Du chocolat de haute couture

Une création chocolatée de la designer de mode Anne de Shalla et du maître chocolatier-chef pâtissier Christophe Morel, en 2012.
Photo: Seydou Coulibaly Photoscoul Une création chocolatée de la designer de mode Anne de Shalla et du maître chocolatier-chef pâtissier Christophe Morel, en 2012.

Fort du succès de sa première édition, avec plus de 10 000 visiteurs en deux jours l’an dernier, le salon Je t’aime en chocolat revient ce week-end, dans le Vieux-Montréal. Au programme : animations, dégustations, démonstrations et conférences chocolatées, sans oublier un spectaculaire défilé de robes et de coiffures en chocolat, où couturiers et chocolatiers conjuguent leur savoir-faire. Un rendez-vous à la fois gourmand, culturel, festif. Et gratuit.

Jusqu’à dimanche soir, au Marché Bonsecours, une vingtaine de maîtres chocolatiers et de créateurs gourmands invitent le public à déguster le chocolat sous toutes ses formes. Et à découvrir son parcours, depuis la plantation d’origine jusqu’à sa transformation en cacao, puis en bouchées gourmandes, tablettes craquantes et ganaches onctueuses.


Le salon Je t’aime en chocolat, qui réunit chocolatiers et designers de mode, est né de la rencontre de deux passionnés: la productrice de la Grande Braderie de mode, Anne de Shal la, et le directeur commercial du grou pe Barry Callebaut au Canada, Jean-Jacques Berjot.


«Je t’aime en chocolat est une histoire de partage», précise ce dernier. Je suis un technicien du cacao et Anne,, une créatrice de mode. Je fournis de la matière première, elle travaille la matière première. J’ai une profonde admiration pour ces artistes qui façonnent avec doigté cette matière en offrant d’autres alternatives, aussi bien au tissu qu’au chocolat.»


Le visiteur pourra donc se pencher de près sur le métier de chocolatier, cet alchimiste qui non seulement moule et façonne le chocolat au gré de son inspiration, mais s’intéresse aussi à l’histoire de la cabosse orangée et au parcours de ses fèves, de la plantation au bonbon fourré.


Chocolat d’origine, terroir d’exception, millésime, arôme fruité, goût épicé, parfum rare, note de noisette, acide en bouche… le chocolat s’élève dorénavant au rang de grand produit gastronomique, au même titre que le vin. Sa dégustation se compare à l’art de l’oenologie.


Membre du Chocolate Ambassador’s Club de Barry Callebaut, le maître chocolatier et chef pâtissier Christophe Morel recherche dans la confection de ses friandises les chocolats d’origine et de plantation. La différence entre les deux ? «La mention d’origine garantit que les fèves de cacao proviennent du même pays. Alors que le chocolat de plantation, millésimé, est fabriqué avec les fèves d’une seule et unique plantation», explique-t-il.


La mise en chocolat des robes d’Anne de Shalla sera signée Christophe Morel. C’est que le maître chocolatier est aussi un excellent sculpteur. Lors du grand défilé de mode chocolaté qui se tiendra samedi et dimanche à 16h30, le duo présentera quatre robes gourmandes, dont celle que portera en finale l’animatrice radiophonique Isabelle Maréchal.


Une salle est dédiée à l’Académie du chocolat Barry Callebaut, un centre de formation et de ressources entièrement voué au chocolat, situé à Saint-Hyacinthe. Tout au long du week-end, les visiteurs pourront assister à une dizaine de conférences et de démonstrations de grands chefs sur le thème «Le cacao dans tous ses états - Du salé au sucré».


Le directeur de l’académie, le pâtissier-chocolatier Philippe Vancayseele, concoctera avec le public bonbons et mousses au chocolat. Le sommelier Guénaël Revel parlera du mariage chocolat blanc-champagne, tandis que les chefs Jonathan Garnier, de la Guilde culinaire, et Laurent Godbout, de Chez l’Épicier, loueront les vertus du cacao Mycryo dans la cuisson des aliments.


De plus en plus d’études vantent les mérites du chocolat pour la santé, une réalité qui serait notamment applicable à la maladie d’Alzheimer. La consommation régulière de chocolat, riche en flavonoïdes, aurait non seulement un effet sur les mécanismes de prévention de la maladie mais aussi dans l’amélioration des fonctions cognitives.


«Les principaux polyphénols retrouvés dans le cacao sont les mêmes que ceux présents dans le thé vert et le vin rouge. Mais le chocolat en contient deux fois plus que le vin et dix fois plus que le thé vert», explique la biochimiste Severine Labrude, présidente de la Fondation Recherche-Alzheimer. Elle présentera une brève conférence sur le sujet samedi, dès 10h, au Marché Bonsecours.


L’Auberge sur l’A Route, sous les commandes du chef exécutif Éric Gonzalez de l’Auberge Saint-Gabriel, propose un menu sur mesure: poulet à la sauce Molle réalisé avec le chocolat Écorce Or Noir, le chocolat personnel de M. Gonzalez, première réalisation signée Or noir en Amérique du Nord.


«C’est un concept unique au monde que l’on propose depuis quelques années, explique Jean-Jacques Berjot. Or Noir permet au chef de fabriquer son propre chocolat à partir des meilleures fèves. Il devient sa signature.»


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Collaboratrice