Une petite révolution dans un tout-inclus près de chez vous

Plaisirs de la table et environnement sont exceptionnels au tout-inclus mexicain Grand Velas Los Cabos.
Photo: Carolyne Parent Plaisirs de la table et environnement sont exceptionnels au tout-inclus mexicain Grand Velas Los Cabos.

À chacun sa définition du luxe. Du côté des hôtels tout-inclus, ils sont treize à la douzaine à clamer leur somptuosité et autant à en décliner diverses variantes. L’été dernier, à l’occasion de la réouverture du Club Med Cefalù, en Sicile, et de son inclusion dans la nouvelle « Collection exclusive », le p.-d.g. mondial, Henri Giscard d’Estaing, avait retracé pour nous l’évolution de la notion de luxe : « Hier, c’était une débauche de gold and marble, disait-il. Aujourd’hui, pour la nouvelle clientèle, le luxe, c’est l’expérience, l’espace et la beauté naturelle de l’environnement. »

Bien dit, le mot clé ici étant « expérience ». Comme nous voyageons de plus en plus pour manger, l’« expérience gastronomique » fait recette ! À titre indicatif, 59 % des quelque 3000 répondants américains d’une étude menée par la World Food Travel Association estimaient qu’en voyage, boustifaille et boisson étaient plus importantes pour eux en 2016 (année de l’enquête) que cinq ans auparavant. De plus, ce poste de dépenses ainsi que les activités liées à la nourriture (cours de cuisine, visites guidées de marchés, achats de produits fins, etc.) comptaient pour 25 % à 35 % de leur budget de vacances.

Une destination gastronomique

Plus que jamais, hôtels, voyagistes, compagnies de croisières et transporteurs aériens se donnent pour mission de connecter les touristes à la culture locale. Et pour ce faire, ils les prennent par le ventre. Vacances Air Canada vient de créer deux voyages au Portugal axés sur la gastronomie de concert avec la famille Ferreira, bien connue pour ses restaurants montréalais. Holland America Cruise Line emmène ses croisiéristes concocter une paella dans une chic villa privée de Majorque. Les menus saisonniers de SWISS mettent en vedette, à tour de rôle, la cuisine des cantons du pays. Et certains tout-inclus font de leur offre gastronomique l’attrait majeur d’un séjour chez eux.

Photo: Carolyne Parent Le raffinement est dans l’assiette même à la petite cevicheria de la piscine.

Avec ses tacos à 25 000 $US (non, il n’y a pas trois zéros de trop, caviar Almas oblige !), Grand Velas Los Cabos, un hôtel de 307 suites inauguré il y a deux ans et situé en Basse-Californie du Sud, au Mexique, avait attiré notre attention. À l’invitation de Velas Resorts, nous y sommes donc allés, fin novembre dernier, alors que s’y déroulait un festival gastronomique international.

Entreprise familiale mexicaine, Velas Resorts est née il y a trois décennies d’un projet de condos reconverti en un hôtel parce que les unités ne trouvaient pas preneurs. Dans l’industrie, sa marque Grand Velas a excellente réputation. « Tout comme les hôtels Ritz-Carlton ou One Only, elle se distingue par la qualité du service et par la qualité et la variété de la nourriture, à la différence qu’il s’agit de tout-inclus », explique Évelyne Mayrand, présidente, Club Voyages Orientation, à Boucherville.

Selon le directeur général de Grand Velas Los Cabos, Andreas Schmidt, il n’y aurait aucun autre établissement de même calibre. « Chez nous, vous payez la chambre, mais tout le reste est gratuit, et le reste, ce sont des moments wow ! » dit-il. Dans une destination où le Pacifique porte si mal son nom qu’on ne peut s’y baigner et où l’arrière-pays immédiat n’est d’intérêt que pour les joueurs de golf, c’est en effet une bien bonne chose que les almejas chocolatas (palourdes recherchées de Baja) soient exquises ! Quant au tarif d’appel de ladite chambre, il est de 582 $US par personne par nuitée, en occupation double.

Par ici, gourmets avertis !

En novembre dernier, le fameux festival a réuni trois toqués le temps de démonstrations culinaires et de deux dîners comprenant chacun 15 petits plats époustouflants mariés à des vins du genre champagne Ruinart Blanc de Blancs. Ces festins de cuisine contemporaine ont eu lieu chez Cocina de Autor, la table Cinq Diamants AAA de l’hôtel (et l’un de ses sept restaurants), où officie le chef Sidney Schutte.

Photo: Velas Resorts Derrière les plats, une armada de cuistots.

Deux fois étoilé au Michelin pour ses créations « percutantes » chez Librije’s Zusje, à Amsterdam, le Néerlandais avait à ses côtés le réputé chef montréalais Jérôme Ferrer, Grand Chef Relais Châteaux. Quant au chef exécutif du Grand Velas Los Cabos, Victor Palma, il a apporté sa touche mexicaine aux plats. Hors festival, Cocina de Autor propose un menu d’une dizaine de services avec vins assortis, le tout bien sûr inclus dans le forfait des hôtes.

Pour Jérôme Ferrer, chef-propriétaire d’Europea, Grand Velas s’adresse à un public averti, qui a les moyens de se l’offrir. « Mais c’est une expérience extraordinaire, dit-il, avec une qualité d’ingrédients et de prestations, un souci du détail qu’on peut retrouver dans les grands palaces d’Europe. »

Mais revenons-en à nos tacos à 25 000 $US : est-ce bien sérieux ? « Ce n’était vraiment pas mon idée, mais ça a fait parler de nous ! » dit Michel Mustière, le chef de cuisine principal des Grand Velas.

« Vous savez, on organise plus de 25 événements gastronomiques par année, poursuit-il. Ce ne sont pas tous des festivals, mais on a carte blanche pour se procurer les meilleurs ingrédients et faire les meilleures choses. »

Un de ces événements est le Goût de France, une initiative d’Alain Ducasse, où des restaurants du monde entier célèbrent tous la cuisine française le même jour, soit le 21 mars. Un autre, qui a eu lieu au restaurant de fine cuisine mexicaine Frida, faisait honneur à la palette de la Kahlo tandis que les serveurs racontaient aux convives l’histoire des plats qu’ils posaient devant eux. Quelle belle idée, d’autant plus que cette cuisine figure sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Une autre proposition alléchante est la « Semaine du cacao », prévue autour du 21 avril prochain, pour Pâques, et à laquelle participera le chocolatier français Jean-Marie Auboine. Comme quoi « tout-inclus » peut effectivement rimer avec « fine cuisine ».