Un chemin de tables, Maylis de Kerangal

Maylis de Kerangal a un bon ami cuistot. Du moins a-t-elle appris à connaître Mauro, un jeune cuisinier sachant tout faire, des courses à la boucherie, la pâtisserie ou le choix des aliments bios, qui goûtent bon et font de jolies assiettes. Le métier est épuisant. Journées interminables, semaines sans congé. Il a eu son restaurant, connu le succès, puis laissé tomber. Il fait le tour du monde, apprend l’Orient, l’Asie, l’Amérique. Ici les herbes, là le boeuf, ailleurs la crème ou les huiles, la saveur d’une tomate, le jus d’un fruit, le croquant d’une feuille de laitue. Il fait des cartes étoilées, des enseignes renommées. Le travail collectif, la hiérarchie, les ordres, les vexations, il raconte. De Kerangal s’amuse et déguste, empathique, admirative, époustouflée. Elle décrit les journées de Mauro, le stress ; elle assiste au ballet des cuisines. Mauro remplit l’assiette de Kerangal, qui, rassasiée et contente, rend cette profession digne d’un roman d’aventures.

Un chemin de tables

Maylis de Kerangal Collection Raconter la vie Éditions du Seuil Paris, 2016, 103 pages