Vers une approche plus globale de l’alimentation

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
L’un des projets du Système alimentaire montréalais a pour objectif de réduire le gaspillage alimentaire.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’un des projets du Système alimentaire montréalais a pour objectif de réduire le gaspillage alimentaire.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La création récente du Conseil des politiques alimentaires montréalais (CPA-Mtl) permettra aux différents maillons du secteur alimentaire de la région montréalaise d’interagir et d’avoir ainsi une action plus efficace. Le CPA-Mtl poursuit l’objectif du Système alimentaire montréalais (SAM), amorcé en 2011, soit mieux s’alimenter, de façon plus diversifiée, plus locale et plus en accord avec le développement durable.

S’alimenter sainement fait consensus aujourd’hui. Et pourtant, des problèmes persistent. À Montréal, 60 % des citoyens ont une faible consommation de fruits et de légumes et un résidant sur dix connaît l’insécurité alimentaire. Par les actions de ses 250 partenaires locaux et régionaux, le SAM cherche à atténuer ces problèmes et d’autres (par exemple, les pertes et le gaspillage alimentaire) sur l’île de Montréal. D’ici la fin du printemps, son travail sera encore plus efficace, car il se transformera pour intégrer le mandat du CPA-Mtl.

Le CPA-Mtl et sa raison d’être

« La création du CPA-Mtl permettra la mise en oeuvre des engagements pris lors de la signature par la Ville de Montréal du Pacte de Milan en 2015 », affirme Ghalia Chahine, coordonnatrice du SAM et du CPA-Mtl. Ce pacte, signé par 163 villes dans le monde, vise à mettre en place des actions locales en gouvernance alimentaire, en alimentation durable et saine, en équité sociale et économique, en prévention du gaspillage alimentaire et en approvisionnement, distribution et production alimentaire.

Des CPA comme celui de Montréal, il en existe déjà 300 en Amérique du Nord (dont un à Vancouver, à Boston et à Toronto, le plus vieux de tous). « Chaque CPA fonctionne selon ses priorités propres, aucun ne se ressemble, affirme Ghalia Chahine. À Montréal, nous travaillons à élaborer notre formule, et elle sera présentée avant l’été. »

On sait déjà que le CPA-MTL sera multidisciplinaire et multisectoriel. Il se composera de 16 membres (7 membres statutaires et 9 issus de la société civile) qui travailleront en collaboration avec le MAPAQ, la Direction de la santé publique, la Ville de Montréal et Québec en forme.

Les actions du SAM

Entre-temps, le SAM poursuit son action. Ainsi, le réseau et ses partenaires ont mis en oeuvre plus de 30 actions collaboratives de 2014 à 2016. Dans le cadre du plan d’action 2017-2019, 12 nouveaux projets sont mis en branle. Des projets qui se déploient dans quatre chantiers thématiques : sécurité alimentaire, agriculture urbaine, approvisionnement institutionnel, alternatif et solidaire et perte et gaspillage alimentaires.

« Chacun de ces 12 projets sera porté par nos partenaires, car ce sont eux qui possèdent l’expertise, dit Mme Chahine. Le SAM n’assure qu’un rôle de coordination. »

Quelques exemples de projets

Parmi ces projets, certains se démarquent par leur façon de rejoindre le public ou d’accroître les connaissances en alimentation. C’est ainsi que dans le volet sécurité alimentaire, Les Marchés publics de Montréal (MPM) implanteront deux nouveaux marchés solidaires (où l’on vend des aliments sains et locaux) aux abords des stations de métro de Montréal.

Au chapitre de l’agriculture urbaine, le groupe Alternatives organisera des foires agricoles urbaines dans les quartiers de Montréal. Le groupe souhaite ainsi aider la population à adopter de meilleures pratiques en agriculture urbaine et lui permettre de découvrir des produits et services mis en marché par les entreprises de la région.

Du point de vue institutionnel, Équiterre poursuivra et étendra à d’autres écoles de la région son programme Écoles enracinées. Ce programme a pour objectif de promouvoir les aliments locaux et biologiques dans les écoles de l’île de Montréal. L’un des moyens pour y parvenir consiste à mettre en place des campagnes de financement en vendant des paniers biologiques de producteurs locaux (au lieu de vendre du chocolat, par exemple).

Dans le volet gaspillage alimentaire, un organisme (dont le nom n’est pas encore connu) dressera un portrait des pertes et du gaspillage à Montréal. On tentera d’estimer les quantités perdues, gaspillées et récupérées sur le territoire. Selon Mme Chahine, il est très important d’avoir ces données, car elles permettront de mieux cibler les mesures à prendre pour réduire le gaspillage et les pertes.

De beaux projets en perspective qui amèneront les Montréalais à mieux s’alimenter et à réduire le gaspillage alimentaire.