Une bonne année pour tomber dans les pommes

Martine Letarte Collaboration spéciale
« Nous avons eu beaucoup d’eau et beaucoup de chaleur cette année, alors nous aurons des pommes de bon calibre », affirme Stéphanie Levasseur, présidente de la Fédération des producteurs de pommes du Québec.
Photo: UPA « Nous avons eu beaucoup d’eau et beaucoup de chaleur cette année, alors nous aurons des pommes de bon calibre », affirme Stéphanie Levasseur, présidente de la Fédération des producteurs de pommes du Québec.

Ce texte fait partie du cahier spécial Agrotourisme

Les vergers du Québec regorgent de belles pommes cette année, avec certaines variétés de plus en plus présentes, comme la Gala et la Honeycrisp. Les producteurs s’attendent à récolter 5 859 000 minots, soit un peu plus que l’an passé. La moyenne des cinq dernières années est de 5 707 600 minots.

« Nous avons eu beaucoup d’eau et beaucoup de chaleur cette année, alors nous aurons des pommes de bon calibre », affirme Stéphanie Levasseur, présidente de la Fédération des producteurs de pommes du Québec.

Elle prévoit que les prix devraient se maintenir en raison de la qualité des fruits et de la baisse de la quantité de pommes récoltées chez nos voisins.

« Cette année, l’Ontario a encore été affecté assez sévèrement par le gel printanier, ce qui fera baisser la récolte de moitié environ, affirme Mme Levasseur. L’État de New York et celui de Washington connaissent aussi de légères baisses au niveau des récoltes. »

La main-d’oeuvre au rendez-vous ?

Les sorties récentes dans les médias pour attirer l’attention sur le problème lié à l’émission des permis de travail pour la main-d’oeuvre étrangère afin de récolter les pommes semblent porter leurs fruits.

« Immigration Canada nous a dit la semaine dernière que les demandes seraient traitées en accéléré », indique Stéphanie Levasseur.

La main-d’oeuvre étrangère, déjà au Québec pour travailler dans les champs de petits fruits et les fermes maraîchères, se rend habituellement à la fin de l’été dans les fermes pomicoles pour la récolte de septembre à la mi-octobre.

« Avant, les travailleurs arrivaient avec tous leurs papiers en main, mais depuis l’an dernier, ils doivent demander une prolongation de leur permis une fois ici, explique Mme Levasseur. L’an dernier, le délai était de sept à huit semaines, alors on pensait que ce serait la même chose cette année. Or, on s’est fait dire que le traitement des demandes prendrait 14 semaines. Les pommes auraient déjà toutes été par terre ! »

 

McIntosh et autocueillette

Alors que plusieurs producteurs de pommes multiplient les efforts pour offrir différentes variétés à leur clientèle, la McIntosh demeure la reine des vergers au Québec. Elle représente 60 % des pommes récoltées. Dans les 10 dernières années, la présence de la McIntosh a connu une baisse de 3 %.

« Nous pensions que la popularité de la McIntosh diminuerait plus rapidement lorsqu’on se fie aux sondages réalisés auprès des consommateurs qui veulent des fruits plus sucrés et plus croquants », affirme Stéphanie Levasseur, également propriétaire du verger Au coeur de la pomme, à Frelighsburg.

L’autocueillette a toutefois toujours le vent en poupe, si l’on se fie aux longues files de voitures dans les régions productrices lors des belles fins de semaine du début de l’automne.

« C’est super populaire, surtout depuis quelques années avec l’arrivée de plusieurs produits transformés, comme tous les alcools de pomme, remarque Mme Levasseur. On attire de plus en plus de monde dans les vergers. Les gens aiment acheter directement du producteur, aller à sa rencontre, se rendre sur place. »

C’est dans la région de Richelieu-Rouville, en Montérégie, qu’il se récolte le plus de pommes au Québec, mais d’autres secteurs se démarquent, comme les Laurentides, les Cantons-de-l’Est et Québec, notamment avec l’île d’Orléans.

Pour chercher un verger à visiter : http://lapommeduquebec.ca/autocueillette.