Nourrir la tête et les sens

Le premier volet des Lundis Fleuron, organisé par Fleuron, l’organisme qui chapeautera dorénavant Le Goût du grain, prendra la forme d’un «scone battle» pour lequel cinq participants devront utiliser de la farine d’épeautre.
Photo: iStock Le premier volet des Lundis Fleuron, organisé par Fleuron, l’organisme qui chapeautera dorénavant Le Goût du grain, prendra la forme d’un «scone battle» pour lequel cinq participants devront utiliser de la farine d’épeautre.

Cet automne, plusieurs événements proposent d’en apprendre plus sur ce que nous mangeons. Petit tour d’horizon de ce qu’il y a à se mettre sous la dent.

La rentrée s’annonce chargée pour les foodies et amateurs d’alimentation en tout genre. Mais cette fois, ce n’est pas dans le dernier restaurant à la mode que ça se passe. Ni derrière un écran à suivre les plus grands chefs de la planète. Cet automne, à Montréal, plusieurs conférences-dégustations, discussions et soirées de réseautage proposent d’aller plus loin pour mieux comprendre ce qui se passe dans nos assiettes.

« On est à une époque où des changements s’imposent dans notre consommation. Il y a un gros travail d’éducation à faire et on est là-dedans, explique Emmanuelle Héroux, directrice de la programmation au Centre Phi. Il y a une ouverture, et les gens sont prêts à agir. » Partant de ce constat, l’équipe du Centre Phi a décidé d’organiser la série d’événements Essence culinaire. Organisées en collaboration avec le festival Yul Eat, ces six soirées prévues, qui s’échelonnent sur toute l’année, seront toutes consacrées à un ingrédient de base. Cet élément sera décortiqué par un chef et un expert, qui en aborderont les aspects autant chimiques et naturels qu’historiques, culturels et sociaux. Le premier rendez-vous est consacré au maïs. « On veut que les gens redécouvrent certains produits. C’est pour ça que nous avons choisi le maïs, qui n’a pas vraiment une belle image, pour être honnête, et on veut lui redonner la place qu’il mérite », assure-t-elle. L’idée du projet vient de Leigh Kinch-Pedrosa, directrice générale de Confabulation — des événements d’accroche narrative (storytelling) présentés au Centre Phi — et conjointe du chef Aaron Languille du restaurant Le Diplomate.

Ce dernier sera le chef invité du volet anglophone de ce premier atelier, prévu au Centre Phi le 11 septembre. Il sera accompagné de Maya Hey, doctorante à Concordia, qui s’intéresse à la rencontre entre l’art culinaire, le féminisme et la fermentation. Pour la soirée francophone, le chef Simon Mathys du restaurant Manitoba sera jumelé le lendemain à Ève Dumas, journaliste à La Presse et spécialisée en alimentation.

La parole au public

L’atelier d’une heure permettra de poser des questions et de déguster trois petites bouchées. « Ça va être éducatif et social dans le sens de l’engagement. Ça ne prend pas une soirée complète. Tu t’amuses et t’apprends quelque chose. Notamment, comment présenter cet ingrédient en surprenant ? » note-t-elle. Les ateliers se veulent inclusifs tant en matière de prix que de contenu. C’est simple.

Le 12 septembre marquera le début des mercredis Mise en bouche. Organisées par l’entreprise d’économie sociale l’Atelier du goût, ces soirées réseautage-causerie, axées sur les enjeux de l’alimentation durable, veulent favoriser la rencontre des personnes intéressées par ce sujet. « L’idée est de proposer un autre format de ce qui se fait en général sur l’alimentation où une personne est mise en avant, avec peu d’interactions possibles avec le public. Sinon, on montre un produit dans une vision marketing », explique Bobby Grégoire co-initiateur de l’Atelier du goût, conseiller de Slow Food international pour le Canada. « On aimerait développer un discours et une compréhension réelle de la complexité et de la richesse du système alimentaire », dit-il, souhaitant briser l’isolement de gens qui cherchent à changer les choses.

