré

Du côté de Québec, le Consulat général de France à Québec organise une soirée d’exception Goût de France le jeudi 21 mars à l’hôtel Fairmont Le Château Frontenac au profit de la Fondation Maison Dauphine, un organisme venant en aide aux jeunes de la rue.

Sur place, une dizaine de chefs, de producteurs et d’artisans culinaires québécois et français harmoniseront leurs savoir-faire pour concevoir des plats à leur image. Les billets sont aussi vendus au coût de 30 $ par personne.

Au-delà de la bonne cause

En plus de mettre le repas gastronomique des Français à l’avant-plan, Goût de France insiste pour que l’événement soit réalisé dans une démarche plus respectueuse des ressources de la planète.

« Goût de France est un moment privilégié pour nous rappeler que nous avons mis des siècles à développer les arts de la table et qu’il est de notre responsabilité de préserver ce précieux héritage en préservant les ressources de notre planète et en consommant de manière durable des produits locaux », conclut Catherine Feuillet.

  
Photo: Youri Forest / Consulat général de France à Montréal Catherine Feuillet, consule générale de France à Montréal

Ainsi, les célébrations entourant Goût de France se veulent une autre belle occasion de réfléchir à l’empreinte écologique de notre alimentation, en commençant par le gaspillage alimentaire.

Le choix de s’associer à La Tablée des Chefs est d’ailleurs très pertinent, étant donné leur service de récupération alimentaire dans les milieux de l’hôtellerie et de la restauration, par exemple.

Puis, mettre en valeur les produits locaux et de saison est aussi une excellente façon de prendre conscience de la richesse de notre propre terroir et de veiller à sa biodiversité.