Une brasserie des années 1930 en voie de démolition

Le «Mar Mikhael Village», complexe comptant maisons, appartements et commerces, prendra la place de la Grande Brasserie du Levant.
Photo: Anwar Amro Agence France-Presse Le «Mar Mikhael Village», complexe comptant maisons, appartements et commerces, prendra la place de la Grande Brasserie du Levant.

Beyrouth — La démolition de l’une des plus anciennes brasseries du Moyen-Orient a débuté à Beyrouth pour laisser place à un luxueux complexe résidentiel, un projet qui provoque l’ire les militants de la conservation du patrimoine.

Des bulldozers étaient à l’oeuvre mercredi sur le toit de la Grande Brasserie du Levant, démolissant des blocs de béton de l’imposant édifice situé dans le quartier de Mar Mikhael dans l’est de la capitale libanaise.

Fondée en 1930, l’usine a brassé la bière libanaise Laziza pendant des décennies avant de fermer au milieu des années 1990.

À la place, c’est le « Mar Mikhael Village » — des dizaines de petites maisons et d’appartements et des espaces commerciaux — qui doit voir le jour dans le quartier rempli de bars et restaurants branchés.

Sur une vidéo postée mardi par le militant Ghassan Salameh, on peut voir des bulldozers s’attaquer à l’enseigne de la brasserie, avant que celle-ci ne s’écroule au sol provoquant un nuage de poussière.

« Personne n’a prévenu [les habitants du quartier] des routes qui seraient fermées, des engins qui seraient utilisés, du bruit qu’ils auraient à endurer pendant des années », a-t-il affirmé à l’AFP.

Sur Facebook, des militants ont pour leur part créé une page dédiée à cette démolition à laquelle ils veulent s’opposer. « Le caractère historique du quartier […] est menacé », mettent-ils en garde, appelant à « l’arrêt immédiat de la démolition ».

Les militants pour la conservation du patrimoine libanais et les habitants de Beyrouth déplorent depuis des années la construction de nouveaux immeubles aux dépends d’anciennes bâtisses.

La capitale a déjà perdu une grande partie de ses demeures traditionnelles, dont le nombre a chuté de 1200 en 1995 à 400 en 2010.