Jouer dehors

Avec les aires de jeux maintenant prohibées, c’est aux parents d’user d’imagination pour profiter de l’extérieur de façon sécuritaire.
Photo: Kathy Willens Associated Press Avec les aires de jeux maintenant prohibées, c’est aux parents d’user d’imagination pour profiter de l’extérieur de façon sécuritaire.

En cette période de quarantaine, les Québécois ont encore le loisir de sortir profiter du grand air. Plusieurs parents usent d’imagination pour trouver des activités extérieures à faire avec leurs enfants, et ce, en toute sécurité.

Des ados qui ont besoinde bouger !

Avec le beau temps, on voit de plus en plus de parents courir dans les rues avec leurs jeunes. C’est le cas de Georgie qui jogge avec sa grande fille de 15 ans pendant que sa plus jeune, de 13 ans, les suit en planche à roulettes. Coureuse de marathons et instructrice de zumba, Georgie a inculqué à ses filles sa passion pour l’activité physique et le plein air.

« Elles ne sont pas trop angoissées malgré la situation, mais le fait de ne pas pouvoir jouer avec leurs amies les affecte quand même. Alors, j’ai décidé de les faire bouger dehors avec moi pour qu’elles gardent le moral. Elles restent vigilantes et évitent les autres coureurs. »

Comme parfois la rue est bondée de gens, la mère donne à ses filles un cours d’initiation au bootcamp. « La neige a fondu dans la cour, alors je mets de la musique, puis on fait des squats, des push-up, des sauts, etc. Au début, elles ont suivi un peu par obligation, mais maintenant elles adorent ! » La mère songe même à commencer des cours de zumba virtuels sur son balcon et à faire participer ses filles.

Pour sa part, qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il neige, Anne sort deux fois par jour avec ses enfants de 9 et 11 ans. : « C’est essentiel pour nous. Cette semaine, on s’est promenés pour la première fois à vélo sur la piste cyclable, à un moment où il y avait moins de monde. »

Pour Anne et son conjoint, jouer dehors est primordial. « On sort au moins une heure deux fois par jour. Cela aide à calmer les enfants, qui se concentrent ensuite beaucoup mieux sur leurs exercices scolaires. » Dès le début de la quarantaine, les parents ont instauré une routine d’activités extérieures respectant les règles de distanciation.

« Ce n’est pas évident à Montréal. Mes enfants sont au courant et suivent sans rechigner mes consignes de sécurité : ne pas pédaler trop près des gens et se laver les mains après nos activités, par exemple. Malgré cela, ils sont toujours heureux de sortir. »

De son côté, l’animateur Patrick Marsolais, habitant Montréal, en profite pleinement avec ses enfants de 15 et 11 ans. « Avec ma fille Clara, passionnée de volleyball, on s’est trouvé un parc un peu moins fréquenté et on se lance le ballon pour passer du bon temps. Avec mon fils Philippe, on joue surtout au soccer dans la ruelle. »

L’animateur confie aussi qu’il a eu tout un défi avec son aîné de 19 ans revenu de la Gaspésie. « Pas facile de dire à un jeune adulte, habitué aux grands espaces et à sa liberté, de restreindre ses déplacements et de suivre des règles. Il est dans la tranche d’âge qui ne suit pas les médias traditionnels et parfois banalise les choses. Il fallait que je trouve une solution pour qu’il puisse se trouver en sécurité tout en profitant de la nature. Ici, c’était risqué. »

En père bienveillant, Patrick Marsolais a donc décidé de conduire son fils et sa copine à leur chalet dans un coin des Laurentides où les fréquentations et les activités sociales sont plus restreintes. « Comme il ne conduit pas, j’ai l’esprit tranquille puisqu’il reste au chalet et en profite pour pratiquer autour des activités extérieures. Je m’informe de ses besoins et lui monte tous les cinq jours son épicerie ! »

Jouer à l’extérieur avec les jeunes enfants

Pour les tout-petits, le défi est autre. Avec les aires de jeux maintenant prohibées, c’est aux parents d’user d’imagination pour profiter de l’extérieur de façon sécuritaire. Andrée-Anne a opté pour une promenade dans le terrain boisé derrière sa maison avec ses jumeaux de quatre ans.

« On découvre ensemble les beautés de la nature qui s’éveille au printemps. On a la chance d’avoir un chemin parsemé d’arbres à proximité, alors on marche, on écoute les bruits des oiseaux et on ramasse des feuilles, des cocottes, des brindilles, des cailloux, pour ensuite bricoler avec à la maison. Les enfants sont émerveillés par tout ce qu’ils découvrent et me demandent tous les jours de faire un tour dans la forêt ! »

La jeune mère a aussi créé un petit parcours inspiré des jeux d’hébertisme dans son jardin pour occuper ses enfants. « À l’aide de ballons, de chaises, de brindilles de bois, je fais jouer mes enfants, qui ont du plaisir à sauter et à courir autour des obstacles que j’ai semés en petit circuit. »

Léa est une rêveuse, elle aime contempler les endroits et s’y attarder. Je dois faire le guet, car il y a beaucoup de gens dans les rues à Montréal et parfois cela me rend nerveuse.

 

Très présente sur les réseaux sociaux, l’interprète Annie Villeneuve publie tous les jours photos et vidéos d’activités qu’elle pratique avec sa fille de six ans, Léa. « J’ai appelé cela le #Déficonfinement familial. C’est une belle occasion de passer du temps en famille et pas juste de faire de la tablette chacun de son côté. »

La chanteuse explique que, pour se guérir de son angoisse face à la crise, elle se force à sortir avec sa fille au moins une fois par jour. Elle marche dans la rue et fait avec elle la chasse aux arcs-en-ciel. « Léa est une rêveuse ; elle aime contempler les endroits et s’y attarder. Je dois faire le guet, car il y a beaucoup de gens dans les rues à Montréal et parfois cela me rend nerveuse. »

Quand elle manque d’espace, Annie Villeneuve amène Léa dans un grand parc moins fréquenté. « On se promène, on en profite pour se fermer les yeux et écouter les sons ambiants, ou bien on admire la nature. C’est si agréable ! »

Revenues à la maison, mère et fille vont jouer dans la cour. « Comme il commence à faire doux, on a entrepris de s’occuper de la maison et de préparer le jardin pour la belle saison. » La mère de famille explique qu’elle apprécie les moments de qualité qu’elle passe avec sa fille : « Être en quarantaine, ce n’est pas naturel, on n’est pas habitués à cela. Je dois m’assurer que cela se passe bien pour ma fille et qu’elle garde toujours son équilibre, grâce au plein air ! »