Quatre bonnes raisons de s’intéresser à l’asclépiade

Jessica Dostie
Collaboration spéciale
Les fibres d’asclépiade remplacent avantageusement le duvet d’oie ou les fibres synthétiques dans nos vêtements d’hiver.
Photo: Lasclay Les fibres d’asclépiade remplacent avantageusement le duvet d’oie ou les fibres synthétiques dans nos vêtements d’hiver.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Longtemps considérée comme une mauvaise herbe, l’asclépiade commune, qu’on trouve tant en ville qu’à la campagne, séduit de plus en plus. Et pour cause : les qualités de cette vivace couronnée de fleurs en ombelle teintées de rose violacé sont désormais bien connues. La preuve par quatre usages, dont certains pourraient peut-être vous surprendre.

Dans les jardins à papillons

Indigène sous nos latitudes, l’asclépiade commune — un cultivar parmi la centaine qui existent dans le monde et le plus répandu au Québec — est essentielle à la survie du papillon monarque, qui vient d’être mis sur la Liste rouge des espèces en danger de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

« Comme les chenilles de monarque s’alimentent uniquement de feuilles d’asclépiade, dont les fleurs sont aussi très nectarifères, les zones où on trouve beaucoup de plants sont des points importants de reproduction », rappelle Alessandro Dieni, chargé de projet du programme Mission monarque. Pour apporter notre contribution, on peut d’abord créer un aménagement paysager intégrant l’asclépiade — selon Alessandro Dieni, bien que les monarques semblent préférer l’asclépiade commune, ils s’accommodent aussi très bien des cultivars tropicaux, plus ornementaux. De mai à octobre, on peut aussi participer à Mission monarque en repérant les endroits où on trouve des asclépiades et en vérifiant la présence d’oeufs, de chenilles ou de monarques adultes.

Dans l’industrie vestimentaire

Les fibres d’asclépiade n’ont pas attiré l’attention de l’industrie vestimentaire pour rien : isolantes, hydrophobes, imputrescibles et antibactériennes, elles remplacent avantageusement le duvet d’oie ou les fibres synthétiques dans nos vêtements d’hiver.

« C’est vraiment unique comme isolant naturel », indique Gabriel Gouveia, cofondateur de Lasclay, compagnie réputée pour ses mitaines ultrachaudes et fabriquées localement. Lasclay, qui propose même une glacière isolée à partir de ce matériau innovant, n’est toutefois pas la seule marque à s’intéresser à cette « soie d’Amérique ». Atypic Equipment, pour sa part, confectionne depuis peu des manteaux dont l’isolant est composé d’un mélange d’asclépiade, de kapok et de biopolymère.

Dans notre assiette

 

On peut aussi consommer certaines parties de l’asclépiade, dont la saveur se rapproche de l’asperge, au dire des amateurs, notamment les pousses printanières, les boutons floraux ou les jeunes fruits. Dans les livres de recettes, on recommande toutefois la plus grande prudence. Considérée comme toxique quand elle est crue ou mal apprêtée — elle apparaît d’ailleurs sur la liste des plantes toxiques du Centre antipoison —, l’asclépiade peut causer une intoxication, et ce, même si on la fait bouillir, lit-on sur le site de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Cette perspective vous refroidit ? Plutôt que de la cuisiner soi-même, on se procure de l’asclépiade préparée dans les règles de l’art, comme les gousses marinées de Gourmet Sauvage. On peut aussi se tourner vers le miel d’asclépiade, aux notes florales et épicées distinctives.

Dans nos petits pots

 

Malgré la toxicité relative de l’asclépiade, ses vertus médicinales sont connues depuis l’Antiquité pour soulager la fièvre, l’asthme et les troubles digestifs. Drôle de paradoxe ! De ce côté-ci de l’Atlantique, les Premières Nations utilisaient apparemment la soie brûlée à l’intérieur du fruit pour fabriquer un baume antidouleur. Le latex qui s’écoule des tiges, lui, servait à soigner les plaies ou à traiter les verrues. Aujourd’hui, on se penche plus spécifiquement sur les propriétés de l’huile extraite des graines d’asclépiade, qui, après une transformation chimique, auraient le potentiel d’absorber les rayons UV. Qui sait quand nous pourrons tester une crème solaire à base d’huile d’asclépiade ?

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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