Au jardin des merveilles

Carolyne Parent Collaboration spéciale
Les Jardins de Métis regroupe une quinzaine de jardins (dont celui du ruisseau, en photo) valorisant l’art paysager anglais au cœur d’un environnement naturel.
Photo: Louise Tanguay Les Jardins de Métis regroupe une quinzaine de jardins (dont celui du ruisseau, en photo) valorisant l’art paysager anglais au cœur d’un environnement naturel.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Après avoir fréquenté assidûment une échappatoire nommée nature pendant 14 mois, il se pourrait bien que plusieurs y aient pris goût un peu, beaucoup, à la folie ! Histoire de varier nos sorties au grand air, partons à la découverte d’étonnantes oasis.


 

Bonsaï sur la colline (Lanaudière)

Robert Smith et Suzanne Piché ont un dada peu ordinaire : la promotion de l’art du bonsaï. « C’est une passion que nous avons depuis plus de 30 ans, inspirée par trois voyages en Chine, chez des maîtres qui nous ont donné une autre vision de notre art », dit l’homme qui sculpte des arbres. À Saint-Alphonse-Rodriguez, dans ses nombreuses serres, il crée des « paysages en pot », un art chinois (penjing) et japonais (bonsaï). Il bichonne ceux qu’on lui confie, ou encore il donne des ateliers de formation. Aux beaux jours, dès ce week-end normalement, ses créations arboricoles sont mises en valeur à l’extérieur, au fil d’un parcours guidé ou autonome. Le site comprend également des sentiers forestiers jalonnés de panneaux explicatifs, le pavillon des Trois Sagesses, qui met en relief certains principes du tao s’exprimant dans cette nature miniaturisée, un étang et quelques aires de pique-nique. C’est un endroit vraiment charmant qui présentera de plus une grande exposition des créations de bonsaïstes les 21 et 22 août prochains.

Photo: Bonsaï sur la colline
 

Bleu Lavande (Cantons-de-l’Est)

C’est le 7 juin prochain que seront inaugurées, à Magog, les nouvelles installations de l’entreprise pionnière de la culture de lavande officinale au Québec. Prospérant initialement à Fitch Bay, ces plants se sont acclimatés à leur nouvel environnement ; les espaces d’accueil sont fin prêts, et l’activité immersive qu’a conçue Moment Factory n’attend plus que les visiteurs. Euh, lavande et multimédia ? Oui, et c’est une bien bonne idée, car la lavanderaie vivra ainsi toute l’année, touristiquement parlant. L’approche ? La découverte de la plante sous toutes ses coutures — histoire, culture, usages. À l’intérieur, place aux expositions temporaires et à cette invitation interactive à créer de toutes pièces un champ de lavande. À l’extérieur, on s’emplit les poumons de bons effluves le long d’un sentier pédestre. On a même prévu qu’une buvette mobile y ravitaille les marcheurs en collations à base de la fleur mauve !

 

Le Jardin Daniel A. Séguin (Montérégie)

À Saint-Hyacinthe, c’est un attrait de premier plan, que fréquentent environ 15 000 amoureux des fleurs chaque année ! « C’est aussi le premier jardin pédagogique du Québec », précise sa directrice, Nancy Rossi. De fait, ce parc de 4,5 hectares où s’épanouissent des annuelles, l’une des plus grandes collections de la province, se veut le « laboratoire » de l’Institut de technologie agroalimentaire. À sa vocation première s’ajoute un volet culturel, tel qu’en témoigne cet été l’exposition des sculptures de l’artiste maskoutain Claude Millette. Elles peupleront les différents jardins thématiques dès leur ouverture au public, le 5 juin prochain, et jusqu’au 30 septembre. Parmi ces jardins, Mme Rossi nous recommande de nous intéresser entre autres au jardin-école, qui conjugue agriculture et horticulture ornementale. C’est noté !

Photo: Jardin Daniel A. Séguin
 

Les Jardins de Métis (Gaspésie)

Alexander Reford a beau affirmer que son « arrière-grand-mère serait horrifiée d’apprendre que l’on se souvient d’elle surtout pour les jardins qu’elle a créés », il n’en demeure pas moins qu’ils sont exceptionnels. (C’est dire toutefois combien la vie d’Elsie Reford, issue de la grande bourgeoisie d’affaires anglophone établie dans le Mille carré doré de Montréal, fut riche à tous points de vue.) Entre 1926 et 1958, à Grand-Métis, elle a conçu, autour de son camp de pêche, une quinzaine de jardins valorisant l’art paysager anglais au cœur d’un environnement naturel. Un environnement qui bénéficie par ailleurs d’un microclimat favorisant la croissance d’espèces uniques au pays. S’il faut bien sûr emprunter tous les sentiers du site et contempler rocailles, lys et pavots bleus, les fleurs préférées de l’horticultrice, il faut aussi consacrer du temps à la visite des expositions présentées à la Villa Estevan, dont l’une porte sur cette femme remarquable. Aussi, de la fin de juin au 3 octobre prochain s’y tiendra le Festival international de jardins, véritable musée à ciel ouvert qui réunit des créations d’architectes-paysagistes.

Sortie côté jardinet

Si le Jardin botanique de Montréal, l’un des plus importants au monde, est connu de tous les Montréalais, le Jardin du Gouverneur, lui, demeure un havre secret. Le gouverneur en question, c’est Claude de Ramezay. Au XVIIIe siècle, il se fait construire une résidence, rue Notre-Dame Est. Les jardins ayant alors la cote — Montréal en dénombre 186 en 1731, selon les archives du musée du Château Ramezay — le domaine aura donc le sien ! Au fil du développement urbain, il disparaîtra graduellement avant de renaître, il y a une vingtaine d’années, dans une nouvelle interprétation du jardin français de l’époque (l’original était quatre fois plus long et deux fois plus large). Ses 750 m2 comprennent un potager, un parterre ornemental, un verger et un surprenant silence au coeur du Vieux-Montréal. (Accès gratuit)

   

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