Les probiotiques à la rescousse - Lactobacillus acidophilus ou lactobacillus casei?

Les probiotiques, grâce aux effets bénéfiques sur la santé, ont la cote. À preuve, certaines marques de yogourt aujourd'hui en contiennent. On peut aussi s'en procurer sous la forme de produits de santé naturel. C'est exactement ce qu'offre aux consommateurs une firme de biotechnologie lavalloise, Bio-K Plus international inc.

«Mais, attention, notre produit probiotique n'a rien à voir avec du yogourt, tient à souligner Claude Chevalier, fondateur et président de Bio-K Plus. D'abord, notre produit contient 50 milliards de bactéries, contre le milliard que contient le yogourt. Ensuite, je suis en mesure de garantir que c'est bien le nombre de bactéries que vous consommerez au moment de la consommation du produit, ce que ne peut faire aucune marque de yogourt.»

C'est en 1984 que Claude Chevalier, alors président du Bureau laitier du Canada, découvre l'univers des probiotiques, grâce au docteur François-Marie Luquet, un microbiologiste français qui avait réussi à isoler une souche humaine de bactéries bénéfiques pour la santé. Dix ans plus tard, Claude Chevalier se lance dans l'aventure en fondant Bio-K Plus, afin de développer au Québec un produit probiotique. Aujourd'hui, l'entreprise occupe des locaux de 65 000 pieds carrés et emploie 125 travailleurs. Ses produits sont disponibles au Canada et aux États-Unis, en pharmacie comme en magasin de produits naturels. Ils seront aussi bientôt disponibles en Europe, au Mexique, au Brésil et en Argentine.

Le produit

Le produit probiotique créé et fabriqué par Bio-K Plus s'appelle le Bio-K+ CL1285MD. On le trouve en deux formats, soit en pots de

100 grammes ou en capsules. Les bactéries que contient le produit sous ses deux formes sont les mêmes, soit lactobacillus acidophilus et lactobacillus casei.

Sous forme de pot, le Bio-K+ est à base de lait fermenté. «Le lait fermenté ici ne sert qu'au transport des bactéries.» On le trouve sous sa forme originale ou parfumé aux fruits ou à la fraise. «L'ajout d'une saveur vise à le rendre plus agréable au goût.» On vient de lancer deux nouveaux types de Bio-K+ en pots, soit au soya fermenté et au riz brun fermenté.

Le Bio-K+ en capsules est fabriqué grâce au procédé de lyophilisation (séchage à froid), qui conserve les bactéries vivantes mais dans un état dormant. Les capsules sont ensuite enrobées d'une couche entérosoluble. «Cette couche entérosoluble protège les bactéries de l'acidité de l'estomac et elle se dissout dans l'intestin grêle, ce qui permet alors aux bactéries de s'activer.» Les capsules se déclinent en dose de 30 ou 50 milliards de bactéries.

Effets bénéfiques et thérapeutiques

Rappelons que les probiotiques sont des micro-organismes (bactéries ou levures) qui ont des effets bénéfiques pour la santé de la personne qui les consomme. Dans le cas des probiotiques à base de bactéries, les bactéries utilisées sont surtout des bactéries lactiques, comme les deux bactéries que contient le

Bio-K+. Ces bactéries lactiques ont la propriété de stimuler et de garder en santé la flore bactérienne de l'intestin. C'est là un des effets bénéfiques du Bio-K+. «Notre produit a d'abord été conçu pour assurer la stabilité du transit intestinal.»

Au fil du temps, certaines études et des essais cliniques ont démontré que les probiotiques pouvaient aussi avoir des effets thérapeutiques. Bio-K Plus international a procédé à ses propres études, dont les résultats ont été publiés dans des revues scientifiques, tel l'American Journal of Gastroenterology. Ces études démontrent que le Bio-K+ peut prévenir la diarrhée chez les personnes qui prennent des antibiotiques.

«Nous avons aussi réalisé des études qui démontrent que le Bio-K+ permet de prévenir certaines infections nosocomiales, dont celle causée par la bactérie Clostridium difficile. En 2004, l'hôpital Le Gardeur était aux prises avec une épidémie de C. difficile. L'hôpital a alors choisi de donner du Bio-K+ à tous les patients à risque et on a alors vu le nombre d'infections considérablement chuter. Depuis que le Bio-K+ est la norme à Le Gardeur, il n'y a pas eu de cas de décès relié au C. difficile. À ce jour, 38 000 patients ont été répertoriés.»

Est-ce que le Bio-K+ a la propriété de guérir le C. difficile? «J'en suis convaincu, car j'ai reçu plusieurs témoignages en ce sens. Mais, comme je n'ai pas encore d'études scientifiques ou cliniques à cet effet, je ne peux pas encore l'affirmer.»

Un produit pharmaceutique

Le Bio-K+, en plus d'être un produit de santé naturel, agirait-il dans certains cas comme un médicament? C'est ce que croit Claude Chevalier. «Nous entreprenons une étude clinique aux États-Unis sur C. difficile et le Bio-K+ qui devrait prochainement clarifier la situation. Nous faisons la même chose pour l'eczéma, car nous croyons que le Bio-K+ a un effet curatif sur cette maladie.»

Malgré ces avancées prometteuses et le succès connu à l'hôpital Le Gardeur, le milieu hospitalier québécois demeure réticent devant l'usage thérapeutique du Bio-K+. «Le milieu de la santé au Québec comme au Canada est souvent une chasse gardée où chacun cherche à protéger son intérêt personnel.» C'est pourquoi Claude Chevalier se tourne de plus en plus vers les États-Unis. «Aux États-Unis, le système de santé est privé, ce qui veut dire que ce sont les compagnies d'assurance qui assument le coût des soins. Elles sont donc davantage ouvertes à un produit comme le Bio-K+, qui pourrait grandement réduire les coûts de santé. Prenons, par exemple, une hospitalisation prolongée à cause d'une infection par C. difficile.

Ça se chiffre en milliers de dollars, tandis qu'on pourrait la prévenir pour une centaine de dollars avec Bio-K+. Les Américains sont plus sensibles que nous à la pharma-économie. Mais, comme on dit, nul n'est prophète dans son pays.»


Collaborateur du Devoir