52 semaines de bouffe

Jackson Wightman, initiateur du blogue gastronomique «Ici et Here»
Photo: - Le Devoir Jackson Wightman, initiateur du blogue gastronomique «Ici et Here»

Cinquante-deux billets. Un par semaine, tous écrits par des auteurs différents. Juste le temps d'une année pour aborder ce qui les passionne: la nourriture. Celle qui fait de Montréal une ville de gastronomes et d'amoureux des bonnes choses.

Lancé en novembre dernier, le blogue Ici et here est différent des autres blogues de foodies si populaires en ce moment. Celui-ci ne parle pas de la dernière tendance ou du restaurant où il faut absolument aller manger. Il traite plutôt de la relation qu'entretiennent les Montréalais avec la nourriture. Il leur donne même la parole en français et en anglais.

«La relation entre la bouffe et les habitants de cette ville est très particulière, voire unique en Amérique du Nord», assure Jackson Wightman, initiateur du blogue et copropriétaire, avec Lindsay Davis, de Fait Ici, un magasin général urbain dans la Petite-Bourgogne. «J'adore ma ville et j'adore manger. Je voulais rassembler des personnes qui ont ces mêmes passions et leur donner l'occasion de partager leurs points de vue.»

L'idée était lancée. Ne restait qu'à trouver les blogueurs. «Nous voulions donner la parole à des personnes différentes, pas forcément des experts mais qui ont une attache particulière envers Montréal et la nourriture», explique le jeune entrepreneur. Ainsi, dans les premiers billets se retrouvent une actrice, une rédactrice spécialisée en décoration, un passionné de café, quelques blogueurs et des gens qui aiment simplement manger.

Il est donc question de nourriture au sens large, mais le blogue aborde aussi des problématiques, comme le fait de trouver un bon restaurant pour manger avec des enfants ou le meilleur steak en ville.

Parmi les écrivains épicuriens se retrouvent aussi des chefs. Originaire d'Italie, Michele Forgione, chef du Koko, raconte son amour des pâtes et la façon dont sa culture a imprégné sa cuisine: «Nous sommes gâtés. Nous pouvons nous comparer aux grandes villes gastronomiques. Nous sommes influencés par de nombreuses cultures, et nous avons une joie de vivre qui rend notre cuisine unique. Ici, la scène est de type bistro, alors que certains aimeraient avoir plus de gastronomie fine. Mais il y a beaucoup de jeunes chefs propriétaires qui n'en ont pas les moyens financiers. Cela ne les empêche pas de faire une excellente cuisine, avec des produits de qualité.»

Une communauté de passionnés

Autre auteure de billet unique, Élise Desaulniers, du blogue «Penser avant d'ouvrir la bouche», a voulu parler de ces passionnés qui nous apprennent à cuisiner. «C'est un sujet que je n'aurais pas abordé sur mon blogue. Ce projet est l'occasion de parler d'autre chose et de rejoindre d'autres personnes», explique la spécialiste d'éthique alimentaire. Elle parle donc d'écoles de cuisine, mais surtout de petits indépendants, comme le boulanger Marc-André Cyr, ou Dominique Dupuis, qui enseigne la cuisine économique et santé.

Contactée par Jackson Wightman pour participer au blogue, Élise Desaulniers a tout de suite accepté. «Il a réussi à rassembler une communauté de passionnés. Pour la première fois, on entend la voix de consommateurs qui partagent leur rapport émotif à l'alimentation. C'est un très beau projet.»

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