Une sortie à la campagne, ça se prépare!

Anne Marie Parent Collaboration spéciale
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Nous avons tous en tête un verger où aller cueillir de belles pommes fraîches. Si on poussait plus loin l’escapade en se montant des circuits agrotouristiques qui comprennent plus de produits pour les prochaines fins de semaine ? Voici quelques pistes pour bien s’organiser !

Une sortie à la campagne, ça se prépare ! Pour organiser votre demi-journée ou votre journée entière de balade, d’une entreprise agricole et touristique à une autre, commencez par décider dans quelle région vous irez. Ce pourrait être une chouette idée de partir la veille et de dormir dans une auberge pour être tout près de votre point de départ le lendemain matin.

Terroir et saveurs

L’une des références incontournables pour préparer votre escapade est le réseau Terroir et saveurs. Vous pourriez arrêter de lire cet article après ce paragraphe tellement la référence est complète !

Lancé en 2010 par l’Association de l’agrotourisme et du tourisme gourmand du Québec (AATGQ), le réseau Terroir et saveurs est né du regroupement des populaires bannières d’hébergement, de restauration et d’agrotourisme que sont les Gîte du passant, Auberge du passant, Table champêtre, Table aux saveurs du terroir, Ferme découverte et Relais du terroir. « Il est le seul site Internet qui répertorie les circuits, les événements, de même que tous les producteurs et artisans qui façonnent le terroir et créent les produits du Québec », indique-t-on dans le site. Vous avez la possibilité de créer votre propre parcours en enregistrant vos choix de producteurs à visiter, et il existe même une version mobile de ce site.

Tourisme Québec

Pour mieux connaître la ou les régions qui vous intéressent, tournez-vous vers Tourisme Québec, qui compte 22 régions touristiques représentées par des Associations touristiques régionales (ATR). Son site Internet est très complet, vous faisant même des suggestions d’activités. À consulter en priorité : ses pages sur l’agrotourisme et ses pages sur les routes et circuits. Puis, passez aux pages de chacune des régions touristiques pour un complément d’information, par exemple pour obtenir le calendrier des événements et la liste des lieux d’hébergement. On trouve les adresses des sites Internet des régions soit par Tourisme Québec, soit par ATR associées, qui chapeaute tout le réseau des ATR.

Les routes agrotouristiques

En matière d’agrotourisme, penchez-vous en particulier sur les Cantons-de-l’Est, Chaudière-Appalaches, Lanaudière, les Laurentides, Laval, la Montérégie, l’Outaouais et la Région de Québec, sans ignorer les autres, qui ont aussi leurs bons produits régionaux. Dans les régions énumérées, l’agrotourisme est fortement valorisé, depuis la création du regroupement d’entreprises touristiques et agricoles ayant conduit au premier circuit signalisé au Québec en 1998 : le Circuit du paysan en Montérégie (rive sud de Montréal), trajet signalisé de 194 kilomètres entre la rivière Richelieu et le lac Saint-François, à partir de Napierville (514-990-5586, 1-800-378-7648).

Depuis, les routes thématiques tournant autour des plaisirs gourmands se sont multipliées (voir l’encadré). L’intérêt de ces routes agrotouristiques — et des membres de Terroir et saveurs — est multiple. D’abord, les producteurs sont tous des gens passionnés et heureux de partager leur savoir-faire, sinon ils ne seraient pas devenus membres d’un tel circuit ou réseau ouvert au grand public ! De plus, vous obtiendrez une carte (ou un répertoire) localisant tous les endroits à visiter, par téléchargement en ligne, chez les entreprises participantes et les bureaux de tourisme, ou en commandant la publication auprès de l’organisme concerné. Vous passerez de bons moments à faire de belles rencontres et le plein de savoureux produits frais !

Tables de concertation agroalimentaire du Québec

En consultant les sites Internet de toutes ces belles routes et associations agrotouristiques, vous remarquerez qu’elles sont souvent à l’initiative des Associations touristiques, des Centres locaux de développement, mais aussi du réseau des Tables de concertation agroalimentaire du Québec, qui relève du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

Existant depuis près de 20 ans, ce réseau est composé d’une quinzaine d’organisations régionales indépendantes les unes des autres, mais aux objectifs communs : promouvoir les produits régionaux et leurs artisans et encourager les Québécois à les consommer. « Achetez local » est leur mot d’ordre !

