Spiritueux - Petite eau-de-vie purement d'ici

Les deux entrepreneurs derrière PUR vodka, Christopher Lecky et Nicolas Duvernois.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les deux entrepreneurs derrière PUR vodka, Christopher Lecky et Nicolas Duvernois.

S'enivrer l'esprit à la québécoise se limite à déguster surtout des alcools dérivés de la pomme, des bières ou des vins des Cantons-de-l'Est. Surprise: la vodka s'est ajoutée au menu en 2009, une idée des deux jeunes entrepreneurs épicuriens Nicolas Duvernois et Christopher Lecky.

Les affaires vont bien pour la vodka PUR: depuis son lancement, elle a été qualifiée de meilleure vodka au monde dans deux grandes compétitions internationales. Sa renommée lui permettra bientôt de couler à flots dans les bars du reste du Canada, de la Chine, de l'Australie, de la France et de la Nouvelle-Zélande. «On travaille fort là-dessus», souligne Christopher Lecky, rencontré avec son partenaire à la brasserie T!, un de leurs bons clients.

Pour faire de la vodka, il n'y a que trois recettes, et ça tombe bien, elles contiennent toutes des produits qu'on retrouve en abondance autant en Russie qu'ici. On peut utiliser soit la betterave, soit la pomme de terre, soit une céréale, jumelée à une bonne eau de source, bien sûr. Les deux entrepreneurs ont fait des tests avec chacun des ingrédients et diverses eaux de source du Québec pour trouver leur recette, «qui goûte le PUR», puisque le nom du produit a été trouvé au tout début du projet.

Revenons d'ailleurs sur la petite histoire de cette eau des tsars 100 % québécoise. En 2006, Nicolas Duvernois est propriétaire, à 25 ans, d'un resto-bar du Mile-End. Chistopher Lecky, un entrepreneur du même âge, est le gars au bar qui commande de la vodka. Nicolas, fatigué de servir de la vodka ayant parcouru des milliers de kilomètres pour parvenir à Montréal, cherche une version locale haut de gamme.

En vain. «J'ai eu une révélation: j'allais la faire moi-même», se souvient-il. «Et quand il cherchait un partenaire, j'ai levé la main et j'ai dit: moi! moi!», ajoute Christopher. Ensemble, ils ont voulu «redonner ses lettres de noblesse à la vodka», préparant un produit destiné aux gourmets et aux fins connaisseurs.

Faisant appel à un maître distillateur pour établir leur recette, les deux gars choisissent de produire une vodka faite à partir de maïs et d'eau de source de Lac-Beauport, gardée en cuve pendant plusieurs semaines. «Un ami qui produit de la bière m'avait dit que le maïs adoucit ce produit», explique Christopher Lecky. Idem pour la vodka, ont-ils compris, car la PUR se boit avec ou sans glace, et sans grimace. Malgré le taux de 40 % d'alcool bien sonné.

La vodka est vendue dans les SAQ depuis l'automne 2010 (en rupture de stock en ce moment, mais décembre ramènera des bouteilles sur les tablettes) et on la retrouve dans plusieurs restos montréalais, comme Toqué!, M:BRGR ou Globe. Pas mal pour des gars qui ne connaissaient absolument rien à la vodka il y a cinq ans.

«Si on a réussi, c'est parce qu'on ne connaissait rien du domaine, croit Nicolas Duvernois. On est arrivés avec des idées auxquelles les producteurs expérimentés n'avaient jamais pensé. On a juste tout fait à notre manière, sans suivre les traditions.»

Merci, d'ailleurs, à Google, qui leur a fourni les bases, ajoutent les deux entrepreneurs. Et qui leur permet aujourd'hui d'être contactés par des distributeurs d'aussi loin que la Nouvelle-Zélande.

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- PUR Ultra Premium Vodka: 40 $ à la SAQ.

- Une autre vodka québécoise a vu le jour en 2009: Signature Vodka, préparée avec des infusions de curcuma. À tester aussi. 43,25 $ à la SAQ.