Deux hôtels, deux styles, une grande évasion

Carolyne Parent Collaboration spéciale
La vue depuis l'une des chambres du Montréal Marriott Château Champlain, qui a rouvert ses portes le 17 mai.
Photo: Marriott Château Champlain La vue depuis l'une des chambres du Montréal Marriott Château Champlain, qui a rouvert ses portes le 17 mai.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Sale temps pour inaugurer un hôtel, pas vrai ? Surtout lorsque celui-ci, en l’occurrence Humaniti, fonde toute son approche sur les liens humains. Mathieu Larochelle, directeur général de la nouvelle enseigne située tout près du Palais des congrès, pourrait être désespéré. Mais non, monsieur rêve. De touristes, de clients, d’une après-pandémie sous le signe des retrouvailles.

« Je rêve qu’Humaniti soit une référence à Montréal en matière d’expérience client, un village énergisant où il se crée de beaux souvenirs », dit-il.

Le « village » en question est constitué de structures imbriquées qui forment un « h ». Elles portent la griffe architecturale Lemay, avec la touche d’Andres Escobar côté design. Elles abritent 314 appartements en location, 152 copropriétés et 193 chambres d’hôtel, en plus de bureaux et de commerces, dont le supermarché Avril et la boulangerie Ange, qui s’ouvre sur une cour intérieure. Le tout se veut une « communauté verticale évoluée » où pourraient se croiser au quotidien jusqu’à 1500 personnes y vivant, y travaillant ou s’y divertissant. « Elle est évoluée parce que durable », précise le directeur. L’immeuble répond en effet aux exigences de la certification LEED et sa portion résidentielle est en attente de la certification WELL.

L’hôtel, qui sera inauguré le 1er juin prochain, occupe la partie transversale du « h ». C’est le bloc d’étages 8 à 19, suspendu au-dessus d’une esplanade. C’est aussi le premier ajout québécois à la Collection Autograph par Marriott, qui réunit des établissements indépendants exprimant leur appartenance à un lieu et la philosophie de leur propriétaire, en l’occurrence l’homme d’affaires Mathieu Duguay.

De magnifiques clichés en noir et blanc de la photographe montréalaise Éliane Excoffier dans des chambres où la lumière entre à flots ; une cuisine « territoriale » signée Jean-Sébastien Giguère (également aux commandes de La Cabane du coureur et du Coureur des bois) et qui est servie aux chambres à défaut de pouvoir l’être présentement au restaurant H3 (dont le design est signé Jean-Pierre Viau), au lounge ou sur la terrasse, près d’une des deux piscines ; un cellier impressionnant qui compte, parmi les Pauillac et les Dom Pérignon, 75 références vinicoles d’ici, une bonne initiative du meilleur sommelier du Québec 2020, Hugo Duchesne ; des « artisans » à l’accueil pour proposer leurs bons plans de visite aux hôtes ; oui, le « local » est à l’honneur !

Photo: Brandon Barré Le cellier du restaurant H3, où l'on pourra profiter d'une expérience intime.

« La connexion humaine ne sera peut-être pas ce qu’elle était avant la pandémie, mais elle reviendra, on en a besoin », croit M. Larochelle. Tout comme on a besoin d’art et de beauté, d’où une installation créée spécialement par l’artiste Marc Séguin. C’est un arbre qui, paraît-il, a une âme… Il trône dans la cour intérieure du complexe, dans l’axe de la place Jean-Paul-Riopelle, et nul doute qu’il stimulera les conversations !

Lloyd est son nom

De son côté, l’iconique Montréal Marriott Château Champlain, construit en 1967, a subi toute une cure de jouvence. On a profité de sa fermeture, le 30 octobre 2020, pour poursuivre les travaux de rénovation des 614 chambres et suites et on a entamé la création de nouveaux espaces publics, dont une terrasse, qui verra le jour l’an prochain.

Exit, donc, le décor masculin aux couleurs sombres et le mobilier lourd ;place à une palette pastel et lumineuse, quasi zen. Le thème de l’hiver, qu’une œuvre de Pascale Girardin, Dérives, interprète dès la réception, donne le ton. « Sid Lee architecture et MassivArt ont préservé le cachet rétro original de l’hôtel tout en ajoutant une touche moderne », explique Jennifer Labrosse, directrice des ventes et du marketing, qui nous fait visiter les lieux. « Le hall tout blanc et ses arches donnent presque l’impression d’entrer dans un mini Taj Mahal ! » ajoute-t-elle.

Officieusement ouvert depuis le 17 mai dernier (on attend des jours meilleurs pour couper le ruban rouge), l’ancien fleuron du portefeuille hôtelier du Canadien Pacifique, une propriété du groupe Tidan que gère Marriott Hotels and Resorts, est en lui-même une œuvre d’art. Ses architectes, Roger D’Astous et Jean-Paul Pothier, ont dessiné une tour dont la forme rappelle les silos à grains du port. Quant à ses fenêtres en demi-lune, qui lui ont valu le surnom de « râpe à fromage », elles font écho aux ouvertures de style néo-roman du bâtiment voisin, la gare Windsor. D’ailleurs, le nouveau lounge-bar-restaurant s’appelle Lloyd, un clin d’œil à l’architecte Frank Lloyd Wright, mentor de M. D’Astous.

Voisin du nouveau M Club, un salon réservé à la clientèle d’affaires ou membre du programme de fidélisation de la chaîne, Lloyd se veut un lieu de happenings. Des événements musicaux seront programmés à l’espace-bar, qui communique avec la section salle à manger et l’aire du buffet. Aux commandes de la cuisine : le chef Kevin Mougin, qui arrive tout droit de la Polynésie française.

« Elle est bien finie l’époque où les restaurants d’hôtel n’intéressaient que les clients d’hôtel, estime Yvan Bailbled, directeur général du Château. Ce sont de plus en plus des destinations pour les habitants de la ville. » Et c’est encore plus vrai lorsque ces derniers décident de s’inviter à l’hôtel !

Et si on faisait de grandes folies ?

Les deux établissements proposeront sous peu divers forfaits d’été pour tous les goûts, mais voyons voir quels genres d’extravagances pour VIP on pourrait déjà s’y offrir…

Au Château Champlain, les suites présidentielles, qui ont vue sur le Vieux-Montréal et le mont Royal, sont pratiquement des salles de bal avec leurs 2000 pieds carrés. Le tarif ? À partir de 4000 $ la nuitée. Pour souper, on commande la cocotte de homard et la douceur coco pandan et son coulis au fruit de la passion ; le lendemain matin, le pain perdu du chef Mougin. Et entre les deux repas, on s’entraîne au plus grand gym d’hôtel en ville.

À l’hôtel Humaniti, on s’offre la suite Hero, d’une superficie de 1200 pieds carrés, qui a vue sur le pont Jacques-Cartier et la ville (à partir de 2500 $ la nuitée) ; on fait un détour sportif, détente ou beauté par le gym et le spa ; et on savoure ses repas dans le confort de son « chez soi » chic.

 

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