Le retour de la jeune cuisine à Montréal

L’année dernière, plusieurs centaines de personnes ont pu déguster ce que les chefs avaient préparé pour la soirée Omnivorious. Cet événement se tient à nouveau samedi soir à la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal.
Photo: Sébastien Roy Société des arts technologiques L’année dernière, plusieurs centaines de personnes ont pu déguster ce que les chefs avaient préparé pour la soirée Omnivorious. Cet événement se tient à nouveau samedi soir à la Société des arts technologiques (SAT) de Montréal.

Son engouement pour Montréal ne se dément pas. Bien au contraire. Et c’est pour cette raison que le festival dédié à la jeune cuisine Omnivore revient jusqu’à lundi pour une deuxième édition à la Société des arts technologiques (SAT). « Il y a une vitalité incroyable dans cette ville. Qu’il s’agisse des chefs ou de la cuisine de rue, Montréal à quelque chose de spécial », confiait Luc Dubanchet, le fondateur du festival rencontré lors de son voyage de prospection dans la métropole en mai dernier.

 

Très satisfait de la première édition québécoise du festival, il souhaite asseoir l’événement. « La deuxième fois, c’est plus périlleux. Il n’y a plus l’effet de nouveauté et nous devons répondre aux attentes élevées, disait-il, tout en restant positif. Je veux positionner Omnivore comme un événement majeur à Montréal. Le festival doit devenir une sorte de marque de référence, un label qui souligne la qualité des intervenants. »

 

Une dizaine de grandes villes du monde

 

Une référence qui existe déjà en France. En effet, 2013 marque les 10 ans d’existence d’Omnivore, qui a connu ces trois dernières années une croissance fulgurante. Passant de 3 à 10 employés, la société qui publiait au départ des magazines organise dorénavant des événements pouvant réunir jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de personnes, dans une dizaine de grandes villes du monde.

 

« S’il faut caractériser Omnivore, on doit parler de rapports humains, de suivi de débutants inconnus que nous aidons à se faire connaître et avec lesquels nous gardons un contact privilégié. L’idée est de réunir des personnes qui travaillent de manière spontanée, sincère et évidente », précisait Luc Dubanchet.

 

Ainsi, plusieurs chefs québécois ont profité de ce réseau pour voyager et déployer leur talent à l’extérieur, dont Martin Juneau, du restaurant Pastaga, et Stéphanie Labelle, de la pâtisserie Rhubarbe. Gita Seaton, la chef du restaurant montréalais Nouveau Palais, est même devenue la coqueluche de l’équipe Omnivore et des foodies français en faisant goûter ses chics burgers lors de plusieurs événements dans l’Hexagone.

 

De la France aux États-Unis

 

Pour l’édition montréalaise 2013, quelques noms de l’année dernière - Michelle Marek et Seth Gabrielse du Foodlab, Patrice Demers et Marc-André Jetté des 400 Coups, Marc Cohen de Lawrence, etc. - sont de retour à la SAT pour la soirée Omnivorious d’aujourd’hui et les ateliers qui se dérouleront samedi et dimanche. S’y ajoutent de nouvelles têtes, dont les chefs Charles-Antoine Crête du Toqué !, Marc-Alexandre Mercier d’Hôtel Hermann et la pâtissière Isabelle Leroux de Mlles Gâteaux.

 

De plus, comme à son habitude, le festival ne se déplace jamais sans une batterie de chefs invités, présents lors des ateliers à la SAT et dont la cuisine peut parfois être dégustée par le public lors des Maudits Soupers organisés dans différents restaurants de la ville.

 

Aujourd’hui, les festivaliers verront à l’oeuvre Giovanni Passerini du restaurant Rino à Paris, qui est considéré comme l’un des chefs les plus influents du moment par l’équipe d’Omnivore.

 

Également de Paris, Pierre Sang Boyer est de passage pour la première fois à Montréal. Il prévoit mélanger ses influences asiatiques avec les produits du Québec. « Le but est de surprendre tout en faisant plaisir », précise le chef qui, après sa présentation de cet après-midi, préparera un Maudit souper dimanche avec Marc-André Leclerg, dans le quartier général de Grumman 78.

 

Le festival accueille aussi des chefs américains, dont le prometteur Jeremiah Langhorn du restaurant McCrady’s, à Charleston. Pour sa première apparition à Omnivore, il parlera dimanche de l’influence de l’histoire et des Premières Nations dans la cuisine de la Caroline du Sud. « C’est très facile d’oublier l’histoire dans la vie moderne, mais c’est très important de savoir d’où vient une cuisine si on veut bien la faire », assure le chef, qui décrit sa cuisine comme un mélange de discipline, d’excitation, de passion et d’exécution.

 

À ses côtés se retrouvent les New-Yorkais Fabian von Hauske et Jeremiah Stone, dont le restaurant est sur le point d’ouvrir. Leur présentation a lieu cet après-midi. Ils réaliseront aussi un Maudit Souper à six mains dimanche soir avec Marc-Alexandre Mercier, au restaurant Hôtel Herman.

 

Finalement, le festival se terminera lundi soir au Foodlab avec le Maudit Souper du chef français exilé en Belgique Nicolas Darnauguilhem, du restaurant Neptune à Bruxelles.

 

 

Collaboration spéciale