Les soirées prendront donc la forme de conférences ouvertes, précédées d’une introduction de seulement cinq minutes sur le thème choisi, suivies d’une discussion entre les participants. « On veut miser sur l’intelligence de gens, leurs expériences, leur désir d’aller plus loin et de partager ce qu’ils connaissent », assure M. Grégoire. Les autres mercredis Mise en bouche de cet automne porteront sur l’alimentation et les changements climatiques, le gaspillage alimentaire ou encore la transmission culinaire.

Soirées granophiles

Le 17 septembre, les granophiles, qu’ils soient boulanger, producteur, brasseur, semencier ou simple intéressé, pourront se réunir lors du premier volet des Lundis Fleuron. Ces soirées sont organisées par Fleuron, l’organisme qui chapeautera dorénavant Le Goût du grain, l’événement autour du grain local et durable qui se tient chaque printemps à Montréal. « On veut rassembler les artisans de l’alimentation, mais c’est un défi.

Cela dépend si la communauté s’approprie cet événement, explique Dominique Lalonde, directrice générale de Fleuron, inspirée des soirées 86’d Mondays à Toronto. Tout le monde tripe et a soif de se rencontrer au Goût du grain une fois par année. On propose de le faire une fois par mois. » Organisées au Café Osmo, ces soirées ludiques et informelles offrent l’occasion de rencontrer des producteurs, des artisans et de développer des connaissances sur les grains moins connus comme le kamut, le seigle ou l’orge.

La première soirée prendra donc la forme d’un scone battle pour lequel cinq participants devront utiliser de la farine d’épeautre. « On ne veut pas savoir quel est le meilleur scone de Montréal, car il y a des visions très différentes de ce que doit être un scone. Le public va voter et on espère susciter la discussion tout en mettant en valeur un producteur d’ici », poursuit la directrice de l’événement. L’idée est de créer un happening gourmand, où les soirées, ouvertes à tous, prendront différentes formes.

Exposés et réseautage

Soucieux de développer une communauté et de valoriser les artisans de l’alimentation, Parler la bouche pleine organise aussi plusieurs activités cet automne. La programmation est diversifiée, mais toujours axée sur les initiatives locales et durables. « On parle beaucoup de ce qui ne va pas en alimentation. Nous, on cherche plutôt un moyen de célébrer les gens qui ont un impact positif sur notre système alimentaire », explique Laura Howard, cofondatrice de Récolte, organisme qui chapeaute Parler la bouche pleine.

On parle beaucoup de ce qui ne va pas en alimentation. Nous, on cherche plutôt un moyen de célébrer les gens qui ont un impact positif sur notre système alimentaire.

L’objectif de ces événements est de réunir les entrepreneurs, de leur donner des outils et de créer des occasions d’affaires tout en restant ouvert au public. « Ça peut être inspirant pour ceux qui veulent se lancer en affaires », poursuit-elle.

Pour ce faire, Parler la bouche pleine organise une conférence sur l’innovation sociale alimentaire le 19 septembre, alors que le 23 octobre sera consacré à une soirée d’exposés et de réseautage où les entrepreneurs sont appelés à faire découvrir leurs produits en quelques secondes. Une discussion sur l’autonomie alimentaire au Québec est prévue en octobre et une projection du film Modified d’Aube Giroux en novembre. Les détails de ces événements ne sont pas encore déterminés.

Informations pratiques

Essence culinaire

Au Centre Phi
11 septembre (anglais) à 18 h et 19 h 30
12 septembre (français) à 18 h et 19 h 30
Billet : 43,39 $
phi-centre.com
 

Les mercredis Mise en Bouche

Lieu précisé lors de l’inscription
12 septembre
Don de 10 $ suggéré
atelierdugout.ca
 

Lundis Fleuron

Café Osmo
17 septembre à 18 h 30
15 $ (vote et bouchée compris)
www.facebook.com/fleuronmtl/
 

Parler avec la bouche pleine

Esplanade MTL
19 septembre à 18 h
www.facebook.com/parlerla bouchepleine/