Yourtes, cabanes et autres «prêt-à-camper» en temps de pandémie

Marie-Julie Gagnon Collaboration spéciale
Vue de l’intérieur d’une bulle de Canopée Lit, idéale pour profiter de la flore.
Greg Mallet Vue de l’intérieur d’une bulle de Canopée Lit, idéale pour profiter de la flore.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

De plus en plus populaires depuis une dizaine d’années, les hébergements atypiques et les tentes tout équipées peuvent de nouveau accueillir les visiteurs. Comment les entreprises se sont-elles adaptées un peu partout dans la province ?

À Sacré-Cœur, à une vingtaine de minutes de Tadoussac, Canopée Lit loue huit cabanes et six bulles perchées dans la forêt. Une bonne partie de la clientèle étant européenne, les annulations ont été nombreuses au cours des dernières semaines. « Heureusement, nous avons une bonne portion de clientèle québécoise qui tient à maintenir ses vacances, souligne Claire Rommelaere, copropriétaire. Nous avons aussi connu une forte hausse de réservations depuis l’annonce de la réouverture des campings. C’est rassurant. »

Comme plusieurs établissements, Canopée Lit a décidé de miser sur les plus longs séjours, offrant des rabais aux visiteurs qui choisissent de rester trois nuits et plus. Seuls les résidents d’une même adresse peuvent séjourner ensemble sous un même toit, et les infrastructures communes doivent demeurer fermées. Bien que l’entreprise compte seulement des hébergements pour un maximum de quatre personnes, l’équipe dit souhaiter attendre 24 heures avant l’installation des prochains visiteurs, dans la mesure du possible.

« Nous avons aussi mis en place une nouvelle procédure d’accueil qui permet aux clients d’accéder directement aux cabanes et aux bulles »,explique Claire Rommelaere. Le matin, le déjeuner est livré directement aux hébergements. « Nous n’offrirons plus de brunch, par contre, et nous ne pourrons plus permettre aux clients de cuisiner ensemble le soir [dans la cuisine du chalet principal]. Toutefois, nous avons de belles offres de paniers à emporter des restaurateurs du coin. »

Du côté des Cantons-de-l’Est

Depuis 2015, la popularité du Village Huttopia de Sutton ne se dément pas. En plus des 40 chalets, on trouve 20 tentes Trappeur, équipées d’une salle de bain complète, ainsi que deux autres modèles de tentes et des emplacements de camping. Une aire commune où l’on trouve un restaurant, une piscine et une grande terrasse est également mise à la disposition des visiteurs.

Le Village reçoit de nouveau les vacanciers depuis le 5 juin, mais l’expérience a dû être adaptée aux nouvelles réalités de la COVID-19. Dans le bâtiment d’accueil, une seule personne est autorisée à entrer à la fois. On attend toujours l’autorisation de la Santé publique pour ouvrir la piscine, et les plats du restaurant sont disponibles seulement pour emporter. Les modules de jeux pour enfants et le parcours d’hébertisme sont toutefois accessibles.

Comme la clientèle est essentiellement québécoise, peu d’annulations ont été faites au cours des dernières semaines. Par contre, dans le cas des hébergements pouvant accueillir cinq personnes ou plus, une nuitée est maintenant automatiquement bloquée au moment de la réservation en ligne, afin de respecter les exigences de la Santé publique.

Un séjour plus intime

Dans une tout autre atmosphère, à Piopolis, dans la région de Mégantic, Hébergement aux Cinq Sens propose une expérience axée sur la culture ancestrale autochtone. Les cinq yourtes, la minimaison, le refuge et les quatre tentes-hamacs sont disséminés sur un domaine de 14 acres. L’entreprise fait notamment partie du réseau Village Monde, qui prône un tourisme durable, ainsi que de Tourisme autochtone Québec et de l’Associaton touristique autochtone du Canada.

« Les gens ne se voient pas d’un hébergement à l’autre », nous assure Paule Rochette, la propriétaire. Même si la distanciation physique est plus facile dans un endroit si vaste, elle reconnaît trouver l’adaptation ardue. « Ce fut une course folle pour se préparer à toutes les exigences, dit-elle. C’est beaucoup d’ouvrage, désinfecter régulièrement. Je cherche toujours à être écoresponsable, mais on nous demande d’utiliser des produits chimiques. L’avantage, c’est qu’on a peu d’hébergements. »

Photo: Benoit Paquette Hébergement aux Cinq Sens propose une expérience axée sur la culture ancestrale autochtone.

Elle souhaite maintenir l’accueil chaleureux qu’elle a toujours offert, « mais c’est plus difficile à deux mètres », admet-elle. Elle constate par ailleurs une différence marquée entre le stress des habitants de la ville et le calme de son environnement. « Nous, nous sommes restés chez nous tout ce temps-là. Le contraste entre la réalité de la ville et la nôtre est grand. »

Comme les années précédentes, le biologiste Benoit Paquette y propose des marches guidées aux visiteurs, afin d’expliquer le lien des humains avec la nature. « Ça permet de comprendre que nous sommes tous interreliés », explique la propriétaire du site. Cette année, il en profite pour glisser un mot à propos des virus.« Les discussions et les échanges aident à mieux comprendre la fameuse peur… »

À garder en tête

• Même si le gouvernement a donné le feu vert pour la réouverture des campings le 1er juin, tous les sites n’ont pas décidé d’entrer en activité au même moment. Mieux vaut contacter directement les entreprises et privilégier les réservations directes plutôt que par l’entremise de sites comme Airbnb ou Booking.

• Pour le moment, l’ouverture des piscines, jeux d’eau et modules de jeux concerne uniquement les municipalités et ne s’applique pas à celles qu’on retrouve dans les terrains de camping. « Camping Québec travaille extrêmement fort à faire corriger cette situation », peut-on lire sur leur page Facebook.

• Rappelons qu’il est toujours recommandé de limiter les déplacements d’une région à l’autre. Le cas échéant, la Santé publique demande de favoriser un déplacement direct afin de limiter les contacts avec le milieu.