Le « slow living » ou l’art de ralentir

Sophie Ginoux
Collaboration spéciale
Le slow living, c’est apprendre à se questionner pour choisir ses priorités, pour se reconnecter au moment présent et à son être intérieur.
Photo: iStock Le slow living, c’est apprendre à se questionner pour choisir ses priorités, pour se reconnecter au moment présent et à son être intérieur.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Au sein d’une société dominée par l’instantanéité, la pression et la performance, se dire « Maintenant,je ralentis » semble illusoire. Pourtant, de plus en plus de voix réclament cette pause, ou du moins de pouvoir freiner le rythme essoufflant du quotidien. Certains en ont même fait un mode de vie, sans pour autant renoncer à leurs activités. Alors, comment peut-on définir et, surtout, adopter le slow living quand tout continue de s’agiter autour de nous ?

À première vue, Maxime Morin n’a rien de slow. Elle est comédienne, enseigne le yoga et la méditation, dirige la compagnie de vêtements Rose Buddha, a deux enfants et des animaux. Son quotidien est donc bien rempli, mais depuis quelques années, elle a décidé de le vivre selon les principes du slow living.

Qu’est-ce que cela veut dire, au juste ? « Il n’y a pas de définition claire de ce mouvement, répond-elle. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le slow living, ce n’est pas déménager au fond du bois, priser le minimalisme, avoir une décoration feng shui et ne pas travailler. Seuls les rentiers et les adeptes de psychopop associent ce genre de choses au slow living. Pour moi, c’est plutôt un état d’esprit qui va au-delà d’une séance de méditation. C’est apprendre à se questionner pour choisir ses priorités, pour se reconnecter au moment présent et à son être intérieur. »

Photo: Photo fournie Maxime Morin

Être plutôt que faire

Ralentir, la spécialiste en marketing Karine St-Germain Blais, qui avoue pourtant vivre à 100 à l’heure, a de son côté réussi à le faire depuis six ans. Elle nourrit d’ailleurs depuis cette date un blogue, Vivre en slow, dans lequel elle partage sa vision du slow living, qui s’allie à ses yeux avec des valeurs écologiques, locales et de simplicité volontaire.

« On a trop tendance à s’oublier dans notre vie modelée autour de la productivité, déclare-t-elle. J’ai donc décidé de me choisir, pas pour fuir mes responsabilités, mais pour être au contraire présente et consciente de ce que je fais, plutôt que de me faire brasser comme une feuille au vent. Comme je l’ai écrit sur mon blogue, je suis par conséquent slow life, slow food, slow toute ! »

Photo: Photo fournie Karine St-Germain Blais

De tels principes sont séduisants en théorie, mais comment se traduisent-ils concrètement ? Karine indique que, par exemple, si on doit se rendre à un rendez-vous chez le médecin, on peut choisir de prendre sa voiture ou son vélo. « La voiture sera a priori plus rapide, mais en prenant à vélo un bol d’air et en profitant du paysage, je serai bien plus reposée en arrivant chez le docteur. Donc, finalement, le vélo m’aura fait gagner du temps, et non en perdre. »

La blogueuse conseille aussi d’intégrer le slow living dans notre vie en faisant des choses que nous aimons. Elle, elle fait pousser des fines herbes, consomme local, achète moins mais mieux. « En hiver, on peut aussi adopter certains éléments du hygge, comme prendre des bains, s’entourer de bougies, s’adonner à la lecture », dit-elle.

Pour sa part, Maxime Morin, qui a signé deux livres complets sur le slow living, À go, on ralentit et La petite maison (ce dernier, écrit avec sa soeur Cathia, est paru en 2022), privilégie sa vie de famille et ses valeurs. « Il arrive que le linge attende d’être plié parce que j’ai préféré jouer aux Lego avec mes enfants. Je m’autorise aussi à refuser une invitation ou à dire non si je pense que cela ne me fera pas de bien, confie-t-elle. Le slow living est une démarche personnelle, qui veut qu’on se positionne. Chaque fois qu’on a un choix à faire, il faut se poser des questions. Ai-je besoin de déménager dans une nouvelle maison ? Ai-je envie de cette promotion ? Me suis-je fait plaisir aujourd’hui ? À partir du moment où on prend conscience de ses choix et où on se sent bien avec, le stress disparaît, et avec lui l’anxiété comme les regrets. »

Janvier, le nouveau mois du « slow living »

Comme Rose Buddha incarne à ses yeux le mode de vie slow qui lui est cher — cette compagnie de vêtements et de produits se spécialise dans le bien-être et la mode durable —, Maxime Morin a décidé d’utiliser cette vitrine pour lancer le tout premier mois du slow living au Québec.

« Janvier est souvent le mois des résolutions et des défis. Je propose donc plutôt, avec plusieurs partenaires qui partagent mes valeurs, un anti-défi, celui de s’enlever de la pression et de s’engager, pendant un mois, à se choisir », explique-t-elle.

Pour aider les intéressées (la clientèle de Rose Buddha est avant tout féminine) à parvenir à leurs fins, une boîte contenant du matériel pour se faire du bien tous les jours peut être commandée en ligne. « Ce sera votre meilleure amie pendant un mois ! lance l’entrepreneuse. On y trouve notamment du bain moussant, une chandelle, des infusions et des gourmandises. Bref, de quoi ralentir son rythme et se gâter. »

Mme Morin a également conçu une série de 30 Post-it à remplir en moins de deux minutes et à afficher chaque jour pour accompagner les participantes. En voici quelques exemples : « Aujourd’hui, je me sens… », « Je veux que mes matins soient… », « J’ai de la gratitude pour… », « À quoi dis-je non à partir de maintenant ? », etc.

Comme elle l’explique, « ces petits messages permettent de se questionner et de voir, au bout du mois, le cheminement qu’on a réalisé. Tout cela dans la joie, car il est hors de question de se culpabiliser si on n’arrive pas à ralentir certains jours ».

Une approche avec laquelle Karine St-Germain Blais est parfaitement en accord. « Il n’est pas nécessaire d’avoir un chez-soi instagrammable pour adhérer au slow living. Il n’est pas non plus interdit de manger du fast-food. Soyez avant tout bienveillant envers vous-même et ne visez plus la perfection. » Des paroles bien inspirantes.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

À voir en vidéo