Aucun site Internet ne regroupe toutes les organisations du réseau, mais, dans celui du MAPAQ, on trouve la liste des dirigeants de chaque Table de concertation agroalimentaire, Conseil de développement du bioalimentaire et autre organisme agricole local, avec les liens vers leurs sites Internet respectifs. La liste a été mise en ligne également par la Table de concertation bioalimentaire de la Gaspésie.

Un petit tour dans le site Internet de votre région vous renseignera sur les initiatives locales. Par exemple, la Table de concertation agroalimentaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean présente un calendrier avec les événements gourmands en région et hors région, ainsi qu’un répertoire des entreprises agroalimentaires de 36 pages !

L’autocueillette automnale

Maintenant bien au courant de l’offre agrotouristique dans les régions où vous avez l’intention d’aller vous balader, vous voudrez peut-être vous concentrer sur des fermes qui proposent l’autocueillette des pommes, mais aussi des légumes de saison, comme les citrouilles et les courges. Tournez-vous alors vers les fédérations de ces produits en particulier. On les trouve dans le site de l’Union des producteurs agricoles (UPA) sous l’onglet « Qui sommes-nous ? », puis en choisissant dans la colonne de gauche sous « Spécialités ».

Par exemple, en cliquant sur « Pommes », vous serez redirigé vers le site de la Fédération des producteurs de pommes du Québec, qui comprend une section sur l’autocueillette. Un outil de recherche vous permet de trouver les vergers selon des critères à cocher (par région, pique-nique, autocueillette, mini-ferme…).

Notez que l’Association touristique de la Montérégie a créé un site présentant ses vergers et cidreries, avec une carte interactive (450-466-4666, 1-866-469-0069).

Autre exemple : à partir du site de l’UPA, parmi ses spécialités, en cliquant sur « Maraîchers » (entre autres producteurs de courges et citrouilles), vous arriverez dans le site de l’Association des producteurs maraîchers du Québec. Un répertoire des membres, par région, renvoie à une fiche de chacun avec la mention ou pas de la possibilité de l’autocueillette.

Conseils pratiques

Vous êtes fin prêt à jouer à l’agrotouriste ? Selon vos besoins, vous avez donc pu trouver les lieux, les heures d’ouverture, la possibilité de faire de l’autocueillette, de pique-niquer et même de jouer avec vos enfants, les producteurs ouverts aux familles offrant de plus en plus d’aires de jeux assez élaborés, des balançoires aux labyrinthes de maïs, en passant par les promenades en carriole. Vous mangez bio ? Lisez alors notre autre article sur le sujet.

Dernières considérations : pour éviter de faire du pare-chocs contre pare-chocs sur certaines routes fort fréquentées la fin de semaine (par exemple, vers Saint-Eustache et Saint-Joseph-du-Lac et vers le mont Saint-Hilaire durant le temps des pommes), sortez en fin d’après-midi plutôt que le matin, ou bien en semaine (horaires à vérifier).

Préparez de l’argent comptant en petites coupures. Ne vous fiez pas à la météo, ou, au contraire, si on annonce de la pluie, habillez-vous en conséquence et sortez ! Il y aura moins foule. Emportez une glacière et des blocs de glace. Pas besoin de prévoir un pique-nique : vous trouverez tout sur place, le long de votre pèlerinage agrotouristique ! Emportez quand même des ustensiles, assiettes, serviettes de table et… un tire-bouchon ! Santé !

