Du parc urbain aux quais sur le lac

Le lac Saint-Joseph
Charles-Édouard Dorion Le lac Saint-Joseph

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Le Québec regorge de ces endroits découverts au hasard des pas où on se promet de revenir, de parcs et de rives parfaites pour se prélasser au soleil, de villes, villages et routes de campagne qui appellent à l’évasion... Les collaborateurs des cahiers spéciaux du Devoir vous proposent leurs coups de coeur.


 

Montréal
Une petite bulle de créativité près du viaduc Van Horne

Pour le magnifique immeuble industriel couvert de graffitis et de plantes grimpantes, la murale en hauteur qu’on peut apercevoir de l’autre côté du chemin de fer, le mobilier urbain en bois et les modules de conditionnement physique conçus au Québec, les arbres nombreux et les roches peintes déposées sur la pelouse : chaque fois que j’arrive dans ce petit parc près du viaduc Rosemont-Van Horne, mon cœur fond. C’est le vrai Montréal qu’on aime, dans toute sa créativité, sa spontanéité, sa beauté brute. Dans cet espace un peu caché et anonyme, on voit des gens dîner sur les tables à pique-nique, se prélasser au soleil, faire des exercices de musculation. Les coureurs, marcheurs et cyclistes s’en donnent aussi à cœur joie sur la piste multifonctionnelle qui longe le parc pour se rendre vers l’est jusqu’à l’intersection des rues Masson et d’Iberville. Un lieu qui fait du bien.

Martine Letarte


 

Sherbrooke
Voyage dans le temps au parc du Domaine-Howard

Bordé des résidences cossues typiques du Vieux-Nord de Sherbrooke, le parc du Domaine-Howard nous ramène 100 ans en arrière avec ses bâtiments de pierre d’inspiration manoir anglais, son étang (une jolie patinoire durant la saison froide) et ses plates-bandes fleuries qui s’étalent sur plus de 4,5 hectares. Un peu comme le faisaient sans doute les membres de la famille Howard — les propriétaires de l’époque — en leur temps, on peut se promener librement dans les jardins extérieurs semés de milliers de plantes, vivaces comme annuelles, et dans le boisé centenaire parcouru de sentiers bien aménagés au charme suranné. Touche d’originalité : les mosaïcultures, créations végétales qui font la renommée de l’endroit et confèrent à la métropole estrienne son titre bien mérité de ville fleurie. En été, on profite aussi des vastes pelouses du domaine pour un pique-nique improvisé.

Jessica Dostie


 

Lac-Saint-Jean
Plongée dans l’histoire ouvrière du Québec rural

Le village de Val-Jalbert, sur lesbords du lac Saint-Jean, connaît ses heures de gloire dans les années 1910. Construit autour d’une pulperie qui s’est installée au pied de la chute Ouiatchouan, il constitue à l’époque un modèle de modernisme dans un milieu traditionnellement rural. Il est ainsi doté de bornes-fontaines et de trottoirs de bois. La rue principale, bordée d’arbres, est macadamisée. Chaque rue bénéficie d’éclairage. Et chaque famille jouit de l’eau courante, d’égouts et de l’électricité. Son histoire prend pourtant brutalement fin. Au milieu des années 20, l’industrie de la pulpe est en décroissance, l’usine ferme et le village se vide rapidement de ses habitants. Abandonné, le site disparaît alors complètement des radars avant d’être redécouvert dans les années soixante. Remis en état et ouvert au public, l’endroit permet au visiteur de plonger dans la vie d’une famille ouvrière du début du XXe siècle, tout en se promenant sur un site naturel des plus majestueux. Un petit bijou à ne pas manquer.

Hélène Roulot-Ganzmann


 

Fossambault-sur-le-Lac
D’un quai à l’autre

Voilà le petit coin de paradis où, chaque été, mes amis et moi nous nous rassemblons pour cuire des pizzas au four à bois et prendre des bains de soleil sur le ponton entouré de sable naturel. Plusieurs sont venus en bateau depuis leurs chalets familiaux tous parsemés autour du lac serti dans un écrin sylvestre de la région de Québec. Le lac Saint-Joseph est en réalité né de la fusion de deux étendues d’eau pour faire passer le bois plus facilement vers la rivière Jacques Cartier à l’époque de la drave. Son nom d’origine « Ontarizi » signifie lac des grands vents en langue autochtone. Chaque année, au congé de la Saint-Jean, nous nous plaisons à sillonner l’eau bleu royal sur des embarcations pour faire la jasette, prendre des nouvelles d’un quai à l’autre. Quand la nuit tombe, certains apportent leur tente, d’autres s’endorment sur les matelas gonflables de leurs hôtes… le sentiment de convivialité est total !

Charlotte Mercille