Le savoir-faire culinaire, un héritage important à léguer

Seulement 40% des parents d’aujourd’hui cuisinent chaque soir, selon le rapport «Tout le monde à table» de 2011.
Photo: iStock Seulement 40% des parents d’aujourd’hui cuisinent chaque soir, selon le rapport «Tout le monde à table» de 2011.

Dans un monde où l’horaire familial est chargé à bloc et le prêt-à-manger toujours à portée de main, il n’est pas étonnant de voir le savoir-faire culinaire des jeunes et moins jeunes s’envoler en fumée. Et cela a un impact important sur la santé globale.

Selon une étude de 2017 publiée par la Fondation des maladies du coeur, l’apport calorique des aliments ultra-transformés comptait pour la moitié (54 %) des achats alimentaires des familles canadiennes. Une catégorie d’aliments souvent riches en sucre, en sel, en gras, et contenant une myriade d’additifs alimentaires. Rien de fameux pour prévenir les maladies chroniques. Mais en cuisinant à partir d’ingrédients de base, les consommateurs peuvent ainsi tourner le dos à ces aliments.

Ainsi, ils amélioreraient nettement la qualité de leur alimentation. De plus, ils se casseraient bien moins la tête quand vient le temps de démêler la mer d’allégations nutritionnelles apposées sur l’emballage des aliments. Savoir cuisiner à partir d’ingrédients de base est une réelle forme de liberté dans le paysage culinaire actuel. Mais si les parents ne cuisinent pas, comment les enfants apprendront-ils à cuisiner par eux-mêmes plus tard ?

Le savoir culinaire en chiffres

Au Canada, seulement 42 % des parents interrogés font participer leurs enfants à la cuisine, selon un sondage mené en 2007 par les Diététistes du Canada. La même année, l’Ordre des diététistes du Québec soulignait dans un rapport qu’« une dépendance accrue aux aliments ultra-transformés accroît le manque de savoir-faire culinaire et cela pourrait avoir comme conséquence la non-transmission du savoir du parent à l’enfant par l’entremise de l’observation, de la pratique et du partage des recettes en famille ».

Bref, plus que le risque accru de maladies chroniques, c’est tout un héritage familial qui se perd en recourant aux plats tout préparés.

Photo: Éditions La Presse

Au Québec, 80 % des adultes ont appris chaque jour la cuisine aux côtés de leurs parents. Or, seulement 40 % des parents d’aujourd’hui cuisinent chaque soir, selon le rapport « Tout le monde à table » de 2011, élaboré par Extenso, le Centre de référence sur la nutrition humaine de l’Université de Montréal. Reste que 80 % des enfants interrogés un peu partout au Québec souhaitent prendre plus de place dans la cuisine, indique le même rapport.

Pour les enfants, savoir cuisiner comporte plusieurs avantages : développer leur capacité à faire de meilleurs choix alimentaires, consommer plus de fruits et de légumes variés, améliorer leur performance scolaire, accroître leur confiance en eux… Des avantages qui font du bien à toute la famille, finalement. Enfin, cela permet en outre de réduire grandement le gaspillage alimentaire à la maison.

 
42%
C’est le pourcentage des parents canadiens qui font participer leurs enfants à la cuisine, selon les répondants à un sondage mené en 2007 par les Diététistes du Canada.

Depuis la disparition des cours d’économie familiale du cursus scolaire, en 1997, les élèves du secondaire sont privés de l’accès au minimum de connaissances culinaires à l’école avant de faire le saut dans la vie adulte.

Les chiffres révèlent que ce n’est pas non plus à la maison que la plupart d’entre eux pourront acquérir ces connaissances. Heureusement, l’organisme La Tablée des chefs est de plus en plus présent dans les écoles secondaires pour offrir des ateliers culinaires aux élèves après les classes.

Cuisiner, une étape à la fois

Pour renouer avec la cuisine à la maison, il existe heureusement plusieurs façons d’enrichir le savoir culinaire des enfants, en commençant le plus tôt possible.

Cela tombe bien, puisque les nutritionnistes Hélène Laurendeau et Catherine Desforges publient le 24 octobre prochain l’ouvrage Je cuisine avec toi, publié chez Édito Jeunesse. À la façon d’un livre pour enfants (sans recettes), elles racontent aux tout-petits les bases de la cuisine, avec une pointe d’humour et de jolies illustrations signées Stéphanie Aubin, pour faciliter la compréhension.

Photo: Éditions Édito Jeunesse Le livre «Je cuisine avec toi»

Les enfants déjà initiés aux rudiments de la cuisine pourront s’intéresser à Explique-moi les aliments, publié récemment par Ricardo, aux Éditions Auzou. Le livre répond à plusieurs questions pertinentes : quel est le rôle de la levure dans le pain ? Pourquoi l’eau et l’huile ne se mélangent-elles pas ? Un jus remplace-t-il un fruit ?

Puis, 15 recettes toutes simples sont proposées, que même plusieurs parents pourront utiliser pour parfaire leurs habiletés à faire une soupe, une salade complète et de savoureuses trempettes.

Les jeunes adolescents apprécieront sans doute le premier ouvrage d’Inès Gauthier, Cuisine avec Inès, paru aux Éditions La Goélette. On a pu voir la cuisinière de 13 ans dans l’émission La relève, diffusée sur les ondes de TVA. À travers 53 recettes, elle partage sa passion de la cuisine.

Avec une présentation colorée et conviviale — notamment la section portant sur les ustensiles et outils de cuisine et les techniques de base, le bouquin permet aux grands de réviser leurs connaissances en cuisine.

Outre les livres de recettes adaptés aux enfants, une foule de cours et de camps de jour offrent aussi une initiation à la cuisine. Certains sont même très abordables, notamment celui des Ateliers cinq épices, spécialement conçu pour les enfants de 2 à 12 ans.

Bref, il n’y a pas d’âge pour commencer à cuisiner et il n’est pas nécessaire d’aller dans les grandes écoles de cuisine pour apprendre à concocter sa propre sauce à spaghetti. Chose certaine, tous y gagnent quand toute la famille met la main à la pâte. Il devient plus invitant de goûter aux plats servis et surtout, de passer un meilleur moment à table.


Une version antérieure de cet article, qui indiquait à tort que l'auteure était Catherine Ferland, a été corrigée. Toutes nos excuses !