Les circuits agrotouristiques

Route des saveurs de Charlevoix (1-800-667-2276) ;

Route des vins des Cantons-de-l’Est (1-888-811-4928) ;

Route des vins de la Montérégie (450-466-4666, 1-866-469-0069) ;

Saveurs de Laval (450-978-5973) ;

Chemin du terroir des Laurentides (450-224-7007, 1-800-561-6673) ;

Chemins de campagne de Lanaudière (Tourisme Lanaudière : 1-800-363-2788) ;

Parcours Outaouais gourmet (1-877-421-8836) ;

Réseau des arrêts gourmands de Chaudière-Appalaches (Tourisme Chaudière-Appalaches : 1-888-831-4411) ;

Parcours gourmand de la région de la Capitale-Nationale (Office du tourisme de Québec : 1-877-783-1608).
Anne-Marie Parent

Comment trouver des produits bio

Les amateurs d’escapade à la campagne qui cherchent des produits bio peuvent le faire en consultant le Répertoire des produits biologiques certifiés du Québec dans le site du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV). On y retrouve, classées par région, municipalité et produit, toutes les fermes possédant une certification bio.

Il faut savoir qu’il y a six organismes de certification accrédités par le CARTV, dont Écocert Canada, Létis.S.A., OCIA Canada, Pro-Cert, QIA et Québec-Vrai. Il ne faut pas hésiter à poser des questions aux producteurs agricoles sur leur certification.

Selon le rapport Statistiques 2012 – Usage de l’appellation biologique au Québec, publié par l’organisme, il y a 1352 entreprises possédant un certificat de conformité biologique au Québec, tandis que 1039 fermes détiennent un certificat de conformité biologique. Bien qu’on sente un engouement pour les produits biologiques, il faut savoir que le pourcentage des entreprises agricoles biologiques par rapport au total des fermes au Québec est de seulement 3,6 %.

On retrouve notamment des vergers de pommes bio dans le répertoire du CARTV, mais ils n’offrent pas nécessairement tous l’autocueillette, car de grands investissements en temps de recherche et en argent sont nécessaires pour élaborer des méthodes vraiment biologiques. « Plus il y a une demande du public, plus les pomiculteurs suivront, explique Louis Ménard, secrétaire général de la Fédération d’agriculture biologique du Québec. En régie biologique, tout est contrôlé, encadré. Ce serait étonnant que le peu de producteurs bio laissent faire de l’autocueillette pour cette raison. Parce que le risque est beaucoup plus grand qu’en régie conventionnelle. »

« La demande est là. Oui, les gens veulent mieux manger »,affirme Géraldine Lepicard, relationniste chez Les Vergers Lafrance – Domaine Lafrance à Saint-Joseph-du-Lac, dans les Laurentides. Depuis l’ouverture d’un petit kiosque de vente de jus de pommes pressées et de beignes aux pommes faits par la mère de la propriétaire, Julie Hubert, l’offre s’est diversifiée, parce que le public est friand de bons produits régionaux mais aussi de plus en plus bio. Les Vergers Lafrance viennent d’obtenir leur certification Écocert Canada pour certaines de leurs pommes. Par contre, il n’est pas encore certain qu’il sera possible de pratiquer l’autocueillette : le bio exige des conditions hautement contrôlées, par exemple des filets spéciaux pour recouvrir les pommiers afin de les protéger des insectes, au lieu de les traiter.

Mais si la culture n’est pas bio, au Québec, elle n’est pas pour autant chimique à outrance. « Les producteurs d’ici travaillent dans une optique de réduction des pesticides le plus possible, assure M. Ménard. Au Québec, nous avons d’excellents chercheurs. Par exemple, l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) a aménagé un verger en régie biologique il y a quelques années. On apprend comment contrôler les ravageurs de façon naturelle. » Le site Internet de l’IRDA contient la plateforme Web du Réseau-pommier, qui héberge le Guide de référence en production fruitière intégrée. La production intégrée est cette manière de contrôler la croissance et la protection contre les maladies et les ravageurs (insectes, notamment) le plus naturellement possible.
3 commentaires
  • Jennifer Gagné - Inscrite 22 septembre 2014 09 h 05

    Lien non fonctionnel

    Bonjour,

    Votre lien pour le site de la Fédération des producteurs de pommes du Québec ne fonctionne pas.

    Merci!

  • Philippe Parent - Abonné 22 septembre 2014 10 h 55

    lien

    Bonjour! En effet, je vois que les : après le http ont été oubliés. Le lien est http://lapommeduquebec.ca/
    Merci de l'avoir signalé!

    • Jennifer Gagné - Inscrite 22 septembre 2014 14 h 58

      Merci pour le suivi.

      Bonne journée!